Tchad : à défaut de la reprise, les élèves des écoles publiques deviennent des petits commerçants

Tchad : à défaut de la reprise, les élèves des écoles publiques deviennent des petits commerçants

Alors que certains enfants prennent le chemin de l’école tous les matins, d’autres par contre sont obligés de prendre le chemin des marchés. Cause, les écoles publiques sont toujours fermées à cause de la grève des enseignants.

« Je suis en classe de 2nde au lycée de Walia mais pour l’instant je ne peux pas aller à l’école parce qu’il y a rien là-bas », déclare Narcisse avant d’ajouter «Certains de mes amis qui se sont inscrits dans les écoles privées font normalement les cours en ce moment. Mais moi, comme je ne peux pas étudier dans une école privée  faute de moyens, je suis obligé de faire le commerce pour m’occuper en attendant ».

Comme Narcisse, des milliers des jeunes pour ne pas dire d’enfants se trouvent dans cette situation décourageante imposée par la mésentente entre le gouvernement et les syndicats des enseignants. La rentrée scolaire a été lancée depuis le 1er octobre dernier par le ministre de l’Education nationale mais jusqu’à présent les élèves des  écoles publiques sont condamnés à vivre dans l’inquiétude, car leurs écoles sont toujours désertes.

Au quartier Ndigangali dans la commune du 9ème arrondissement, Ngangtar et Bonheur, respectivement 2ème et 3ème enfant d’une fratrie de 5 enfants dont la mère est ménagère et le père maçon ont trouvé une façon propre à eux de  gérer ces temps libres remplis d’angoisse. Tous les matins, sans manger, ils se précipitent pour aller prendre les marchandises de leur cousine, constituées de soutien-gorge et des caleçons. Ils font le tour des quartiers et des marchés pour vendre ces articles de façon ambulante.

« Sur chaque soutien ou caleçon vendu, on a 50 Fcfa de bénéfice, voire plus, car on a la possibilité d’augmenter le prix. Par jour on peut rentrer avec 1000Fcfa », explique le cadet. « L’argent qu’on gagne en faisant ce commerce nous permet d’avoir de nous prendre un peu en charge et d’alléger la souffrance notre papa », ajoute Ngangtar avant de conclure « on va toujours continuer à faire ce commerce si on ne va pas à l’école. Nous sommes  des garçons et nous ne pouvons pas rester les bras croisés».

« Là où il y a problème il  y a des opportunités », disent les entrepreneurs. Il est évident que la crise qui paralyse les écoles publiques augmente le nombre des petits commerçants dans le pays et renforcera davantage la baisse de niveau.

Un commentaire

  1. Djido ali
    10 octobre 2018 at 20 h 29 min Répondre

    Bonjour mois

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