Intervention du président Deby à la première réunion à huis-clos sur le thème paix et sécurité en Afrique

Monsieur le président de la République française ;
Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat,
Mesdames, Messieurs les Chefs de Gouvernement et Chefs de Délégations ;
Monsieur le Secrétaire Général des Nations unies ;
Madame la Présidente de la Commission de l’Union Africaine ;
Monsieur le Président d la Banque Africaine de Développement ;
Mesdames, Messieurs.
Je voudrais, au nom de mes pairs de la CEEAC, remercier le président de la République française, Monsieur François Hollande, pour l’heureuse initiative qu’il a prise d’organiser un sommet sur la paix et la sécurité en Afrique, sujets qui demeurent au cœur des préoccupations des Etats africains, mais aussi le remercier pour toutes les dispositions prises depuis notre arrivée dans cette capitale française, Paris.
Mais avant de poursuivre mon propos, je voudrais présenter mes condoléances au peuple sud-africain qui vient de perdre le chantre et le pionnier de la lutte contre l’apartheid et du combat pour la liberté et la justice en Afrique.

Mesdames, messieurs ;
L’Afrique qui se bat pour sortir ses populations de la pauvreté, l’Afrique qui fait face aux aléas climatiques, l’insécurité alimentaire, la dégradation de son écosystème et les maladies endémiques, cette Afrique là, est confrontée, depuis peu, à de nouveaux défis et à des nouvelles menaces. Ces menaces ont pour noms : le terrorisme, le banditisme transfrontalier, les trafics d’armes, de drogues et la piraterie. Comme c’est le cas dans l’espace sahélo-saharien où la France est intervenue efficacement à nos côtés pour faire face au péril djihadiste. Certes, nous avons gagné une bataille au Mali, mais la guerre contre le terrorisme et les narcotrafiquants est loin d’être achevée.

Actualité oblige, en ma qualité de président en exercice de la CEEAC, je voudrais m’appesantir un instant sur la situation qui prévaut en Centrafrique. En effet, il n’est plus besoin de rappeler le long chemin parcouru à la recherche des solutions à la crise que vit ce pays. De N’Djaména à Addis Abeba, en passant par Libreville et Brazzaville, le nombre de rencontres témoigne à suffisance la volonté, sans cesse renouvelée, des Etats de la CEEAC à trouver des voies et moyens pour résoudre cette crise cyclique (Cinq sommets extraordinaires ont été tenus depuis 2012).

En appui aux efforts diplomatiques, militaires et financiers déjà déployés, le Conseil de sécurité des nations Unies, à l’initiative de la France, vient d’adopter à l’unanimité la résolution 2127 dotant ainsi la MISCA d’un mandat robuste et d’autoriser la France à venir en soutien à cette mission, de façon à sécuriser en urgence ce pays et permettre que l’aide parvienne aux personnes nécessiteuses.
Cette intervention conjointe MISCA et forces françaises permettra de baliser le terrain pour que la feuille de route de la transition soit effectivement mise en œuvre, notamment l’organisation des élections pour un retour à l’ordre constitutionnel et que l’on puisse s’attaquer aux grands chantiers, tels que la reforme du secteur de la sécurité, pour doter la RCA d’une armée équilibrée, représentative et professionnelle.

Pour rompre le cycle de violences récurrentes en RCA, il faut ressouder le tissu social et religieux, en organisant très rapidement la conférence de réconciliation nationale, telle que recommandée par le dernier sommet extraordinaire de la CEEAC, tenu à N’Djaména le 21 Octobre 2013.

Mesdames, Messieurs ;
Que ce soit en RCA ou en RDC, il nous faut apporter des réponses rapides et immédiates, concertées et efficaces à ces fléaux de type nouveau. Il est nécessaire de criminaliser les rebellions armées à l’instar de M23 dont nous saluons la cuisante défaite ; la LRA, les FDLR et bien d’autres qui sèment la terreur et la désolation dans nos pays. Certes l’Afrique s’est attelée au cours de la décennie écoulée à se doter des mécanismes pour faire face solidairement aux crises qui traversent ses Etats membres.

C’est ainsi que la charte de l’Union Africaine a institué un conseil de paix et de sécurité collective et d’alerte rapide visant à permettre une réaction rapide et efficace aux situations de conflit et de crise en Afrique et dont le bras armé devrait être la force africaine en attente. Cette volonté s’est récemment concrétisée par la mise en place de la capacité africaine de réponse immédiate aux crises CARIC.

Mesdames, Messieurs.
En prenant l’initiative d’organiser ce sommet, la France qui a déjà soutenu militairement l’Afrique au Mali et qui vient de déployer ses troupes en Centrafrique ne fait que nous offrir l’occasion d’alimenter la réflexion sur les approches et les meilleurs moyens de mener une lutte commune contre le terrorisme en Afrique.
Elle le fait dans l’intérêt de l’Afrique certes, mais aussi dans celui de l’Europe qui en subit à travers les prises d’otages les menaces qui planent sur ses intérêts économiques sur le continent.

Cependant le combat contre le terrorisme et l’insécurité est d’abord celui des africains. C’est aussi le souhait de la France. Nos Etats en relation avec nos partenaires doivent prendre toutes les dispositions nécessaires allant dans le sens de la réalisation des priorités unanimement reconnues par le sommet de l’Elysée ; priorités que sont l’anticipation, la prévention l’accompagnement et la promotion.
Cette vision commune face aux défis à relever et cette complémentarité dans les actions à entreprendre sont nécessaires pour apporter des réponses adaptées à ces nouvelles menaces aux multiples facettes.
Je vous remercie.

Site: Présidence Tchad

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