mardi 21 septembre 2021

CEFODEV, le centre d’éducation et de formation des déficients visuels peine à relancer ses activités

EDUCATION – parmi les 4 structures qui encadrent les non-voyants sur le territoire tchadien, figure le Centre d’éducation et de formation pour les déficients visuels et voyants (CEFODEV). Ce centre fait face à des difficultés tant sur le plan matériel que financier. Ce qui entame sa bonne marche.

Loin d’être visible, CEFODEV est coincé dans la forêt de Walia ngonba, à la sortie sud de N’djamena. il faut patiemment arpenter le long du chemin. Où se trouve le centre ? « Il faut encore parcourir 1 km », nous oriente un mécanicien au bord de la rue. Après s’être remis en chemin , l’on arrive enfin à l’endroit indiqué.

En entrant dans la cour principale, nous apercevons des table-bancs, des chaises et autres matériels usés, rangés pêle-mêle. La cour est subdivisée en deux parties. La première ne comprend que 5 classes, et une direction. L’autre interface est réservée au dortoir des élèves. A la direction, un parent d’élève se présente avec son enfant non-voyant pour l’inscrire. Mais, il arrive en retard. « Il n’y a pas de places pour les inscriptions monsieur, et nous reprendrons les cours dès demain à 7 heures », indique le responsable du CEFODEV, Noubadoum Mayangar Dieudonnné, d’un un air occupé. Ne sachant quoi faire et où aller, le parent murmure et s’interroge à voix basse: « où est-ce que je vais l’emmener ? Et les temps sont durs ».

CEFODEV était au départ un cadre de formation des déficients visuels. 6 ans après sa création , le centre a muté les enseignements en regroupant les non-voyants et les voyants. Cette décision a été prise pour, d’une part, assurer la prise en charge sanitaire, et la restauration des élèves non-voyants. « Nous avons fait cela parce que les élèves non-voyants étudient gratuitement et sont logés au sein du centre. Donc pour assurer leur restauration nous avons décidé d’intégrer les élèves voyants, qui paient les frais de scolarité. Ces frais sont injectés dans la restauration et la prise en charge des élèves non-voyants », justifie le directeur administratif, Béral Mbaïkoubou. D’autre part, il indique que le centre voudrait que les élèves voyants et non-voyants se frottent tôt pour une intégration sociale.

Alors que les élèves ont repris les cours depuis le 1er octobre, pour entamer la nouvelle année le 2 novembre, le centre CEFODEV fait face à d’énormes difficultés. les élèves déficients visuels et non-voyants de ce centre, ne bénéficient pas normalement de l’éducation et de la formation auxquelles ils ont droit.

Parmi les difficultés que le centre rencontre, l’on note l’insuffisance des documents dans la bibliothèque. « Nous avons besoin de documents pour que nos enfants aient accès à une culture élargie dans le domaine livresque. Malheureusement nous nous contentons des petits documents», se désole Noubadoum Mayangar Dieudonné, responsable du centre. Il ajoute que chaque année, une dizaine de demandes de partenariat sont déposées auprès des ministères, ambassades et autres institutions de l’Etat, mais sans suite favorable.

« Au début de l’année en cours, le centre a signé un partenariat avec le ministère de l’éducation nationale et de la promotion civique, mais, ce n’est qu’un partenariat verbal jusqu’à l’heure actuelle », signifie-t-il. Pourtant, poursuit Dieudonné, dans ledit document, le ministère s’est engagé à affecter les enseignants au sein de notre centre ; mettre à la disposition du CEFODEV des transcripteurs qualifiés afin d’assurer la transcription des documents manuels et utiles ; accorder une subvention annuelle pour la prise en charge des pensionnaires non-voyants de l’internat ; viser les projets élaborer par le CEFODEV en vue de la recherche de financement. En dépit de ce partenariat, ”aucune réalisation n’est visible, jusque là rien n’a été réalisé “.

Créé en 2014, le Centre d’éducation et de formation pour les déficients visuels et voyants (CEFODEV), est la quatrième structure d’éducation et de formation qui accueille et héberge les non-voyants. A travers le pays, l’on trouve celle de Mongo, Moundou et celles de N’Djamena.


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