“Ce ne sont pas les talents tchadiens qui manquent, il faudrait juste les chercher”

“Ce ne sont pas les talents tchadiens qui manquent, il faudrait juste les chercher”

 

N’Djamena abritera du 3 au 5 novembre le salon des compétences et de l’emploi nommé “Tchad Talents“. C’est dans cet état d’esprit que Tchadinfos a décidé de tendre le micro aux talents tchadiens d’ici ou d’ailleurs. Le jeune tchadien Dina Mahamat Amadou a été promu Directeur Général d’Airtel Seychelles depuis plus d’an. Dans une interview exclusive à notre rédaction, il évoque son parcours aussi fulgurant qu’impressionnant et nous dévoile ses ambitions. 

Tchadinfos : Comment se sent-on quand on est DG de la filiale d’une grand groupe à seulement 35 ans?

Dina Mahamat Amadou : Je pense que je ne suis pas le seul à avoir cette chance mais je peux dire qu’on assiste actuellement à un rajeunissement de la classe dirigeante des grands groupes internationaux. Pour ma part, c’est une expérience à la fois enrichissante et stimulante avec toutes différentes sortes de défis. Depuis mon entrée dans le Groupe en 2006, j’ai eu l’opportunité d’occuper diverses fonctions dans différents pays (8) en passant du Contrôleur Financier au Directeur Financier jusqu’à assurer l’intérim du Directeur Général et promu dernièrement comme Directeur Général aux Seychelles. Donc, c’est un travail de longue haleine qui demande beaucoup de patience et sacrifice tant au niveau professionnel que familial.

 Un an après votre nomination à la tête d’Airtel Seychelles, où se situe la compagnie sur le marché local?

Ma première année à la tête d’Airtel Seychelles a été marquée par le développement des affaires à travers l’innovation et le renforcement des talents. En effet, nous sommes le premier à lancer la 4G/LTE aux Seychelles tant au niveau du Groupe Bharti Airtel en Afrique qu’au niveau local. Dernièrement, nous avons également mis sur le marché pour la première fois aux Seychelles le service Airtel Money et nous sommes le seul opérateur à proposer ce service  dans le pays pour le moment. Quant à la gestion des talents, grâce aux différents programmes de formation et d’échanges internationaux du Groupe Airtel, nous avons pu renforcer et améliorer les capacités de nos ressources humaines. Comme résultats, le chiffre d’affaire d’Airtel Seychelles a connu une croissance à deux chiffres par rapport à l’année précédente, ce qui nous a permis de gagner une part de marché considérable. Vu la taille et la maturité du marché des télécoms aux Seychelles, ce n’est pas toujours évident d’avoir une telle croissance.

Vous dirigez une filiale d’une grande multinationale qui est l’un des leaders mondiaux des télécoms, quels sont les défis qui se posent quotidiennement à vous?

Le défi principal est d’être à l’écoute permanente du marché et aux aguets des dernières technologies si on veut rester dans la course. Le secteur des télécoms est un monde qui ne cesse d’évoluer. Je me rappelle quand j’ai rejoint le groupe Celtel en 2006, la pénétration de la téléphonie mobile en Afrique était encore au-dessous de la barre des 10%. Actuellement, la pénétration moyenne du mobile en Afrique subsaharienne est estimée à plus de 40% selon le GSMA dont 20% ont accès à l’internet mobile. Pour le cas des Seychelles, on avoisine les 120% de pénétration et plus de 30% de la population se connectent à Internet via leur mobile.

Le Tchad manque des compétences comme vous pour son développement. Que faut-il faire pour améliorer cette situation?

J’ai voyagé récemment aux Etats-Unis et j’ai eu l’occasion de rencontrer un de nos compatriotes qui dirige une grande entreprise là-bas. Ce qui nous montre que ce ne sont pas les talents tchadiens qui manquent. Il faudrait juste les chercher. Quant au développement du Tchad, j’ai toujours cru à la promotion des jeunes talents. Pour moi, la jeunesse c’est le futur et si nous voulons avoir une nation solide et prospère pour les générations à venir, nous devrions nous investir davantage dans la jeunesse.

 A part le travail, qu’est-ce qui vous passionne dans la vie ?

J’aime participer aux œuvres caritatives et sociales. D’ailleurs, je pense créer une fondation au nom de mon défunt père Mahamat Amadou France-Congo pour venir en aide aux personnes démunies et décerner des prix aux meilleurs élèves dans notre très cher lycée Jacques Moudeina de Bongor. J’adore également être en famille et le week-end si j’ai le temps, je joue au golf.

 

Un commentaire

  1. Avocksouma Djona Atchenemou
    15 octobre 2015 at 18 h 01 min Répondre

    Mr Dina Mahamat Amadou, à mon avis vous êtes trop modeste. Je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous dîtes que “je ne suis pas le seul à avoir cette chance”. Une chance est un hasard. Il faut dire que vous aviez travaillé dur pour être à cette place-là, et ce depuis 2006. Et vous le précisez vous-même: “Depuis mon entrée dans le Groupe en 2006, j’ai eu l’opportunité d’occuper diverses fonctions dans différents pays (8) en passant du Contrôleur Financier au Directeur Financier jusqu’à assurer l’intérim du Directeur Général et promu dernièrement comme Directeur Général aux Seychelles..”. Les gens croiraient qu’un marabout de Bongor vous a tout simplement tracé le chemin, alors que vous êtes bourré de talents et vous travaillez tous les jours pour être excellent dans le domaine qui est le vôtre. Les résignés attendraient comme des mendiants que tout leur tombe dans la gueule. Je ne suis pas non plus d’accord lorsque vous dîtes que des talents, il y en a et qu’il suffirait juste de les chercher. La question qui se pose est celle de savoir pourquoi des cadres fuient leur pays? Je crois qu’on devrait regarder du côté des mécanismes qui devraient concourir à leur retention au pays et assurer l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Combien sont-ils ceux qui désirent rentrer et qui, une fois sur place, sont totalement découragés? Regardons autour de nous et voyons ce qui se passe réellement dans la gestion des cadres. Un pays a les talents qu’il mérite, n’est-ce pas?. Toutes mes félicitations Amadou. Professeur Avocksouma

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