Les filles de ménage, vulgairement appelé “bonne”, aident des femmes au foyer trop absorbées par leurs activités professionnelles en s’occupant de certaines tâches ménagères. Mais elles connaissent parfois des parcours jalonnés d’embûches dans le cadre de leurs activités de survie.

Âgée de 20 ans, Monique travaille dans une famille à Paris- Congo dans le 7e arrondissement depuis deux ans. Habitant le quartier Walia, elle ne rentre à son domicile que les week-end. Rencontrée à son lieu de travail, elle nous raconte son quotidien.

“Je suis arrivée à N’Djamena grâce à une grande sœur qui était ici depuis plus de trois ans. Elle travaillait dans cette maison avant de me passer la main, car elle devait se marier. Nos activités quotidiennes sont pour la plupart des tâches ménagères, nous travaillons de 6 heures à 17 heures”, souligne-t-elle.

Comme d’autres activités, les femmes de ménage rencontrent plusieurs difficultés dans leurs tâches. Le retard dans le paiement de salaire, le mépris, les intimidations et violences, etc. “Personnellement, je suis payée 25 000 f CFA par mois. Cela me permet de joindre les deux bouts et envoyer une partie au village”, fait savoir Monique.

Mélanie, une autre femme de ménage affirme être victime plusieurs fois de chantage de sa patronne. “Un jour, la dame chez qui je travaillais m’a faussement accusé de vol d’un téléphone portable. J’ai été séquestrée pendant plusieurs jours avant d’être renvoyée avec deux mois d’arriérés de salaire. Il y a des dames qui nous imposent de dormir au lieu de travail et de rentrer les week-end. dans ce cas, nous travaillons nuit et jour”, explique Mélanie.

Naïves, sans repère, ces filles de ménage sont exposées à plusieurs dangers. La plupart travaillent sans un contrat formel avec un salaire dérisoire. Pourtant, elles exécutent même des tâches pour lesquelles elles ne sont pas engagées.

“Il n’y a pas d’intermédiaire, nous discutons directement de nos salaires avec nos patronnes. Dans la famille où je travaille, je suis traitée comme la fille biologique de ma patronne. Des surplus sur mon salaire, j’en ai reçus, et même divers cadeaux. Le véritable problème, c’est avec les filles de ma patronne qui me rendent la vie difficile”, explique Zenab embauchée pour travailler dans un restaurant.