lundi 28 novembre 2022

Education : lire et écrire restent un chemin à faire pour les enfants nomades

Estimés à environ 350.000 personnes ou 5,6 % de la population nationale (recensement général de 2009), les enfants nomades tchadiens peinent à aller à l’école. Leurs principales difficultés se résument aux déplacements, distance et la garde des troupeaux.

Nous sommes le 16 février en plein forêt du quartier Walia dans le 9e arrondissement de N’Djamena. Au milieu des arbres, se trouvent deux tentes à moitié couverte installées loin des bruits des moteurs. A quelques mètres un tableau est installé sous un arbre: nous sommes à l’école des nomades de N’Djamena.

Sous un air calme, des élèves nomades du niveau 1 (CP1) fixent leur regard sur le tableau posé devant eux. D’une voix commune, ils reprennent la phrase écrite sur le tableau que leur maître, Gamaïgué Watoung Léonard prononce. “Zenaba lave ses vêtements”. Pour permettre une bonne compréhension des leçons apprises, monsieur Léonard comme l’appelle affectueusement ses élèves, explique les cours en français et arabe local du Tchad.

Lire et écrire

Grâce à cette école, plusieurs enfants nomades savent lire et écrire. “Aujourd’hui ils peuvent lire, écrire leurs noms et faire des opérations en mathématique. Il y a un réel progrès et on pense continuer la dessus“, se félicite Léonard.

Au début de 2019, l’école n’avait qu’un seul niveau et a enregistré peu d’élèves. “Certains parents étaient un peu réticents à l’idée que leurs enfants viennent à école. Au fil du temps, ils ont compris la nécessité. Aujourd’hui les parents envoient de plus en plus leurs enfants ici“, indique t-il. A ce jour, cette école compte trois niveau CP1, CP2 et CE1 avec 168 apprenants.

Les difficultés

Dans le souci de donner une éducation de qualité à ces enfants nomades, Gamaïgué Watoung Léonard et ses deux collègues enseignants dans cette école essaient de tout faire mais sont confrontés à des difficultés. Elles sont d’ordre matériel. “Les difficultés sont là, de temps en temps il nous faut des craies, crayons, cahiers tout cela demande beaucoup d’effort. Nous sommes parfois obligé d’aller se chercher pour couvrir ces besoins“.

Malgré ces obstacles, lui et ses collègues joignent leurs idées pour surmonter et restent optimiste quant à la réussite des enfants nomades. “Nous avons toujours estimé qu’au 21e siècle, les principes d’égalité, de justice et autres sont la règle.  Nous avons voulu que chaque enfant nomade ou sédentaire ait cette chance d’aller à école“.

Naissance des écoles nomades au Tchad

Au Tchad l’initiative des écoles nomades a été prise vers la fin des années 1940 par l’administration coloniale à l’intention des enfants des pasteurs en milieu nomade. C’est à partir de 1945 que des écoles nomades (ou écoles mobiles) ont été créées dans le Batha au centre du pays. Elles ont connu une extension vers la région du Kanem et le Salamat en 1960.

En cette période, peu d’enfant nomade empruntaient le chemin des classes. Selon le rapport de la Direction de l’organisation pastorale et de la sécurisation des systèmes pastoraux, les enfants nomades sont confrontés à plusieurs difficultés. Elles sont entre autres, le déplacement, la distance entre le campement et l’école, la garde des troupeaux.

2% des enfants nomades scolarisés

Dans un rapport publié par la Direction de l’Enseignement primaire du Ministère de l’Education en 2010,  ’’seulement 2 % des enfants scolarisés en cycle primaire sont inscrits dans les écoles communautaires en milieu nomade’’. Pourtant les statistiques du recensement de 2010 montrent que les nomades étaient estimés à environ 350,000 personnes ou 5,6 % d’une population nationale de 6.3 millions.

Il y a de cela quelques années, le gouvernement tchadien a pris des obligations envers la communauté internationale en ce qui concerne l’éducation de toute la population, y compris des éleveurs nomades. Il s’est engagé au sujet des objectifs de ’’l’éducation pour tous’’, d’avoir tous les enfants à l’école en l’année 2015. 7 ans après, ces obligations peinent à se concrétiser.

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