Les mutilations génitales féminines largement désapprouvées selon l’UNICEF

Les mutilations génitales féminines largement désapprouvées selon l’UNICEF

Environ deux tiers des hommes et femmes vivant dans des pays où les mutilations génitales féminines (MGF) persistent souhaiteraient voir disparaitre cette pratique, révèlent des données recueillies par l’UNICEF.

Ces données montrent que 67% des filles et des femmes, et 63% des garçons et des hommes désapprouvent cette pratique. Francesca Moneti, Spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF déclare à ce sujet, « Bien que la mutilation génitale féminine soit associée à la discrimination sexuelle, les chiffres montrent que la majorité des garçons et des hommes y sont en fait opposés ».

Cependant, constate l’UNICEF, les mutilations génitales féminines persistent dans ces zones à cause de la fonction sociale qui leur est attribuée. « Malheureusement, le désir de mettre fin à la mutilation génitale féminine est souvent dissimulé et de nombreux hommes et femmes croient toujours que cette pratique est nécessaire pour qu’ils soient acceptés dans leurs communautés », déplore Francesca Moneti.

À l’inverse du taux de femmes et filles qui désapprouvent cette pratique, la proportion de femmes et filles qui estiment que les MGF ne présentent aucun avantage particulier est d’environ un tiers dans les pays où les données sont disponibles. Les données montrent que, dans certains pays, les hommes s’opposent plus fortement à la MGF que les femmes. C’est le cas de la Guinée où 38% des hommes et des garçons s’opposent à la poursuite contre 21% de femmes et filles. C’est également le cas en Sierra Léone où 40% des hommes et garçons désapprouvent les MGF contre 23% de femmes et filles, et au Tchad où 49% des hommes et garçons souhaitent voir disparaitre cette pratique contre 36% de femmes.

Emboîtant le pas aux personnes qui s’opposent à cette pratique préjudiciable là où elle est le plus exercée, plusieurs états ont décidé d’adopter des lois qui criminalisent les mutilations génitales féminines. La Gambie et le Tchad en sont des exemples.

Selon les données recueillies par l’UNICEF, le niveau d’éducation de la mère pourrait favoriser la pratique des mutilations génitales féminines sur ses filles. Parmi les vingt-huit pays pour lesquels des données sont disponibles, environ une fille sur cinq de femmes n’ayant pas fait d’études a subi la MGF par rapport à une fille sur neuf de mères ayant fait au moins des études secondaires.

Les données peuvent jouer un rôle important dans la réduction des MGF en mettant en évidence les opinions des communautés sur la mutilation génitale féminine. Comme l’a expliqué Francesca Moneti, « Quand les individus se rendent compte que les autres ne soutiennent pas cette pratique, il devient plus facile pour eux de mettre fin à la MGF. Il est nécessaire de mener une plus grande action auprès des jeunes, des hommes et des femmes, auprès de l’ensemble des communautés et des responsables religieux et politiques pour mettre en avant les résultats provenant de ces recherches et les effets préjudiciables de la MGF, cela afin de davantage accélérer le mouvement qui s’est engagé pour mettre fin à cette pratique ».

UNICEF, avec le FNUAP, mène le programme international le plus important destiné à encourager l’élimination de la MGF. Il appuie actuellement des opérations dans dix-sept pays en conduisant une action à tous les échelons, du niveau national au niveau communautaire.

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