Plus de 74 000 soudanais fuyant les affrontements tribaux au Darfour sont arrivés au Tchad

N’DJAMENA, Tchad, 12 avril (HCR) – Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a rapporté vendredi que de nouveaux affrontements intertribaux dans la région du Darfour au Soudan avaient poussé plus de 74 000 civils à fuir vers le sud-est du Tchad ces deux derniers mois, y compris 50 000 d’entre eux la semaine dernière. Une porte-parole du HCR a indiqué que c’est l’afflux de réfugiés le plus important depuis le Soudan vers le Tchad depuis 2005.

Les réfugiés ont fui des affrontements dans la ville de Um Dukhun, à l’ouest du Darfour, selon la porte-parole. Parmi les 74 000 personnes déracinées se trouvent des Soudanais et des Tchadiens, qui vivaient en tant que réfugiés dans la zone de conflit. La plupart de ces tout derniers arrivants sont des femmes et des enfants.

Au mois de mars, 24 000 réfugiés en quête de sécurité sont arrivés au cours d’une première vague dans la ville de Tissi au Tchad, depuis le Darfour. Selon le personnel du HCR, cet afflux incluait 8 000 Soudanais et 16 000 Tchadiens.

« Selon les employés du HCR sur place, la plupart des personnes ayant fui le Soudan sont arrivées à pied, à dos d’âne ou dans des charrettes », a indiqué la porte-parole. « Les personnes que nous avons trouvées étaient épuisées, traumatisées et visiblement perturbées par les événements violents survenus récemment. Selon certains de ces nouveaux arrivants, les réfugiés ont été témoins de la destruction de leurs maisons et de leurs villages réduits en cendres. Beaucoup ont indiqué que leurs proches avaient été tués », a-t-elle ajouté.

A Tissi, les nouveaux arrivants vivent dans des conditions épouvantables. Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture et ils dorment en plein air sous des arbres. Ils courent un risque élevé de contracter des maladies transmises par l’eau, car ils boivent l’eau de la rivière située non loin.

Davantage de réfugiés continuent à arriver chaque jour, y compris des personnes blessées par balles. Il n’y a pas de dispensaire ou de clinique qui soient opérationnels dans cette région.

La zone dans laquelle ils arrivent est également très isolée et difficile d’accès. Le plus proche bureau du HCR sur le terrain se situe à Koukou Angaranana, qui est localisé à une distance de 230 kilomètres via des routes impraticables. « Nous avons déployé des équipes à la frontière entre le Tchad et le Soudan pour enregistrer les nouveaux arrivants et leur porter assistance. Des stocks disponibles d’articles de secours, y compris des couvertures, de la nourriture et des médicaments sont acheminés en urgence sur le site », a souligné la porte-parole du HCR.

Depuis mercredi, les équipes du HCR enregistrent les nouveaux arrivants avant de les transférer vers le camp de Goz Amer, à l’est du Tchad. Le camp accueille déjà 26 000 réfugiés soudanais et peut seulement en héberger encore 5 000 autres. Le HCR travaille avec les autorités tchadiennes et ses partenaires pour développer un nouveau camp où seront hébergés les tout derniers arrivants.

Les principaux besoins concernent les abris, l’eau potable, la nourriture et les médicaments. Les autorités locales ont fourni 100 tonnes de nourriture, que le HCR a transportées vers Tissi.

Parallèlement, le HCR est préoccupé par le nombre de réfugiés qui augmentera car les affrontements continuent de l’autre côté de la frontière. « Les membres de notre personnel nous ont déclaré avoir vu de leurs yeux des colonnes de fumée épaisse au-dessus du Darfour et ils craignent que celles-ci ne résultent d’encore davantage de maisons incendiées », a indiqué la porte-parole du HCR. On comptait déjà plus de 300 000 réfugiés du Darfour dans les camps situés à l’est du Tchad.

Source : unhcr.fr

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