Le Tchad veut rationaliser l'exploitation de son cheptel

N’DJAMENA, 17 septembre (Xinhua) — Le Tchad, pays sahélien à fortes potentialités pastorales, s’est lancé ces dernières années sur la voie de la modernisation de l’exploitation de son cheptel. En multipliant les complexes industriels, le gouvernement espère en tirer davantage de ressources.

Mercredi, le président tchadien Idriss Déby Itno a posé la première pierre pour la construction d’un complexe industriel moderne d’exploitation de ruminants dans la zone industrielle de Djarmaya, au nord-est de la capitale.

Le complexe de Djarmaya comprendra notamment un abattoir moderne d’une capacité de 70.000 tonnes de viande par an et pouvant traiter par jour 1.500 bovins, 3.000 ovins et caprins et 500 camelins.

Il devra permettre, selon le ministre tchadien de l’Elevage et de l’Hydraulique, Mahamat Issa Taher, de valoriser le bétail du pays qui est la principale ressource nationale (plus de 50% du produit intérieur brut), et de générer 200 emplois qualifiants et 5.000 emplois directs et indirects en phase d’exploitation.

Aujourd’hui, le secteur de l’élevage au Tchad joue un rôle important dans l’économie nationale. Il représente 53% du Produit intérieur brut (PIB) et procure des revenus directs ou indirects à 40% de la population, selon des données du ministère des Finances et du Budget. Mais le bétail est exporté sur pied vers les pays voisins, ce qui constitue un manque à gagner considérable pour le Trésor public tchadien.

D’autres complexes abattoirs frigorifiques modernes sont en construction dans la capitale économique, Moundou, ou prévus à Abéché, la grande ville de l’Est, et à Ati, le chef-lieu de la région pastorale du Batha. Ces trois unités industrielles sont ou seront entièrement financées sur le budget de l’Etat tchadien.

“Les travaux de construction du complexe de Moundou ont démarré au début de cette année et avancent à un rythme satisfaisant; et la réception provisoire des ouvrages est prévue pour octobre 2015”, indique M. Issa Taher.

En somme, la réalisation de tous ces complexes industriels devra permettre au Tchad de rationnaliser la production de sa viande conformément aux normes internationales en vigueur et de disposer ainsi de disposer de nouvelles sources de revenus.

Le ministre tchadien de l’Elevage et de l’Hydraulique salue la mise en oeuvre de ces différents projets et “le regain exceptionnel de confiance des partenaires techniques et financiers, tant nationaux, régionaux qu’internationaux”, malgré une conjoncture économique mondiale difficile.

Le Tchad peut ainsi compter sur l’appui des partenaires telle la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), qui cofinance la construction du complexe industriel moderne d’ exploitation de ruminants de Djarmaya, à hauteur de 20 milliards F CFA (40 millions USD), sur un coût global de 37 milliards F CFA ( 74 millions USD).

Trois autres projets ont bénéficié du financement de la BDEAC, notamment un complexe industriel agro-alimentaire de Mandalia (à 50 km au sud de la capitale), couplé avec trois fermes multifonctionnelles, et le complexe d’exploitation de ruminants de Djarmaya.

Par ailleurs, les processus pour l’aboutissement de la construction de l’usine d’aliments de bétail à Djarmaya et d’une usine pharmaceutique vétérinaire à N’Djaména, sur financement d’ Eximbank d’Inde, “sont en bonne voie”, selon M. Issa Taher.

D’autres projets sont en fin d’études et attendent des financements: des complexes industriels ranch-abattoirs modernes à Amdjarass (au nord), Doba et Sarh (au sud); un centre national d’ amélioration des races animales au Tchad.

“En réinscrivant le développement de la production animale et du secteur agricole comme priorité de son quinquennat en cours, le président tchadien Idriss Déby Itno marque sa volonté de voir conjuguer au passé la menace de l’insécurité alimentaire”, affirme Michael Adande, président de la BDEAC.

“Nous voulons faire du Tchad un pays exportateur de viande biologique et de sous-produits labélisés”, renchérit M. Issa Taher.

Vaste pays d’Afrique sahélienne, le Tchad possède un cheptel estimé à plus de 40 millions de têtes de bétail toutes espèces confondues, selon les données (jugées aujourd’hui obsolètes) du dernier recensement de l’élevage qui date de 1976.

Fin avril 2014, un nouveau recensement a été lancé. “L’objectif de ce recensement est d’actualiser les données structurelles sur le secteur pastoral, en liaison avec les questions de pauvreté, de sécurité alimentaire et de gestion durable des ressources naturelles”, explique le ministre tchadien de l’Elevage et de l’ Hydraulique.

La disponibilité des données structurelles sur l’élevage permettra ainsi, selon lui, au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers, à la société civile et aux acteurs de la filière de formuler des projets et programmes de développement de l’élevage, de mettre en oeuvre de meilleures stratégies nationales de réduction de la pauvreté et de répondre, plus efficacement, au problème de la cherté de la vie qui mine le quotidien des Tchadiens.

“Aujourd’hui, la dynamique de l’industrialisation de notre pays est véritablement en marche”, conclut M. Issa Taher, croyant fermement à l’ambitieuse vision du président Déby Itno de faire du pays, d’ici à l’horizon 20125, “une puissance régionale émergente, portée par des sources de croissance diversifiées et durables, créatrices de valeur ajoutée et d’emplois”.

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