Couverture médiatique au Tchad : une affaire de gombo

Couverture médiatique au Tchad : une affaire de gombo

Il n’est secret pour personne, qu’à la fin d’une cérémonie, les journalistes perçoivent ce qu’on appelle per diem. Ce forfait de déplacement que les organisateurs octroient à ces derniers est appelé affectueusement « Gombo ». Et, les Chargés des Relations Publiques morcèlent allègrement les fonds destinés à leurs confrères.

Compris le plus souvent entre 5.000 FCFA et 30.000 FCFA, voire 50.000 FCFA parfois, le gombo varie d’une cérémonie à une autre. Et les lieux de gombo sont très bien répertoriés. Les chefs de reportage de certains organes de presse n’hésitent pas eux-mêmes à faire leur descente sur le terrain lorsqu’il s’agit d’un bon gombo. Tout le malheur revient aux stagiaires qui naviguent entre les ambassades, les organisations non gouvernementales et autres lieux où on ne donne jamais du Gombo à la fin.

La liste d’émargement est dressée le plus souvent pendant le déroulement de la cérémonie et les retardataires s’inscrivent au fur et à mesure que la cérémonie se déroule.

Tant mieux, si l’utile est joint à l’agréable à la fin, sinon l’élément ne paraitra probablement jamais ou ne sera pas diffusé. Si les attentes ne sont pas comblées, les organisateurs s’attendront à un petit papier. Comme voudrait la règle de trois en journalisme : petit gombo = petit papier, gros gombo = gros papier et pas de gombo = pas papier.

Les responsables attendent les retombées des couvertures médiatiques de leur événement, surtout le passage au JT de 20h. Pour cela, les Chargés des Relations Publiques (CRP) savent ce qu’ils ont à faire avec les journalistes audiovisuels.

Les CRP sont surnommés les malfrats par les gombistes. Ce surnom se justifie du fait qu’ils disparaissent souvent avec le gombo des journalistes à la fin de la cérémonie. Les plus habiles d’entre eux manœuvrent brillamment pour retrancher quelque chose au montant initial. « Où est votre invitation ? J’ai vos numéros, je vous appellerai personnellement dès que c’est bon.  Rejoignez-moi dans mon bureau, merci la presse… » considéré comme consommé pas la peine de gaspiller son énergie vous ne verrez même pas un kopeck.

Le cas le plus récent est celui de l’organisation de la remise de prix d’excellence aux meilleurs lauréats au baccalauréat 2016. Certains journalistes qui se sont fait enregistrer sur la liste se sont vus oubliés tout simplement par le CRP. La raison avancée par ce dernier est qu’une liste des médias été validée et si on ne vous a pas appelé c’est que vous n’êtes pas dans la liste. Laissant les journalistes dans la cogitation « Si c’est le cas, pourquoi enregistrer tous les journalistes et les frustrer par la suite ? N’est-ce pas une autre forme d’escroquerie tant décriée ? » s’interrogent-ils.

Des pratiques similaires se passent aisément dans les grandes institutions de la République, ainsi va la vie des journalistes sous les cieux de Toumaî. À y voir clair, cette pratique de Gombo est contraire à la déontologie journalistique, mais dans un pays où le métier de journaliste est marginalisé toute activité qui peut assurer le Gombo quotidien est la bienvenue.

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