Lundi 17 mai 2021

Coronavirus : la fermeture des coins de grillades insoutenable pour les amateurs de viandes grillées

SOCIÉTÉ – Depuis 10 jours, trouver de la viande grillée à N’Djaména est presqu’impossible. Sur instruction du gouvernement tchadien, les restaurants y compris les charcuteries sont fermés. Comment les Tchadiens vivent-ils ce moment ?

Les rues de N’Djaména qui autre fois étaient jonchées de lieux de grillades de viandes de bœufs, chameaux, porcs et autres, sont devenues moroses depuis le 23 mars dernier. Date à laquelle le gouvernement a édicté une nouvelle mesure ordonnant la fermeture de tous les lieux de grillades sur le territoire national, afin de réduire les risques de propagation de la pandémie du Covid-19 au sein de la population.

Du quartier Bololo à Kabalaye, de Moursal à Chagoua et d’Abena à Gassi en passant par le quartier Atrone, le constat est le même. Aucun point de grillage n’est opérationnel. Les charcutiers ont tous rangé leurs couteaux dans le placard.

Cette mesure a affecté les Tchadiens, grands consommateurs de viande. “ Depuis trois jours j’ai seulement envie de manger “marara” grillé comme ça mais il n’y en a pas”, se lamente tristement Yvette une jeune dame habitant le quartier Walia.

Pour manger de la viande grillée, il faut le préparer soi-même. Car à l’instar de quelques autres produits alimentaires, les boucheries sont autorisées à vendre de la viande crue.

À Ardep-djoumbal, les clients de “Chez Dogo”, l’un des grands points de grillade, viennent et repartent déçus de voir les cadenas sur les portes : ” Est-ce qu’ils sont obligés de fermer les lieux grillades. On va manger quoi finalement” s’interroge un client sur sa moto, avec un visage crispé. Pour ce dernier, il suffirait d’interdire aux clients de manger leurs plats de viande sur place et que chacun emporte chez lui. Même réaction chez un autre jeune “C’est très grave pour nous les célibataires” a-t-il lancé avec sourire aux lèvres.

Quelques charcutiers que nous avons interrogés sur l’arrêt de leurs activités déplore cette mesure qui selon eux, les expose à la précarité. Hisseine est l’un d’eux : “Nous on a que ça comme activité. Mais maintenant qu’on est bloqué, on ne fait rien d’autre et c’est très dur pour nous. On dort seulement sur place donc c’est compliqué” explique t-il. Si cette situation va perdurer Hisseine compte repartir chez lui au Nigeria.

Entre absence de viandes grillées et fermeture des débits de boissons, N’Djaména continue à perdre ses vieilles habitudes au nom de la lutte contre la pandémie du nouveau Coronavirus dont le Tchad compte à ce jour 7 cas positifs.

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Moïse Dabesnehttps://carnetdemoise.wordpress.com
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