Éphéméride : 21 avril 1974 enlèvement à Bardaï de Françoise Claustre

Éphéméride : 21 avril 1974 enlèvement à Bardaï de Françoise Claustre

Le 21 avril 1974, dans la ville de Bardaï, à l’extrême nord du Tchad, fut enlevée l’archéologue française Françoise Claustre par des combattants du Conseil de Commandement des Forces Armées du Nord (CCFAN) en compagnie d’autres occidentaux, notamment, Marc Combe et du couple, M. et Mme Christopher Staewen.

L’enlèvement qui a surtout défrayé la chronique dans les années 1970 et rendu populaires ses auteurs, Hissein Habré et Goukouni Weddeye, est celui de l’archéologue Mme Françoise Claustre.

Pourquoi des rebelles tchadiens prennent en otage des occidentaux ?

Les raisons se trouvent dans le désaccord entre les principaux leaders du FROLINAT. La mésentente entre Abba Sidick et Goukouni Weddeye est consommée par une rupture définitive et le rapprochement entre le second et Hissein Habré. Les deux fils du grand nord fondent le CCFAN et contrôlent la région avec leurs combattants.

La rupture avec Abba Sidick privera les combattants du CCFAN de l’approvisionnement de la Libye. Face à cette situation intenable, les rebelles doivent envisager une autre solution pour alimenter la lutte. C’est pourquoi Hissein Habré propose d’enlever un occidental pour l’échanger contre des armes. A l’époque, il y a dans le Tibesti un médecin allemand, Christopher Staewen qui pourrait être capturé.

Dans un entretien avec RFI, Goukouni affirme être d’accord pour un kidnapping, mais il s’oppose à la capture du docteur Staewen. Mais, Hissein Habré passera à l’action en enlevant le 21 avril 1974, Christopher, le coopérant Marc Combe, et l’archéologue Françoise Claustre. Une prise d’otage qui durera plus de 1 000 jours pour l’archéologue française.

En effet, Françoise Claustre, née Françoise Treinen le 8 février 1937 à Paris, est une ethnologue et archéologue, directrice de recherche émérite au CNRS. Ses recherches archéologiques au Tchad, l’ont rendu très populaire. Parmi ses publications sur le Tchad, on peut citer « Le gisement Sao de Mdaga » et « Sahara et Sahel à l’âge du fer : Borkou, Tchad ».

Après la prise d’otage, l’Allemagne négocie et obtient la libération de son citoyen. Par contre, avec la France, les négociations piétinent malgré la menace des rebelles.

La capture de cette archéologue devient désormais l’affaire Claustre. Le commandant Galopin fut envoyé pour négocier sa libération mais, il finit par être arrêté et exécuté par les rebelles. Ensuite, son mari, Pierre Claustre, qui travaille au Tchad comme directeur de la Mission de réforme administrative, tente alors de négocier directement avec les rebelles. Il est enlevé à son tour le 2 septembre 1975. Les rebelles demandent désormais une rançon de 10 millions de francs, sous les menaces d’Hissein Habré, d’exécuter les époux Claustre s’il ne reçoit pas l’argent avant le 23 septembre 1975.

Au sujet de cette menace, Goukouni Weddeye disait ceci « on avait lancé des ultimatums contre Mme Claustre. Mais dans notre esprit nous n’avons jamais pensé à l’éliminer. Loin de là. Que nos demandes aient été satisfaites ou non, personne parmi nous n’avait l’idée de faire du mal à Mme Claustre. Elle se promenait avec les femmes, elle causait avec elles, elle vivait avec elles. On lui préparait la sorte de galettes qu’elle préférait. Elle s’habillait de la même manière que les femmes Touboues. Elle avait sa maison dans un village. On a même à un moment envoyé son mari là-bas, ils sont restés ensemble », extrait d’un entretien avec RFI.

Alors que Marc Combe parvient à s’évader le 23 mai 1975, les époux Claustre seront libérés le 1er février 1977. Françoise Claustre est décédée le 3 septembre 2006. Sa prise d’otage a inspiré le film « La Captive du désert » de Raymond Depardon avec Sandrine Bonnaire.

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