CEEAC: de grandes décisions pour résoudre la crise centrafricaine

N’DJAMENA, 10 janvier (Xinhua) — Le 6ème sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) s’ est achevé, vendredi dans la capitale tchadienne, sur de grandes décisions, notamment la démission des deux personnalités en charge de la transition en Centrafrique et l’organisation d’une conférence de réconciliation nationale.

En ouvrant jeudi les travaux du sommet de N’Djaména, le président tchadien Idriss Déby Itno a exhorté ses pairs de la région à rester fermes et vigilants et à faire montre de plus de solidarité et de détermination pour sortir la Centrafrique de son abîme. Il a réclamé”des actes concrets et décisifs”.

Ainsi, la grande décision du 6ème sommet de la CEEAC aura été la démission de Michel Djotodia et de Nicolas Tiangaye, respectivement président et Premier ministre de la transition en République Centrafricaine.

Les leaders de l’Afrique centrale se sont félicités de “cette décision, hautement patriotique pour une sortie du pays de la paralysie, ainsi que des contributions constructives enregistrées lors des consultations qu’elle a engagées avec les composantes de la Société centrafricaine”, indique le communiqué final de la rencontre de deux jours.

Le sommet de N’Djaména a par ailleurs invité le Conseil national de la transition (CNT, parlement provisoire en Centrafrique) ainsi que les autres composantes de la Société centrafricaine à poursuivre les délibérations à Bangui, capitale centrafricaine, pour mettre sur pied, d’ici quinze jours, de nouvelles institutions capables de résoudre sans délai la crise centrafricaine au niveau politique, dans le respect de la Charte nationale de la transition.

Il a été demandé au secrétariat général de la CEEAC et à la Commission de l’Union africaine d’examiner, en liaison avec toutes les parties centrafricaines concernées ainsi que les principaux partenaires, les modalités de la tenue d’une Conférence de réconciliation nationale, sous l’égide du médiateur, le président congolais Denis Sassou Nguesso.

“Cette Conférence offrira le forum adéquat aux Centrafricains, pour apporter à l’ensemble de la Communauté internationale, la preuve de leur engagement au profit de la paix et de l’unité dans leur pays”, précise le communiqué final.

Tard dans la nuit de jeudi à vendredi, le président en exercice de la CEEAC a exhorté les 135 membres du CNT et quelques leaders religieux centrafricains venus de Bangui par un avion affrété par N’Djaména, à prendre la mesure de la gravité de la situation de leur pays et de s’assumer en choisissant librement leurs dirigeants dans le cadre d’une large consultation.

Le président Déby Itno a reconnu que le processus de transition mis en place sous l’ancien président Francois Bozizé, et après son départ n’a pas fonctionné comme nous l’avions souhaité. “Les autorités qui ont la charge de mener cette transition n’ont pas su répondre aux attentes des Centrafricains et de la communauté internationale dont les plus importantes sont l’ordre et la sécurité”, a-t-il déploré.

A N’Djaména, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC ont condamné fermement les attaques meurtrières survenues à Bangui le 5 décembre 2013, qui ont causé la mort de nombreux Centrafricains; et exprimé leur préoccupation face aux rapatriements précipités et massifs des ressortissants des pays voisins et autres vivant en Centrafrique, pour la plupart de longue date et détenant la nationalité centrafricaine.

Ils ont également appelé la Communauté internationale pour qu’elle apporte un appui financier et logistique généreux à la Mission de stabilisation en Centrafrique sous conduite de l’Union africaine (MISCA), dans l’esprit de la Résolution 2127 (2013), afin de lui permettre de s’acquitter efficacement de son mandat, condition indispensable pour le déploiement et le succès d’une mission éventuelle des Nations unies en République Centrafricaine.

Le président Déby Itno et ses hôtes ont encouragé les chefs religieux à persévérer dans leurs efforts de sensibilisation et de médiation pour un retour rapide à la cohabitation interconfessionnelle pacifique entre les communautés centrafricaines.

Par ailleurs, les leaders de l’Afrique centrale se sont félicités de la décision prise par la 408ème réunion du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’UA, d’autoriser une augmentation temporaire de la force de la MISCA, dont l’effectif pourrait s’élever jusqu’à 6.000 personnels en uniforme, ainsi que des mesures prises par la MISCA, en coordination avec l’opération française Sangaris, qui ont abouti à des premiers résultats encourageants dans la sécurisation de la ville de Bangui.

Ils ont encouragé la MISCA à maintenir et intensifier ces efforts.

Le sommet de N’Djaména a déploré la passivité de l’ensemble de la classe politique centrafricaine face à la crise tragique que traverse le pays ainsi que l’insuffisance des résultats enregistrés par les autorités de la transition qui devaient agir de manière harmonieuse, cohérente et unifiée, pour remédier à la situation et les ont exhortées, en conséquence, à faire montrer d’un sursaut national pour encourager la Communauté internationale à aider les Centrafricains à convenir d’une solution de sortie de crise diligente et durable.

Pour le président en exercice de la CEEAC, si échec il y a, c’ est d’abord celui de la classe politique centrafricaine dans son ensemble qui n’a pas su saisir toutes les opportunités qui lui sont offertes par notre communauté pour ramener la paix et la concorde dans le pays.

Le président Déby Itno a beau déclarer que les Etats de CEEAC n’ ont pas vocation à imposer des dirigeants à la Centrafrique, les conclusions des travaux de N’Djaména prouvent que la région a pesé de tout son poids pour arracher aux Centrafricains qui ont fait le déplacement de la capitale tchadienne “une issue heureuse”.

Outre le chef de l’Etat tchadien, ont participé au sommet de N’ Djaména, ses homologues Denis Sassou Nguesso du Congo, Joseph Kabila Kabange de la République Démocratique du Congo, Ali Bongo Ondimba au Gabon, Manuel Pinto da Costa de Sao Tomé et Principe, ainsi que le désormais-ex chef de l’Etat de transition de la République centrafricaine, Michel Djotodia, dont l’absence à la cérémonie de clôture a été très remarquée. Le Burundi s’est fait représenter à N’Djaména par son premier vice-président, Bernard Busokoza; le Cameroun par son chef du gouvernement, Philémon Yang, la Guinée Equatoriale par son chef de la diplomatie, Agapito Mba Mokuy; l’Angola par son ambassadeur au Tchad, Sebastiao Manuel Fernandes Quixito.

Ont également pris part au 6ème sommet de la CEEAC les sieurs Alexandre Ferdinand Nguendet, président du CNT centrafricain; Ahmad Allam-Mi, secrétaire général de la CEEAC; Smail Chergui, Commissaire Paix et Sécurité de l’Union Africaine; Babacar Gaye, Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU, chef du Bureau Intégré des Nations Unies en RCA; et Jean-Marie Michel Mokoko, Représentant spécial de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, chef de la MISCA.

La session s’est tenue en présence du Président de la Commission Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), des Représentants de l’Union Européenne, de l’Organisation Internationale de la Francophonie, des Etats-Unis d’Amérique et de la France.

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