Société : le “sipkha”, un produit de beauté aux pratiques risquées

Société : le “sipkha”, un produit de beauté aux pratiques risquées

Le tatouage éphémère est une réalité en Afrique et entre dans les mœurs des Tchadiennes. Activité génératrice de revenu et produit esthétique, le tatouage au “sipkha” a des conséquences néfastes sur la peau.

« Ma sœur,  il nous reste encore combien de temps pour finir », se renseigne Zenaba Brahim, l’une des clientes de H.Sadié. Assise sur une natte, Halimé Sadié, une dessinatrice, a les yeux fixés sur les pieds de sa cliente. Étant courbé, encre en main, devant elle une femme et un bon nombre de dames qui sont en attente, sous la véranda pour se faire tatouer. Venues de divers quartiers, ces femmes se tuent durant deux heures ou plus, pour « se rendre belle ».

Pour Halimé Sadié, le tatouage est sa seule source de revenu. “Le dessin est un don du ciel”, dit-elle fièrement. La vingtaine révolue a commencé à dessiner à l’âge de 12 ans. Et aujourd’hui, elle est devenue une professionnelle. Elle reçoit en moyenne 6 à 7 femmes par jour. Le temps d’application du Sipkha varie de 40 minutes à 2h du temps environ.

Devenu une mode dans la société tchadienne, le sipkha est de nos jours plus utilisé lors des cérémonies festives. Une habitude qui prend de l’ampleur et aux conséquences diverses

Quel impact sur la santé ?

Pour Dr Djekoundade Antoinette, dermatologue de son état, l’application des produits pour le tatouage a des conséquences sur la santé. Il est à noter que ses conséquences sont entre autres les brûlures sur la peau, les infections ou une réaction allergique. En poursuivant, elle ajoute qu’il y a un risque du cancer de l’épiderme. Selon elle, son service de dermatologie enregistre souvent les cas des réactions allergiques dues au tatouage.

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tatouage/ph:MMO

La majorité de celles qui l’appliquent sont conscientes de ses risques. Comme Maguira, une cliente rencontrée chez Halimé Sadié qui partage son savoir:

” J’applique le sipkha depuis mon bas-âge, c’est dans nos coutumes. Mais maintenant je sais ce qu’il peut causer, tout de même je continue à le faire. Dans mes habitudes, c’est déjà un élément phare de beauté et je ne peux m’en empêcher”.

Pour la dessinatrice H.Sadié, elle n’est pas épargnée des risques liés à l’utilisation de ce produit. “Nous sommes plus  exposées au cancer du poumon. Et aussi des problèmes de vision, le contact permanent avec le sipkha est néfaste. J’étais tombé malade et le médecin avait également soulevé cette question. Je continue tout de même à le faire, puisque je m’en sors très bien avec ça”.

Fait à l’encre délébile (couramment dénommé sipkha), le tatouage est varié dans sa forme et de fois dans sa manifestation. Ces produits sont appliqués sur les pieds ou les paumes de mains, ou soit les deux à la fois. Les formes de figures les plus illustrées sur le corps sont les éléments de la nature.

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