Le service de santé au Tchad, tel qu’il a évolué depuis 1945

Le service de santé au Tchad, tel qu’il a évolué depuis 1945

La santé fait partie des secteurs prioritaires d’un Etat pour son développement. Le Tchad qui n’est pas en marge, a eu très tôt un service de santé dont les progrès apparaissent en deux temps : en 1945 et à la proclamation de la République en 1958.

En 1945, le service de santé du territoire du Tchad est encore modeste, pas tellement développé. Il dispose, en effet, d’un hôpital à Fort-Lamy et deux ambulances à Abéché et Fort-Archambault (actuelle ville de Sarh). A travers le pays, il y a 27 dispensaires et 13 infirmiers. Toutes les formations sanitaires disposent de 825 lits, 16 médecins (dont trois africains), un pharmacien, un officier d’administration, deux infirmières sages-femmes, 11 assistants sanitaires et 278 infirmiers, infirmières ou matrones africaines.

Il ressort d’un constat que des locaux sont vétustes, mal adaptés, une capacité hospitalière insuffisante, équipement technique réduit, personne autochtone souvent illettré et médiocrement formé.

Par contre, des progrès ont été enregistrés à la proclamation de la République en 1958. Un hôpital principal en voie d’achèvement. Une polyclinique construite ainsi que deux dispensaires urbains dans la capitale Fort-Lamy. 18 centres médicaux sont construits et dirigés par des médecins avec l’assistance de 14 infirmiers.

« La plupart de ces infirmiers sont confiés à des assistants sanitaires ou sous-officiers infirmiers hors cadres, à des infirmiers diplômés, à des agents techniques africains, tous très qualifiés. Le reste à des infirmiers africains brevetés choisis pour leur compétence », peut-on lire d’un document intitulé, “l’essentiel sur le Tchad”.

A cette époque, le pays dispose aussi de 62 dispensaires administratifs. Appelés des dispensaires de brousse, ils sont complétés par trois dispensaires urbains construits à Moussoro, Abéché et Moundou pour désengorger les centres médicaux. En plus de ces formations sanitaires publiques, 35 dispensaires privés sont opérationnels appartenant à des institutions confessionnelles ou agricole (la Cotonfran par exemple). Des maternités, au total 12 sont opérationnelles. Les 6 premières fonctionnaient depuis quelques années alors que les six autres maternités sont nouvellement construites à Léré, Pala, Mongo, Ati, Moïssala et Koumra.

En projection à cette époque, il devrait être créé trois centres médicaux. Le premier à Goz-Beida qui devrait desservir les districts de Goz-Beida et Am-Timan pour 150 000 habitants, le deuxième à Koumra pour 125 000 habitants et le troisième à Massenya pour 92 000 habitants. Il a été aussi prévu la construction de quatre dispensaires dans quelques localités du sud et nord-ouest.

Dans cette longue marche de prise en main du pays par ses propres fils, les services de santé ont aussi évolué. Chaque régime a fait de son mieux pour rendre accessible les soins à ses compatriotes. Avec l’exploitation du pétrole en 2003, des nouvelles infrastructures sanitaires ont vu le jour, même si les ratios sur la santé demeurent encore faibles en ce qui concerne le Tchad, des progrès considérables ont été réalisés, ces dernières décennies.

Cependant, il y a toujours des défis à relever dans le domaine sanitaire. Dans un pays vaste comme le Tchad, les populations sont encore loin des centres de santé. Par exemple, il faut parcourir, dans certains cas, plus de 45 kilomètres pour arriver à un centre de santé, peut-on lire dans la carte sanitaire. Par ailleurs, en moyenne, le Tchad dispose d’une sage-femme pour 5902 femmes en âge de procréer et d’un médecin pour 28 531 habitants. Des ratios qui doivent, absolument, être améliorés, ont conseillé les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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