Selon le dernier Mémorandum économique du Tchad (CEM) publié par la Banque mondiale, le pays pourrait faire face à une augmentation de 3,34 millions de personnes vivant dans la pauvreté d’ici 2050 en raison des chocs liés au changement climatique.

Cette estimation provient du rapport national sur le climat et le développement (CCDR) pour les pays du G5 Sahel, qui comprend la Mauritanie, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad et pour éviter cette situation, des mesures urgentes en matière d’adaptation doivent être mises en place.

Le rapport souligne que les effets du changement climatique, tels que la sécheresse, les inondations et les variations des précipitations, ont un impact considérable sur l’économie et la population du Tchad. Ces chocs climatiques ont des répercussions sur l’agriculture, l’élevage et les ressources en eau, qui sont des secteurs clés de l’économie tchadienne.

Le Mémorandum économique identifie l’insécurité, la dépendance excessive à l’égard des recettes pétrolières et l’incapacité à utiliser ces recettes pour une croissance économique forte et soutenue, le changement et le dérèglement climatiques, la faiblesse de la gestion des finances publiques et de l’environnement des affaires, ainsi que l’insuffisance du capital physique et humain, comme étant les principaux obstacles à la croissance du pays.

L’insécurité en augmentation à l’intérieur du Tchad et dans les pays voisins, constitue également un facteur important de volatilité de la croissance à court terme.

«Le Tchad gagnerait à urgemment mettre en œuvre des réformes fortes dans différents secteurs, y compris ceux du pétrole, des infrastructures, de l’éducation et de l’emploi, ainsi qu’à renforcer la sécurité et la résilience au changement climatique, afin d’enclencher les transformations structurelles qui permettront la transition économique du pays,» estime Fulbert Tchana Tchana, économiste en chef et coordonnateur du programme croissance inclusive, finance et institution pour les pays du Sahel central.

Selon le rapport CCDR, les émissions combinées des pays du G5 Sahel ne dépassent pas 1% des émissions globales de gaz à effet de serre, mais il s’agit des pays parmi les plus vulnérables au changement climatique dans le monde. Les Contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris ainsi que les estimations du CCDR indiquent que les besoins de financement des pays du G5 Sahel en matière d’action climatique se chiffrent à plus de $30 milliards. Si aucune mesure n’est prise – à travers les six canaux d’impact identifiés dans la modélisation de l’analyse d’impact sur la croissance, le PIB annuel du Tchad pourrait diminuer de 4,2% à 10.5% du fait du changement climatique, respectivement selon les scénarios humides et secs.

« La présentation de ces deux rapports tombe à point nommé à un moment où l’économie du Tchad a plus que besoin d’être accompagnée dans ses efforts vers la diversification pour mieux résister aux chocs », explique Rasit Pertev, Représentant résident de la Banque mondiale pour le Tchad.