“Les victimes de la colère de Bohoma et d’autres sont indemnisées mais pourquoi pas celles des crimes du régime de Hissène Habré?”, Clément Abaifouta

“Les victimes de la colère de Bohoma et d’autres sont indemnisées mais pourquoi pas celles des crimes du régime de Hissène Habré?”, Clément Abaifouta

Près de 6 ans après le procès des dignitaires du régime de Hissène Habré tenu à N’Djamena, les victimes attendent toujours les réparations.

En mars 2015, la session criminelle tenue à N’Djamena a condamné des responsables du régime d’Hissène Habré à des peines de prison et les a condamnés solidairement avec l’Etat tchadien à indemniser les victimes. L’année suivante, Hissène Habré lui-même est condamné au Sénégal à la prison à perpétuité avec saisie de ses biens pour contribuer au dédommagement des victimes.

Mais rien n’est fait jusqu’à ce jour. Ces victimes manifestaient régulièrement devant leur siège sur l’avenue Pascal Yoadimnadji dans le 7ème arrondissement de N’Djamena. Cependant, depuis la découverte du premier cas de coronavirus au Tchad et l’instauration des mesures barrières, elles ont du mal à se faire entendre.

“Le gouvernement tchadien et l’Union africaine doivent mettre en œuvre les décisions prises par la justice criminelle pour que chaque victime puisse recevoir enfin des réparations pour ce que nous avons souffert. Nous nous sommes battus pendant très longtemps pour obtenir ces jugements“, déclare Clément Abaifouta, président de l’association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré, que nous avons interrogé. Il rappelle aussi que  les victimes ont porté plainte contre l’UA et l’Etat tchadien mais que ce procès n’a jamais commencé.

Abaifouta confie tristement que les victimes partent une à une sans qu’une solution ne leur soit trouvée. Il évoque un chiffre de 250 décès. “Les victimes de la colère de Bohoma et les autres victimes sont indemnisées mais pourquoi les victimes des crimes du régime de Hissène Habré ne sont pas indemnisées jusque-là ? Être victime de crimes de Hissène Habré est un péché ? que dit le gouvernement tchadien à notre sujet? Que faire ?”, se désole-t-il.

Clément Abaifouta appelle le président Idriss Deby Itno à prendre ses responsabilités. “La justice est obligatoire et on ne peut jamais oublier une douleur qui a été reçue”, martèle-t-il. Il annonce par ailleurs que les manifestations de l’association, suspendues à cause de la pandémie de covid-19, vont reprendre dès les premières semaines du mois de février 2021.

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