Les villages Don dans le canton Bekan et Doniate dans le canton Goré, département de la Nya Pendé, ont été le théâtre des massacres dans les nuits du 7 au 8 mai. Ces massacres perpétrés par des individus, jusque-là non identifiés, ont fait au moins une quinzaine de morts. Récit.

Tout a commencé dans la nuit du 7 mai dans un village de cultivateurs à la lisière du village Doniate dans le canton Goré. Des individus munis d’armes à feu et d’armes blanches ont fait irruption dans ce village autour de 23 heures. Sans crier gare, ils ont assassiné trois personnes, toutes membres d’une même famille. Deux autres sont blessées dont une s’est vue amputer ses deux mains.

Les mêmes assaillants ont continué leur chemin pour attaquer le village Don dans le canton Bekan au petit matin du 8 mai. A coup de fusil, de machettes, de flèches et de coupe-coupe, ils ont tué 12 habitants et blessés six autres.

Selon le témoignage de Ndoumtomai Isidore, un des chefs des quartiers de Don, les assaillants sont venus à bord des chevaux, des motos et d’autres à pied. Il raconte qu’il était sorti autour de 5heures du matin pour aller se soulager quand il a vu la colonne des assaillants se diriger vers le village. « Je suis  revenu aussitôt alerter les jeunes du danger qui est en train de venir. Aussitôt après, quand je faisais ma sortie de la chambre pour me cacher, ces personnes m’ont vu et l’une a tiré sur moi trois 3 balles dont j’ai reçu une à la jambe. Lorsque je suis tombé, elles sont venues avec des coupe-coupe pour me décapiter. Mais croyant que j’étais mort, elles m’ont laissé et ont continué pour aller tuer le chef de village, le pasteur et d’autres personnes », raconte-t-il sur son lit d’hôpital à Goré. D’après lui, ces attaques s’apparentent à des représailles à la suite de la découverte du corps sans vie d’un chef de ferrick, tué avec son frère dont les cadavres ont retrouvés dans un fleuve à la frontière Tcha-RCA.

Dans la journée du 9 mai, c’est le village Bedakoussangue qui a été pris pour cible. Heureusement, le village s’est vidé de ses habitants avant que ces assaillants n’arrivent dans la zone. Neuf cases ont été incendiées. Il faut dire que les assaillants emportent sur leur passage des bœufs, des motos et pillent des boutiques et magasins.

Après descente sur le terrain, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Goré, Nerambaye Ndoubamian a fait une communication sur ces évènements ce 10 mai. Selon le procureur, les indices relevés montrent que les assaillants ont été guidés par des personnes qui connaissent bien les villages ciblées et leurs habitants. Parce que, dit-il, ce sont des chefs coutumiers, des notables et des chefs religieux qui sont visés. Il informe qu’une enquête est ouverte pour retrouver des personnes suspectées d’être auteurs, complices ou coauteurs de ces massacres dont les prénoms ont été donnés par certains témoins.

Actuellement, les villages dans les environs de Goré se sont vidés de leurs habitants. D’aucuns ont regagné des familles à Goré, d’autres ont trouvé refuge dans des camps de réfugiés. La situation est telle que la sécurité est renforcée dans la ville de Goré et dans certains villages.

Nambatinodji Frédéric, correspondant à Goré