Jeudi 24 juin 2021

cherté de la dot : les jeunes sont désemparés

DOSSIER-Le dictionnaire Le Robert définit la dot comme “bien qu’une femme apporte en se mariant”. Toutefois en Afrique, c’est la famille de l’homme qui verse la dot (en espèce et en nature) à la famille de la future mariée. Mais la dot devient de plus en plus cher et qui constitue un obstacle pour les jeunes qui souhaitent se marier.


Au Tchad, épouser légalement une femme passe nécessairement par certaines pratiques traditionnelles qui consistent à donner symboliquement la dot de cette dernière. Dans le passé, c’est un geste symbolique qui prouve que l’homme aime la femme et veut la récupérer, les rites variant selon les régions.


Mais aujourd’hui cette pratique a évolué à tel point qu’elle s’écarte de ses origines. La dot devient excessivement chère. Ce sont des centaines de mille de nos francs qui sont versés sans compter les bœufs à offrir à la belle famille, l’argent pour le repas et d’autres cadeaux qui accompagnent l’argent comme les pagnes, cola, sucre, les boissons…

Cette situation est en défaveur des jeunes ayant l’âge de se marier mais qui sont dépourvus de moyens. Ils sont obligés de rester célibataire à vie ou de passer par d’autres chemins pour avoir la femme gratuitement : l’enceinter.


Abakar Oumar Abakar, un jeune âgé de 28 ans habitant le quartier Guinebor dans le 1er arrondissement de la ville de N’Djamena, est l’une des victimes de la cherté de la dot. Détenteur d’une licence en communication de l’université de Douala, il n’a toujours pas de travail. Il dit avoir l’âge et l’envie de se marier sauf qu’il n’en a pas les moyens. «Parlant de la dot au Tchad, les parents des filles exigent des sommes faramineuses avant de te donner leur fille en mariage. J’ai bien envie de me marier mais ce n’est pas facile vu que je ne travaille. Le mariage demande beaucoup de sacrifices au Tchad. C’est tout une lutte», confie-t-il. Pour lui, la faute revient aux parents qui piétinent les traditions. « Je suis arabe et selon notre tradition, quand on veut se marier entre nous, la somme demandée est de 40 000FCFA et une vache. Avec le temps, cette somme est montée à 200 000FCFA si tu es de la famille. Aujourd’hui où je vous parle c’est encore plus que ça. Les gens ont abandonné la tradition pour entrer dans la modernisation. Nous les jeunes qui voulons nous marier subissons donc les conséquences », déplore-t-il.


Aristide Nguemadi est dans le même lot. Il indique avoir l’envie de se marier le problème c’est les moyens pour concrétiser ce rêve. « J’ai 25 ans, je viens d’avoir ma licence en sciences linguistiques à l’université de N’Djamena. A par les études, je gère une activité de télésurveillance dans une société de sécurité pour l’instant. Comme les jeunes de mon âge, je suis dans une relation amoureuse depuis 7ans déjà. Nous nous aimons bien avec ma petite amie et voulons vivre ensemble. Il est question de passer par la dot pour avoir la bénédiction des parents et question de l’honneur également mais le plus grand problème c’est les moyens adéquats, que ce soit matériels ou financiers et bien d’autres pour réaliser ce rêve qui est un blocus pour nous actuellement», relate-t-il.

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