Les Mutilations génitales féminines : que valent les instruments juridiques y relatifs au Tchad ?

Les Mutilations génitales féminines : que valent les instruments juridiques y relatifs au Tchad ?

Le 6 février, le monde célébrera la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Dans le monde, 200 millions de femmes et de filles sont victimes de cette pratique. Au Tchad, elles sont 44%, selon un rapport de l’Unicef.

Les mutilations génitales féminines (ou l’excision) sont pratiquées au Tchad et dans 28 autres pays d’Afrique et du Moyen-Orient où elles sont en vogue comme une pratique marquant le passage de la jeune fille à l’âge adulte.

Au Tchad, au moins 80 % de filles ont subi cette pratique entre 5 et 14 ans, parfois dans le cadre de rites marquant le passage à l’âge adulte. Ces derniers, avec la mobilisation de la société civile et autres partenaires sociaux du pays, les mentalités changent mais, la pratique se fait en cachette malgré l’existence d’une loi l’interdisant.

Parlant des lois et instruments interdisant cette pratique rétrograde, à titre illustratif, la loi 06 du 15 avril 2002, portant promotion de la santé de reproduction. L’un des articles de cette loi dispose « Toute personne a le droit de n’être pas soumise à la torture et à des traitements cruels, inhumains ou dégradants sur son corps en général et sur ces organes de reproduction en particulier. Toutes les formes de violences tels que les mutations génitales féminines (MGF), les mariages précoces, les violences domestiques et les sévices sexuels sur la personne humaine sont interdites. »

En plus, il y a les instruments nationaux et internationaux que le pays à ratifier et qui interdisent la pratique de mutilations génitales féminines. Il y a notamment la charte africaine des droits de l’homme et du peuple, la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et la convention des Nations-Unies relative aux droits de l’enfant.

Malgré ces multiples instruments juridiques, entre 2010 et 2014, 44,2% des femmes âgées de 15 à 39 ans ont subi une forme de mutilation, selon le rapport d’une enquête nationale. En 2017, ce taux est de 38%. D’après un rapport de l’Unicef, 200 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi l’une ou l’autre forme de mutilation génitale féminine.

L’Organisation des Nations-Unies s’inquiète de cette situation et pense que 3 millions de jeunes filles risquent de subir des mutilations féminines chaque année, si les mentalités ne changent pas de façon potentielle. En cette journée qui se célèbre chaque 6 février, Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU déclare : « En cette Journée de la tolérance zéro, je lance un appel en faveur d’une action accrue, concertée et mondiale pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et garantir pleinement le respect des droits fondamentaux des femmes et des filles.» 

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