Amine Idriss Adoum nous aide à comprendre l’élection à la Présidence de la commission de l’UA

Le 28e sommet de l’UA qui se tiendra du 30-31 janvier à Addis-Abeba verra l’élection du prochain président de la Commission. Élection à laquelle participe le Tchad par la candidature de son actuel MAE Moussa Faki Mahamat. Pour comprendre les enjeux de cette élection et ses contours nous sommes allé à la rencontre de M. Amine Idriss Adoum directeur de l’administration de l’Union africaine afin d’éclairer notre lanterne.

1- Pour éclairer nos lecteurs et compatriotes, nous aimerions avant tout connaître la fonction et les missions du Président de la commission.

Les fonctions et missions du président de la Commission sont celles prévues par les actes constitutifs de l’Union. Le président ou la présidente est le patron de l’organe exécutif de l’Union. Il ou elle est le conseiller juridique des États membres sur les questions communautaires. Il ou elle est l’ordonnateur en chef de l’Union. Il ou elle représente le Continent dans toutes les discussions et négociations internationales et défend les intérêts de l’Union ainsi que ceux de ses membres. Le président ou la présidente est le premier diplomate africain.

Le président ou la présidente qui sera élue aura aussi le mandat de mettre en œuvre toutes les décisions dès chefs d’État relatives aux réformes de l’Union. Il ou elle devra aussi veiller à la mise en œuvre effective des décisions relatives à l’agenda 2063.

2- Qui vote ?

Les chefs d’États et de gouvernement élisent le président ou la présidente de la Commission ainsi que le ou la vice-présidente. Le candidat vainqueur est celui qui aura obtenu 2/3 des voix, c’est-à-dire que 36 États ont porté leur choix sur lui.

3- Comment se passe le vote ?

Il s’agit d’un scrutin à bulletin secret. Il y a aux maximums trois tours. Nous utilisons un système de vote électronique qui affiche immédiatement les résultats à la suite du scrutin.

Les ministres des Affaires étrangères élisent les Commissaires. Chaque poste de commissaire est soumis à une procédure électorale à bulletin secret. Chaque région est tenue d’avoir deux postes de commissaires qui doivent être occupés par une femme et un homme, ceci afin de promouvoir la partie femme et homme.

4- L’année dernière, la commission n’a pas réussi à dégager un candidat qui fasse l’unanimité, est-ce qu’il est possible qu’on puisse revivre la même chose ?

L’année dernière les Chefs d’État ne s’étaient pas mis d’accord du coup aucun des candidats présents n’a pu obtenir le nombre de voix obligatoire de 36 États. Nous espérons que cette fois le consensus sera assez fort et que le scrutin du mardi permettra de nommer le leader de notre organisation.

5- Avez-vous une préférence ?

En tant que directeur de l’administration centrale j’ai une obligation de réserve et de neutralité par rapport aux élections des leaders de l’Union et ne peux donc pas partager mon opinion personnelle.

6- Quel bilan faites-vous de la présidence tchadienne de l’UA qui va s’achever ?

La présidence du Tchad qui s’achève à un bilan plutôt positif. Trois sujets majeurs ont été mis ouvertement sur la table et la présidence tchadienne de l’Union a permis l’obtention d’un consensus fort autour de ces sujets : le financement de l’Union avec l’adoption en juillet dernier du système de contribution basé sur une taxe sur les importations hors région Afrique. La réforme des réunions et des conférences de l’Union y compris celles du Conseil de Paix et Sécurité. Il faut à ce sujet dire que les deux sommets de janvier et juillet 2017 qui étaient sous la présidence du Tchad avaient été particulièrement efficaces tant en termes d’organisation que de prise de décisions ; et enfin le grand sujet de la réforme institutionnelle de notre organisation. En juillet dernier le président Deby avait obtenu de ses pairs que cette réforme soit confiée au président Kagame. Nous attendons le rapport Kagame avec impatience. Il y a beaucoup d’autres sujets qui ont été abordés sous la présidence du Tchad, et résolus avec efficacité. Le dernier exemple en date est celui de la crise gambienne. En tant fonctionnaires de l’Union nous sommes plutôt satisfaits de cette présidence tchadienne. Elle a été efficace à plus d’un titre!

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