Conflit éleveurs-agriculteurs : L’épiscopat tchadien appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités

Conflit éleveurs-agriculteurs : L’épiscopat tchadien appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités

La conférence épiscopale du Tchad (CET) qui a tenu son conclave de fin d’année n’est pas allé de main morte pour attirer l’attention des plus hautes autorités du pays sur l’épineuse question du conflit –éleveurs-agriculteurs qui ne cesse de mettre à rude épreuve les communautés tchadiennes.

Dans leur traditionnel message de Noël, les évêques du Tchad, ont interpellé les pouvoirs publics sur un certain nombre de problèmes qui assaillent les populations tchadiennes.  Ils ne sont pas passés par quatre chemins pour mettre le doigt sur la sempiternelle question de conflit éleveurs-agriculteurs qui ne cesse d’endeuiller les différentes communautés tchadiennes.

Selon l’épiscopat, des individus détiennent des armes de guerre et en font usage contre leurs compatriotes. Il s’est interrogé sur la provenance de ces armes ultrasophistiquées. Sans langue de bois, Les évêques du Tchad suggèrent que le Président de la République, en sa qualité de garant de la paix, de la cohésion sociale de s’investir personnellement afin de résoudre définitivement ce conflit meurtrier qui ne cesse de mettre à mal la cohabitation pacifique et le vivre-ensemble.

Dans un passé récent, les deux communautés vivaient en symbiose. Si elles avaient des différends dus à la dévastation des champs par les bœufs, elles se retrouvaient sous l’arbre à palabre pour résoudre cela à l’amiable, rappelle la CET. Elles pratiquaient le troc qui ne dit pas son nom, c’est-à-dire l’éleveur donne le lait caillé contre le mil du paysan. C’est encore l’éleveur qui vendait des bœufs d’attelage aux paysans. Ces deux communautés sont condamnées à vivre ensemble, poursuit le document.

Or ces derniers temps, les agriculteurs et les éleveurs qui constituent les deux secteurs qui représentaient les deux mamelles de l’économie nationale se regardent en chiens de faïence. Ils n’attendent que la moindre étincelle pour en découdre, relève le message. Et cela, selon les évêques, se passe parfois sous l’œil impuissant des autorités locales qui sont incapables de lever le petit doigt pour trouver une solution idoine à cette crise latente. Il y a quelques semaines, des affrontements meurtriers ont opposé les deux communautés dans la Province du Mayo-Kebbi-Est. Ces affrontements se sont soldés par plusieurs morts et blessés et ont occasionné des dégâts matériels estimés à des dizaines de millions de francs CFA. Pour amener les deux protagonistes à fumer le calumet de la paix, le Gouverneur du Mayo-Kebbi-Est a énormément mouillé le maillot. Il s’est impliqué personnellement avec la promptitude des forces de défense et de sécurité pour ramener le calme et la sérénité dans cette contrée où la tension a atteint son apogée de deux côtés. Grâce à cette médiation fructueuse du Gouverneur, les deux communautés ont décidé de tourner la page de cette douloureuse situation et de se donner la main et reprendre comme si de rien n’était leurs relations d’antan, relate le message de Noël 2020.

“L’on doit continuer à sensibiliser les deux communautés et les exhorter à respecter en ce qui concerne les éleveurs, le respect des couloirs de transhumance afin d’éviter des conflits inutiles. Il est de bon aloi que les autorités locales ou provinciales veillent au grain sur l’application des lois et surtout de faire respecter l’autorité de l’État. C’est à ce prix que ce conflit sera résorbé et les deux communautés doivent réapprendre à vivre comme par le passé”, exhorte la CET.

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