Société : Où sont passées les pièces de monnaie ?

Société : Où sont passées les pièces de monnaie ?

Depuis quelques mois, échanger un billet en pièces de monnaie à N’Djaména est un véritable casse-tête. Les pièces de 25FCFA, 50FCFA et 100FCFA  ne circulent quasiment pas dans la capitale. Cette situation ne facilite pas les relations entre commerçants et clients.

Dans les transports publics comme dans les marchés, le constat est le même. A  Dembé dans le 6eme arrondissement de la commune de N’Djaména, les conducteurs des minibus de transport public appelés communément « cars » font leur loi : « celui qui n’a pas la monnaie n’a qu’à descendre », informe un chauffeur en arabe tchadien. Dès l’écoute de cette information, un client s’enflamme : « on ne fabrique pas les monnaies. C’est vous les commerçants, donc c’est à vous de chercher la monnaie ». Aussi, dans les marchés, échanger un billet en pièces ou un gros billet en petit billet est un parcours de combattant pour les commerçants qui ne veulent pas laisser passer les clients.

Cette rareté de pièces de monnaie est parfois source de bagarre entre les clients et les commerçants. Cela est très récurrent dans les transports publics où certains commis de charge profitent de la situation pour escroquer les clients. «  Pour une distance qui devrait coûter 100 FCFA le transport, les commis prélèvent 150 FCFA, simplement parce qu’on leur a présenté un billet. C’est carrément  de l’arnaque », s’exprime Ndilbé. « Parfois les clients ont des petites pièces mais ils préfèrent nous présenter des billets. Alors, à notre niveau nous avons un principe : un client qui présente 500 FCFA pour une distance qui coûte 100 FCFA, nous retirons 150 FCFA et nous lui remettons 350 FCFA », tente de justifier un conducteur de taxi.

Les explications sur la rareté de monnaie à N’Djaména

« Les petites monnaies ne circulent pas à N’Djamena ces derniers temps parce que les grands commerçants ne font pas confiance aux banques, ils préfèrent garder leurs argents chez eux », dit Boris. Si pour ce dernier la faute est aux commerçants, pour d’autres citoyens, la faute revient aux accro des jeux du hasard, comme yip-yip, premier loto et afrijeux, qui ne cessent de se multiplier dans la capitale. C’est le cas de Milamem, une vendeuse de poissons au marché cinquantenaire de la ville de N’Djaména. « Moi je dis que les pièces ne circulent pas parce qu’il y a ces derniers temps un engouement pour les jeux de hasard. Les jeunes, les femmes, les vieux (…), tout le monde est intéressé par ces jeux qui ne demandent pas à utiliser des grosses sommes », explique-t-elle. D’autres encore justifient la situation par la crise financière qui gagne le pays.

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