Ils ont manqué de soutien mais la tapisserie leur a tendu les bras

Ils ont manqué de soutien mais la tapisserie leur a tendu les bras

Notre dossier sur les métiers peu développés ou négligés se poursuit. Après les métiers de cordonnier et de forgeron, nous sommes allés aujourd’hui à la rencontre de deux jeunes qui ont embrassé malgré eux la tapisserie.

Dans un contexte marqué par la précarité, les jeunes multiplient les activités génératrices de revenus pour essayer de joindre les deux bouts. La tapisserie en fait partie.

Younous Saleh Abouna est un jeune qui a quitté les bancs de l’école pour faire face à la réalité à laquelle il est confronté. ” Après l’obtention de mon BEPC, par manque de soutien, notamment pour continuer à payer mes frais de scolarité, je me suis engagé dans ce métier de tapissier. J’utilise les tissus pour fabriquer les couvertures des motos, des lits d’hôpitaux et autres qui me permettent de nous prendre en charge, moi et ma famille. Le jour où la chance me sourit, je gagne entre 5000 et 10000 francs CFA par jour”, confie-t-il.

Comme toute activité, les difficultés ne manquent pas. Younous Saleh Abouna rentre parfois les poches vides. En plus de cela,” les agents de la mairie me harcèle à cause des taxes mensuelles et certains passent par jour pour récupérer les jetons je ne sais pour quelle raison”. D’un autre côté, dit-il, le propriétaire de son local n’hésite pas à faire des scandales chaque fin du mois quand l’argent du loyer n’est pas versé à temps. Il ajoute que la seule chose qui l’aide, c’est qu’il habite dans la concession familiale donc il consacre une bonne partie de ses revenus à la ration et à la scolarité de ses quatre enfants.


A 30 minutes de marche de l’atelier de Younous Saleh Abouna, se trouve Mahamat Oumar, qui a également mis en veilleuse ses études après avoir décroché son baccalauréat en 2014. ” Si je suis tapissier aujourd’hui, c’est parce que je n’ai rien d’autre à faire pour subvenir à mes besoins. Après avoir obtenu mon baccalauréat série A4 en 2014, j’ai déposé mes dossiers pour le département d’anglais à l’université mais malheureusement je n’ai pas été retenu”, se désole-t-il. En 2015, Mahamat a encore tenté sa chance, mais en vain.

Il n’y a plus d’autres options puisque les moyens font défaut à ses proches.”Les parent n’ont pas de moyens pour m’inscrire dans les instituts. Avec mon âge, l’université ne me permet plus de faire le régime normal en 2016. Mais plutôt le régime spécial qui monte à 100 et quelque mille francs par an. Face à cette situation, je n’y peux rien”, se résigne-t-il. C’est là que, poursuit Mahamat, ”mon aventure a commencé et sans me rendre compte le temps passe. Je n’arrive pas à me prendre en charge normalement avec le peu que je gagne entre 1500f et 2000f par jour dans mon activité”.

Mahamat Oumar indique qu’en cette période de pandémie, les clients se comptent au bout du doigt . ”Je passe certaines journées sans vendre les articles”, dit-il tristement. “Avec cette situation, je ne sais pas par quel miracle je vais me marier et prendre normalement soin de cette femme et les enfants que nous aurons”, renchérit-il. Déjà, ”même avec une chambre louée à 15000f par mois, manger plus les autres besoins, je n’arrive pas à m’en sortir comme il le faut par mois”. Toutefois, Mahamat Oumar rêve toujours de devenir enseignant d’anglais.

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