jeudi 6 octobre 2022

Journée internationale des Toubou : six choses à savoir sur cette communauté

Originaire du Sahara central notamment Niger, Libye et Tchad, la communauté Toubou a célébré la première édition de sa journée internationale ce 15 septembre. À N’Djamena, une exposition a été faite, une occasion pour retracer l’histoire de ces hommes de chèche (Kadamoul) en six points.

Des boubous de toute couleur accompagnés de turbans ont remplis la pièce. Des femmes, elles, se font remarquer par leurs voiles, visages cachés ou à découvert. Des centaines de personnes issues de la communauté Toubou ont répondu présents à la journée internationale des Toubou célébrée ce 15 septembre à N’Djamena. Une journée qui a pour objectif de promouvoir la culture Toubou, plus spécifiquement présenter et exposer des objets traditionnels Toubou, présenter des danses traditionnelles et des chants Toubou, également apprendre aux jeunes garçons comment nouer le turban, et aux filles comment faire le maquillage traditionnel Toubou. Qui sont ces hommes et femmes du Sahara? D’où viennent-ils ? Quelle est leur appartenance culturelle?

Origine

Les Toubou sont aussi appelés en partie les Gouranes. On les trouve au Tchad, au Niger et au sud de la Libye. Ils sont répartis en deux groupes notamment les Teda dans le Tibesti et le sud de la Libye et les Daza dans le Borkou, Ennedi, Kanem et en partie au Niger. C’est une communauté pratiquant le pastoralisme et le nomadisme dans le Sahara central. Leur territoire a son centre de gravité dans le nord du Tchad, où ils sont les plus nombreux. Ils parlent le toubou, une langue nilo-saharienne, proche du kanouri.

Culture

Les Toubou sont connus au Tchad à travers le chèche communément appelé kamadoul et leur manière de le nouer. Aujourd’hui, les plus âgés de la communauté constatent que cette culture échappe aux jeunes, au détriment de l’orpaillage. Les prospections des recherches et d’exploitation pétrolière dans les zones de confort Toubou conduisent à la disparition de la culture millénaire. C’est pourquoi pour sauvegarder ces acquis à la génération future et prouver à l’humanité l’existence de cette identité, un collectif des Toubou a voulu promouvoir en organisant une journée spéciale consacrer à la culture dans tous les lieux où habitent les membres de cette communauté. Il est question d’apprendre aux jeunes comment nouer un chèche. Aux jeunes filles comment faire de maquillage traditionnel.

Les mets Toubou

Si la culture de chèche  préoccupe les aînés, d’un autre côté la communauté Toubou veut vaille que vaille valoriser son art culinaire. Deux stands ont été consacrés à la diversité des mets Toubou. On y trouve de Dogô, une sorte de crêpes ou galette Gourane. Aussi des Mounouks qui sont des dattes préparées avec de la farine et huile de vache. Du Ti korou, une qualité de boule de mil, pilé à la main et qui se mange avec du lait de chamelle. À côté de ces plats se trouvent des amuse-gueule Toubou notamment Biri qui est un mélange d’arachide et dattes. Des Aragua, du jus de Mourssou et autres.

Les livres

L’histoire des Toubou n’est pas seulement le chèche, ni leur art culinaire c’est aussi une culture livresque. Par un geste du doigt, l’un des animateurs nous montre le dictionnaire Toubou « c’est écrit en 2021 et comporte le Teda et Daza ». Sur une grande table, sont installés des centaines de livres. Parmi eux, des poèmes Daza, des manuels d’apprentissage de la langue Teda, et ceux consacrés au jardinage. Un peu plus loin, un autre recueil parle du fils de l’un des Sultans Toubou.

Une journée dédiée aux Toubou

Selon l’un des membres du comité d’organisation de la journée, Adam Ismael, depuis 2017, la date du 15 septembre a été retenue comme la journée internationale de la culture par les Toubou du monde. Une journée lors de laquelle les plus âgés et les jeunes de cette communauté entrent en communion. Des aînés racontent des histoires marquantes aux jeunes et transmettent leurs connaissances de la vie. À l’issue de cette journée, les Toubou réalisent des séances shooting photo dans un environnement de partage, ils sensibilisent les jeunes sur le respect et la préservation de leur culture.

L’anticolonialisme

Si le récit des Toubou est teinté d’art culinaire, des livres et autres, il est aussi marqué par leur comportement anti-colonisation. Ce qui fait que, même après l’indépendance du Tchad en 1960, l’administration militaire soit maintenue dans la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET) jusqu’en 1965. Selon les informations, vers la fin des années 1960, à la suite de la répression du régime de Ngarta Tombalbaye, les Toubou se sont révoltés et ont créé un mouvement politico-militaire affilié au Front de libération nationale du Tchad (FROLINAT), dénommé Conseil de commandement des forces armées du nord (CCFAN). Ce mouvement a pris d’ampleur en 1970, avant d’être disloqué par les dirigeants à savoir Goukouni Weddeye et Hissène Habré pour des raisons de rivalité.

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