Tchad : la pénurie artificielle d'hydrocarbures atténuée

N’DJAMENA, 14 octobre (Xinhua) — Au Tchad, la pénurie des hydrocarbures, provoquée depuis deux semaines par des commerçants véreux, est en train d’être résorbée grâce aux mesures drastiques prises par le gouvernement, notamment un assainissement du circuit de distribution

Devant plusieurs stations-services de N’Djaména, la capitale du Tchad, les files se font de moins en moins longues depuis ce week- end. Au lieu d’attendre deux à quatre heures d’affilée comme au début de la semaine dernière, il suffit de quelques minutes pour se faire servir.

“Les gens se mettaient en rang avant qu’on n’ouvre le comptoir; et à la fermeture, on laissait toujours un long rang de personnes non servies”, déclare Ahmat Adoum, pompiste d’une grande essencerie, non loin du stade Idriss Mahamat Ouya.

Les pompes de certaines stations-services étaient simplement bâchées, d’autres s’ouvraient par moment propice.

“Toutes les mesures prises par le gouvernement ont permis de stabiliser la situation”, affirme Adoum Goudja, directeur général adjoint de la raffinerie.

La semaine dernière, les autorités tchadiennes ont dû prendre un certain nombre de mesures pour faire à cette pénurie créée et entretenue, selon elles, par des commerçants véreux.

L’accès à la raffinerie est réservé uniquement à la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), seule habilitée à distribuer les hydrocarbures locaux.

Sur plus de 300 stations-services que compte N’Djaména, seules 54 sont retenues pour assurer la distribution des carburants jusqu’ à nouvel ordre.

Les ventes en détail de carburants dans les rues de la capitale sont strictement interdites.

Enfin, deux numéros verts sont mis à la disposition des consommateurs pour dénoncer toute spéculation sur les prix des hydrocarbures.

Un agent de la police escorte chaque citerne qui sort de l’ usine de Djarmaya jusqu’à la station-service. Un autre est pointé devant chaque essencerie pour assurer l’ordre parmi les motocyclistes et automobilistes.

Le directeur général de la Société de raffinage de N’Djaména ( SRN), Xu Zhihong, salue les mesures prises par les autorités tchadiennes contre les “commerçants hors-la-loi qui s’évertuent à stocker de carburant pour s’attendre à des gains faciles provoquant ainsi une pénurie artificielle”.

Pour M. Xu, il n’y a pas de pénurie de carburant à la source, c’ est-à-dire à la raffinerie. Dans une correspondance en date du 28 août 2014, la raffinerie avait informé ses clients, qu’après trois années de production continue, la performance des équipements de la raffinerie de Djermaya ont laissé entrevoir la nécessité d’une révision générale depuis le mois de juin dernier.

La SRN, qui a programmé la révision de l’unité de distillation du 1er au 31 octobre, et de l’unité de reformage catalytique, du 1er octobre au 15 novembre 2014, avait demandé aux sociétés de distribution des produits pétroliers de prendre leurs dispositions pour constituer leurs stocks de carburant en conséquence. Car, pendant cette révision qui pourrait, suivant la situation technique, s’achever avant les délais annoncés ou déborder au-delà, la SRN affirme avoir obtenu l’agrément de l’Agence de régulation du secteur pétrolier Aval Tchad (Arsat) de n’approvisionner, pendant cette période, que les besoins d’urgence du gouvernement, de la Société nationale d’électricité, de la Cotontchad (la société cotonnière), de la cimenterie de Baoré, ainsi que de l’Armée nationale tchadienne.

Mais avant même que la période de révision ne commence, l’on a commencé à constater une diminution croissante de carburants dans la capitale.

Au fil des jours, l’essence et le gasoil de faisaient rare dans les stations-services formelles ou informelles qui pullulent dans la capitale tchadienne. Le prix du litre d’essence (environ 1 USD à la pompe) a subi une hausse de 300% à certains points de ventre.

Selon M. Xu, le stock en carburant avait pourtant été planifié bien avant l’arrêt de production pour permettre de satisfaire la demande du marché pendant la période de la révision technique de la raffinerie.

“Jusqu’en date d’aujourd’hui, nous fournissons quotidiennement le volume de carburant nécessaire pour couvrir les besoins de la population”, précise-t-il.

La raffinerie de Djarmaya, située à 80 km au nord de la capitale tchadienne, avait été mise en exploitation en 2011 par la China National Petroleum Company Illimited qui détient 60% des parts, contre 40% pour l’Etat tchadien. Elle fournit en moyenne 40 citernes de gasoil et 35 citernes de super par jour.

Mercredi, la raffinerie va arrêter effectivement ses installations, et beaucoup de consommateurs ne craignent que la spéculation reprenne à nouveau. La crise des hydrocarbures est donc loin d’être définitivement résolue.

Mais, les autorités nationales, avec une fermeté rare, ont promis des sanctions sévères contre les spéculateurs, conformément aux lois et règlements en vigueur.

Deux pompistes et un gérant d’une station-service appartenant à une multinationale étrangère, ont été condamnés, jeudi dernier, à des peines de prison ferme et à de fortes amendes pour avoir entravé à la liberté d’exercice de commerce et à la décision du gouvernement interdisant la spéculation. L’essencerie dans laquelle les trois hommes travaillaient, a été également fermée pour deux ans.

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