Société : Des crottes de bœufs comme palliatifs au bois de chauffe

Société : Des crottes de bœufs comme palliatifs au bois de chauffe

Depuis la publication de l’arrêté interdisant la vente du bois de chauffe dans la ville de N’Djamena, les vendeuses de bières locales (Bili-Bili) ainsi que certaines ménagères ne se passent plus des crottes de bœufs. Pour la cuisson, la plupart d’entre elles ont presque oublié les fagots au profit de ces excréments connus sous le nom de « Bahr », qui leur sont vendus à bas prix.

Dans les quartiers où fourmillent les coins de vente des boissons locales communément appelés « Cabarets », les vendeuses ne se gênent pas d’amasser les crottes pour attiser le feu sous leurs récipients. Fatimé Boyalngar, tenancière du cabaret « Sans Droits » au quartier Dembé, trouve que l’utilisation des crottes de bœufs est  bénéfique pour son commerce  « Un sac de bahr coûte 1750fr. Pour pouvoir préparer ma bili, il me faut tout au plus trois sac, ce qui revient à 6000fr y compris le transport. Pourtant un sac de dôme coûte 5000fr et le fagot également coute très cher, ça ne nous arrange pas dans notre commerce », affirme-t-elle.  Son avis est partagé par une débrouillarde, mère de famille rencontrée au quartier Atrone. « Depuis que j’ai commencé à acheter les bahr, je fais plus d’économie qu’auparavant. J’ai trois enfants à élever et mon mari ne travaille pas, donc il y a de quoi se réjouir ».

Toutefois, ces utilisatrices sont conscientes de sa nuisibilité  à la santé humaine. « C’est vrai que ça rend malade et mon voisinage se plaint aussi de la fumée mais je n’ai pas d’autre choix », reconnaît la débrouillarde. Madame Fati d’ajouter : «  on se plait à utiliser ces excréments de bœuf qui nous reviennent moins chers même si ça nous rend souvent malade ».

Depuis l’interdiction du bois de chauffe par le gouvernement, les excréments des bœufs élevés dans les périphéries de la ville de N’Djamena, sont séchés et stockés dans de grands sacs puis vendus par des grossistes dans des différents quartiers et marché de N’Djamena.

Quant à l’application de l’arrêté d’interdiction, Madame Fati, comme l’appelle affectueusement ses clients, voit une injustice.  « A partir de Djarmaya jusqu’à Iriba, les gens utilisent bel et bien les fagots et du charbon. C’est seulement à partir de N’Djamena jusqu’au Sud qu’il n’y en a pas. C’est injuste ». soutient-elle.

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