Comment la matrice de suivi des déplacements de l’OIM aide à mieux comprendre les migrations et les mobilités au Tchad

Comment la matrice de suivi des déplacements de l’OIM aide à mieux comprendre les migrations et les mobilités au Tchad

COMMUNIQUE – Depuis 2017, l’OIM met en œuvre des activités de suivi des flux migratoires au Tchad afin d’améliorer l’accès aux données et informations sur la migration dans le pays, cela en lien avec les engagements du Tchad pour les objectifs de développement durables, particulièrement les objectifs 10.7, 17.18 et 17.19.  Le suivi des flux fait partie de la matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM, un système conçu pour suivre les déplacements et la mobilité des populations, fournir des informations essentielles aux décideurs durant les crises et contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques migratoires.

 « La mobilité au Tchad est multidimensionnelle, et comprend entre autres la migration saisonnière, la transhumance, la mobilité de la main-d’œuvre interne et internationale, les déplacements forcés dus aux conflits, au changement climatique ou à la dégradation de l’environnement », explique Yakin Mwanza, coordinateur DTM à l’OIM au Tchad.

Le suivi des flux a pour but d’identifier les principaux points de transit et de collecter des données sur les mouvements et les besoins des personnes passant par ces points, ainsi que les itinéraires qu’elles empruntent. En plus d’appuyer la mise en place des politiques migratoires adéquates, ces données permettent de définir les priorités d’assistance aux migrants le long des routes migratoires, par exemple les assistances au retour volontaire des migrants ou les assistances aux victimes de traite et trafics humains.

Avec l’appui de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration, lancée en 2017, l’OIM Tchad a mis en place, en coordination avec les autorités nationales et locales, des points de suivi migratoire au niveau de zones de transit clés dans le nord du Tchad. Ainsi, 4 points de suivi des flux ont été installés (voir la carte ci-dessous). Il s’agit de Kalait (installé en Avril 2017), Zouarke (Avril 2017), Faya (Mars 2018) et Ounianga-Kébir (Mars 2020).  

« Grâce à cette initiative conjointe UE-OIM, nous avons travaillé depuis 2017  avec 20 enquêteurs qui connaissent les zones et collectent quotidiennement des données par observation directe et entretien avec les voyageurs ainsi que les informateurs clés comme le personnel de transport, les douaniers et autres autorités locales.», explique  Yakin Mwanza .

Depuis 2017, 396 000 personnes sont passées par les points de suivi des flux ci-dessus, la majorité d’entre elles étant des hommes adultes (80%).  8 828 parmi ces personnes ont été interviewées personnellement pour avoir des informations plus détaillées sur leurs profils ainsi que leurs parcours migratoires. Il a été observé que 95 pour cent des voyageurs observés étaient tchadiens, quelques Soudanais et Nigérians ont aussi été observés.

Les destinations finales de la majorité de voyageurs étaient des localités situées au Tchad (80%), ensuite en Libye (12%) et au Soudan (3%). Les raisons économiques étaient le motif de voyage principal des voyageurs (68%).

L’OIM produit fréquemment divers rapports qui expliquent les résultats des collectes de données, utilisés par les médias ainsi que par les responsables gouvernementaux et la communauté humanitaire internationale pour répondre aux crises ou élaborer des politiques migratoires fondées sur les données. Il s’agit des rapports tels que le suivi des urgences qui permet de collecter des informations sur les mouvements de population importants et soudains comme les déportations de migrants de la Libye vers le Tchad qui ont débuté depuis Avril 2020, les rapports décrivant les flux observés ou encore les rapports qui décrivent les profils des voyageurs. Les rapports thématiques sont aussi élaborés ; pour la première fois, en Janvier 2020, l’OIM a publié un rapport se focalisant sur la mobilité des femmes à travers le pays.

« La migration en Afrique Centrale, y compris au Tchad, est souvent dépeinte comme un phénomène exclusivement jeune et masculin. Pourtant, nos données montrent une portion importante de femmes parmi les voyageurs qui migrent pour une variété de motifs », explique Yakin Mwanza. 

Un autre rapport sur la mobilité des mineurs a été publié en Mars 2020. Afin de synthétiser toutes les dimensions de mobilité du pays, une cartographie des mobilités est publiée deux fois par an, la dernière mise à jour datant d’Avril 2020.

« Alors que de plus en plus de mouvements de personnes sont observés dans le monde et au Tchad pour diverses raisons, il est important d’investir davantage dans la collecte et l’analyse des données sur lesquelles les décideurs peuvent s’appuyer pour prendre des décisions éclairées », conclut Yakin Mwanza.

Ces activités de suivi des flux des populations au Tchad sont financées par l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration

Pour plus d’informations, veuillez contacter Yakin Mwanza, Coordonnateur DTM. Courriel : mwanzanzenza@iom.int.

Laisser un commentaire

SITUATION DU TCHAD

Confirmés : 860 

Guérisons : 770

Décès : 74

%d blogueurs aiment cette page :