Ils sont nombreux ces jeunes qui mettent en pratique leur savoir dans différents domaines, dont la réparation des téléphones, pour joindre les deux bouts. Cette activité emballe de plus en plus les jeunes sur les marchés de N’Djamena.

Au marché d’Abena, situé dans le 7eme arrondissement de la ville, la réparation de téléphones est un gagne-pain pour beaucoup de jeunes. À l’entrée Nord-ouest dudit marché, ils sont nombreux à venir de divers horizons pour trouver de quoi à mettre sous la dent. Facile de les repérer grâce aux téléphones en panne posés sur des tables.

Parmi ces jeunes, se trouve Dionadji Paul, âgé de 28 ans et titulaire d’une maitrise en maintenance automobile option mécanique. « J’ai fait la maintenance en automobile précisément la mécanique pendant 3 ans à Moundou. Après mon diplôme j’ai fait un stage de deux ans. Ensuite j’ai travaillé avec les chinois durant 7 mois. Vu que ce travail ne paye pas bien j’ai décidé de rester au marché réparer les téléphones ».

C’est en classe de troisième que Dionadji Paul a commencé à s’intéresser à la technique. C’est ainsi qu’après son BEF (Brevet d’Étude Fondamentale), par un concours, il intègre l’école de formation en maintenance automobile. À part le téléphone, il répare aussi d’autre appareils électroniques tels que la radio, le casque et autres. « Quand on est technicien, on doit toucher à tout », a-t-il indiqué.

Selon Dionadji, avec ce travail, il joint normalement les deux bouts. « C’est le marché, on ne peut pas avoir une même recette tous les jours. Les jours où tout va bien, tu peux avoir les 10.000 F, 20.000 F. Dans notre travail de réparateur, quand tu fais un bon travail, tu as de plus en plus de clients qui viennent chez toi. Mais quand tu n’es pas droit dans ce que tu fais tu perds tes clients. La réparation de téléphone m’aide plus que mon travail d’avant ».

Cependant dans ce métier, les prises de bec avec les clients ne manquent pas. « Certains clients ne sont pas honnêtes. Il te dit j’ai un problème avec mon téléphone, ça ne s’allume pas. Lors de la réparation tu découvre autre problème, ce dernier vient t’accuser d’avoir changé les pièces de son téléphone ».

« J’appelle tous mes frères qui sont encore au quartier sans travail de se joindre à nous. Réparer les téléphones est un travail noble comme tout autre », lance-t-il.