Tchad : partage d’héritage, « les gens mélangent leurs coutumes avec la religion » dixit Dr Abakar Walar Modou

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Dans le cadre de notre dossier sur le poids de la tradition sur les filles et les femmes en matière de partage d’héritage au Tchad, nous nous penchons aujourd’hui sur ce que dit la religion musulmane.

D’un côté il y a les textes religieux, de l’autre il y a les pratiques coutumières. Si dans certaines traditions tchadiennes, la fille et la femme n‘ont pas droit à l’héritage des biens de leur père ou époux, dans la religion musulmane, il y a une différence et les textes sont clairs.   Dans le Coran, il est clairement stipulé que la fille a droit à une partie des biens de son papa ou de son mari. En clair, elle bénéficie de la moitié de ce que le garçon reçoit comme héritage, si elle et le garçon sont du même père.

Mais là encore le contentieux reste intact, il n’est pas encore vidé. Cette manière de faire classe toujours le sexe féminin au second rang et privilégie le sexe masculin. Au fond, c’est ce qui se fait aussi par certains traditionalistes non-musulmans.

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Souvent, lorsque la femme perd son mari, elle est maltraitée par sa belle-famille et est lésée dans ses droits. Selon la religion musulmane, « la femme en tant que veuve a aussi sa part d’héritage. Si elle a des enfants, elle récupère le 1/8 des biens laissés par son défunt mari. Et si elle n’a pas d’enfants avec ce dernier, elle prend le ¼ et elle a plein droit de rester dans la maison de son défunt mari», explique Dr Abakar Walar Modou, Secrétaire général de l’Université Roi Fayçal de N’Djamena, par ailleurs membre permanent du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad.

Bien que le Coran ait déterminé les principes de partage d’héritage entre les enfants du défunt et sa femme, « les gens mélangent leurs coutumes avec la religion », regrette Dr Abakar Walar Modou. Les textes coraniques sont des textes anciens et faits selon l’époque ancienne mais ne peuvent être transgressés pour la majorité des croyants. Avec l’évolution du monde, faut-il conserver ces textes et laisser la fille et la femme dans une telle situation ?

En attendant un consensus, quelle est la situation des femmes qui subissent ce problème ? Dans le prochain numéro, nous allons nous intéresser à ces dernières.

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