Économie : chemine-t-on vers un arrêt de la Compagnie sucrière du Tchad ?

Économie : chemine-t-on vers un arrêt de la Compagnie sucrière du Tchad ?

Plus de carburant à mettre dans les pompes d’irrigation, plus d’argent pour payer les salaires avec un stock de plus de 37 500 tonnes de sucre, la Compagnie sucrière du Tchad (CST) est contrainte aujourd’hui de s’arrêter. Conséquence : plus de 2 063 employés risquent d’être mis en chômage technique.

L’importation frauduleuse du sucre obligerait la compagnie nationale à mettre les clefs sous les paillassons ? Les alertes et les avertissements donnés aux autorités afin de sortir la CST de sa situation financière cataclysmique  n’ont pas donné les résultats escomptés. Les sucres importés par un puissant lobby, envahissent tout le marché national. La CST n’a plus de possibilité de faire écouler ses produits. Depuis août 2018, il n’y a eu aucune vente apprend-on. 

Des camions qui importent le sucre soudanais continuent d’affluer vers le sud du pays.  Selon des sources locales, plus de 40 de ces véhicules, avec une estimation  de 1 200 tonnes de sucre, sont stationnés au niveau de la douane de Sarh, où est installée l’usine de la CST. A Moundou, capitale économique du Tchad, chef-lieu de la province du Logone occidental, la situation est la même avec du sucre made in Brésil transitant via Douala. Les autorités locales ne semblent pas se soucier de cette situation.

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Une partie du stock de sucre à l’usine de Sarh

La société est donc aujourd’hui obligée de mettre au chômage technique une bonne partie de son personnel et d’arrêter la majorité de sa sous-traitance. L’impact sur les 2 000 employés actuellement en activité sera majeur. De même, l’arrêt de l’irrigation de la canne en cette saison chaude compromet la prochaine campagne.

Et pourtant, pour sauver la CST, au niveau central, d’importantes décisions ont été prises. Un arrêté du ministère des Mines, du Développement industriel, commercial et de la Promotion du Secteur privé, interdit même la vente du sucre importé dans sept provinces de la zone méridionale du pays. Une mission est même allée sur le terrain pour sensibiliser les autorités provinciales sur cet arrêté, et constaté sa mise en application. La mission a déploré l’abondance du sucre importé dans cette partie du pays.

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