Discours de SEM le Président de la République du Tchad, Président en exercice du CILSS à l’ouverture de la XVIIème Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres du CILSS

Monsieur le Président de la République sœur du Mali ;
Messieurs les Chefs d’Etat de l’espace CILSS et très Chers frères;
Messieurs les Chefs de Gouvernement ;
Mesdames, Messieurs les Ministres de tutelle des Etats membres du CILSS;
Monsieur le Secrétaire Exécutif du CILSS ;
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions diplomatiques;
Mesdames, Messieurs les Partenaires et Amis du CILSS ;
Distingués Invités ;
Mesdames, Messieurs.
Je voudrais tout d’abord exprimer, au nom de la délégation qui m’accompagne et en mon propre, toute ma gratitude à mon frère Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali, au Gouvernement et au peuple malien pour l’accueil chaleureux et fraternel dont nous sommes l’objet depuis notre arrivée à Bamako.
Je saisis cette occasion pour exprimer à tous les Chefs d’Etat et aux Partenaires du CILSS, mon sentiment de profonde gratitude et de sincère satisfaction pour les deux mandats consécutifs passés à la tête de notre organisation commune.

Mesdames, Messieurs ;
La dix-septième conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement qui nous réunit aujourd’hui, se tient dans un contexte particulier, marqué par la menace terroriste, l’intolérance religieuse, les trafics illicites en tous genres dans l’espace CILSS, mettant en mal la paix, la sécurité et la stabilité, éléments essentiels pour le progrès et le développement durable de notre sous-région et particulièrement du Mali.
Je tiens donc, au nom de mes pairs, à réitérer notre attachement à la souveraineté de la République du Mali, à son intégrité territoriale, au caractère unitaire et à la forme républicaine et laïque de l’État malien. Nous demeurons convaincus que l’aboutissement des pourparlers inclusifs de paix inter-maliens, sanctionné par la signature d’un accord de paix global et définitif, permettra de lutter efficacement contre le terrorisme et la criminalité transnationale dans notre région.

L’autre grand défi auquel nous devons faire face est celui de la maladie à virus Ebola, dont les conséquences désastreuses nous interpellent tous. Le CILSS, à travers ses mécanismes appropriés doit mener des analyses approfondies, en vue d’apporter sa contribution dans la lutte contre Ebola. Tout en réitérant notre solidarité aux pays et aux populations affectés, nous lançons un appel à la poursuite et à l’intensification de la mobilisation africaine et internationale pour éradiquer cette maladie.

S’agissant de la situation alimentaire dans l’espace CILSS, nous constatons la dégradation du pouvoir d’achat des ménages affectés par Ebola, les réfugiés et retournés du Mali et ceux qui sont au Niger et au Tchad en raison de l’insécurité civile.

Ce qui constitue un facteur de risques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Cette situation tout aussi alarmante, mérite une surveillance accrue. Car l’analyse conduite en février 2015, dans les trois pays affectés par Ebola à savoir la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone), révèle qu’environ 2,2 millions de personnes seront en situation d’urgence alimentaire et nutritionnelle en juin-août prochains, si des mesures appropriées d’atténuation ne sont pas mises en œuvre.

La situation alimentaire du bétail restera difficile jusqu’au mois de juin en raison de la faible disponibilité en pâturage et en eau notamment dans la zone du lac Tchad, à l’Ouest de la Mauritanie et dans le Centre et le Nord du Sénégal. La transhumance pourrait être perturbée autour du lac Tchad du fait de l’effet combiné du déficit fourrager et de l’insécurité civile.

Ceci montre à suffisance que la prévention et la gestion des crises alimentaires constituent un maillon essentiel dans la lutte pour une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable permettant à nos populations de mener une vie saine et active. En effet, dans une zone aussi fragile sur le plan écologique comme le Sahel où l’agriculture dépend presque entièrement de la pluviométrie, la prévention demeure vitale.

C’est pour cette raison que depuis près de 30 ans, le Réseau de Prévention et de Gestion des Crises Alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest, s’investit à relever le défi de la production d’informations fiables pour une prise de décision en temps réel.

Nous devons donc continuer à bâtir des systèmes d’informations performants dans nos Etats respectifs en vue de la collecte et de l‘analyse de l’information au niveau national et permettre de nourrir les dispositifs régionaux, sur lesquels se fonde notre réseau.

Il est évident que le cadre harmonisé d’identification et d’analyse des zones vulnérables a accompli aujourd’hui d’importants progrès dans l’analyse de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et l’identification des zones vulnérables dans notre espace. Mais ce progrès ne peut se poursuivre et se stabiliser que si tous les pays développent et soutiennent des systèmes d’informations performants avec des cellules nationales d’analyse fonctionnelles et dynamiques dotées des moyens humains et financiers performants.

Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs.
Grâce au renforcement du dialogue politique avec les Etats et à l’amélioration de la gouvernance du CILSS, d’importants chantiers ont été conduits avec succès par notre Institution. Sans être exhaustif, je note avec fierté, le rôle accru du CILSS dans la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre de nombreux projets et programmes pour renforcer la résilience des populations vulnérables de nos Etats. Il s’agit notamment :
– Du projet d’appui au pastoralisme au Sahel, issu de la déclaration de Nouakchott d’octobre 2013, dont l’objectif est de sécuriser les modes d’existence et les moyens de production des populations pastorales,
et d’accroître de manière substantielle, le produit brut des activités d’élevage au cours des cinq prochaines années avec le soutien financier de la Banque mondiale ;
– Du projet de résilience aux catastrophes dans le Sahel également financé par la Banque mondiale dont l’objectif est d’évaluer les eaux de surface et souterraines et de moderniser les services hydrologiques et météorologiques ;
– Du projet pour le développement de l’irrigation, qui est le fruit du forum de haut niveau sur l’irrigation qui s’est tenu à Dakar le 31 Octobre 2013. Financé par la Banque mondiale, celui-ci vise l’augmentation sensible des investissements en matière d’hydraulique agricole qui passent aujourd’hui de 400.000 hectares à 1.000.000 d’hectares d’ici 2020 ;
– Du programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel, financé par la Banque africaine de développement, visant à réduire la pauvreté et à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel, en augmentant durablement la productivité agro-sylvo-pastorale et halieutique ;
– Du programme de résilience à l’insécurité alimentaire en faveur des populations sahéliennes avec l’appui de la Banque Islamique de développement (BID) ;
– De l’Alliance Globale des Initiatives de Résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest, née de la volonté politique des acteurs de la région et de leurs partenaires en vue de fédérer leurs efforts pour l’éradiquer de la faim dans les 20 prochaines années avec le soutien financier de l’Union européenne.
Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;
Le principe du rapprochement CILSS-CEDEAO a été amorcé depuis nos Conférences successives tenues à Bamako en 2000 et à Nouakchott en 2004 au cours desquelles nous avions instruit le CILSS, d’étendre ses activités aux pays de l’Afrique de l’Ouest et de s’engager dans le processus dudit rapprochement.

Vous n’êtes pas sans savoir que ce processus a connu des difficultés dans sa mise en œuvre. J’en appelle à votre engagement renouvelé pour l’aboutissement diligent du rapprochement CILSS-CEDEAO pour une plus grande synergie des interventions au profit de nos populations.

Au demeurant, je salue la coopération du CILSS avec les organisations sous régionales d’intégration africaine CEDEAO et UEMOA, avec lesquelles, il intensifie ses relations de jour en jour pour une mutualisation des compétences et des ressources.
Il faut noter qu’en dépit des efforts consentis, les ressources allouées par les Etats membres ne couvrent pas encore les charges de l’institution. C’est pourquoi, il est nécessaire de réfléchir à des stratégies innovantes pour assurer le financement durable et le maintien du personnel par une révision conséquente de la grille salariale de notre institution commune.

En appui à l’apport inestimable des partenaires techniques et financiers, les pays membres doivent réaffirmer leur soutien politique et financier au CILSS, par le paiement régulier de leur contribution pour lui permettre de s’acquitter du mandat que nous lui avons confié.

Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;
A l’issue de cette Conférence, nous devront prendre des engagements forts consistant à :
• Valider le plan quinquennal 2015-2019 et solliciter des partenaires techniques et financiers un soutien et un accompagnement dans la réalisation de cet ambitieux programme ;
• Résoudre définitivement la question de la Convention révisée qui est en souffrance depuis 2005. Sa révision permettra de prendre en considération les toilettages effectués depuis le dernier sommet de N’Djamena en 2013.
• Adopter les outils de gestion des ressources humaines pour assurer la pérennité de l’emploi au CILSS et la stabilité de son personnel afin d’éviter la perte perpétuelle de l’expertise ;
• Régler la question du rapprochement CILSS-CEDEAO pour faire du CILSS une institution spécialisée de la CEDEAO tout en gardant son autonomie.
Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;
Permettez-moi, en votre nom à tous et en celui des peuples sahéliens et ouest africains, de remercier la communauté des partenaires et particulièrement : l’Union Européenne, l’USAID, le Canada, la France et tous ceux qui nous accompagnent depuis plus de quarante ans, dans notre lutte inlassable pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Je tiens également à remercier les nouveaux partenaires, venus soutenir notre institution, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque islamique de développement.
Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs ;
C’est le moment pour nous de redoubler d’efforts pour relever les nouveaux défis qui se posent à nous dans un contexte de globalisation, de changement climatique, de terrorisme et de criminalité transnationale. Il nous faut préserver et consolider les acquis tout en veillant scrupuleusement sur la bonne gouvernance de l’institution afin de mériter davantage l’adhésion de nos populations et la confiance de nos partenaires techniques et financiers.

Mesdames, Messieurs ;
A quelques mois de la Conférence sur le Climat (COP 21), prévue en décembre 2015, à Paris en France, j’exhorte tous les Etats du CILSS à faire de la réhabilitation de nos terres dégradées une des priorités devant figurer dans les éventuelles résolutions de cette Conférence. Car pour nous, la lutte contre le changement climatique doit nécessairement passer par cette voie.
Vive la solidarité sahélienne et ouest africaine ;
Vive la Coopération Internationale ;
Vive le CILSS ;
Je vous remercie.

Source: presidencetchad

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