mercredi 26 janvier 2022

santé: colopathies fonctionnelles ou syndrome du côlon irritable

Qu’est-ce qu’une colopathie fonctionnelle ?

La colopathie fonctionnelle ou “côlon irritable”, auparavant appelée “colopathie spasmodique”, est une maladie intestinale chronique. Elle est très fréquente et provoque des ballonnements, douleurs abdominales, des diarrhées ou une constipation. Elle s’accompagne souvent d’autres signes tels que des maux de tête, une fatigue, des douleurs diffuses, etc. Elle touche environ un Français sur quatre. Les plus affectés sont les femmes et les sujets présentant un état anxieux. Cette maladie, bien que bénigne, peut affecter notablement la qualité de vie.

“La colopathie fonctionnelle est définie par les critères de Rome IV comme une “douleur abdominale chronique, au moins un jour par semaine durant les trois derniers mois”. Pour caractériser la colopathie fonctionnelle, la douleur doit être associée avec au moins deux des signes suivants :

• soulagement lors l’émission de selles

• changement dans la forme et la consistance des selles

• modification de la fréquence des selles

Colopathie chronique

Les colopathies sont dites chroniques lorsqu’elles évoluent depuis plus de 6 mois. Leur traitement varie selon leur origine mais s’appuie avant tout sur l’hygiène de vie et l’équilibre alimentaire.

Les signes de la colopathie fonctionnelle La maladie commence en général entre 30 et 50 ans et touche plus de femmes que d’hommes. Elle peut se manifester par :

• Des douleurs abdominales chroniques, variables dans le temps et leur localisation, améliorées en période de repos (physique et psychique) et s’aggravant lors des périodes de surmenage et de soucis ;

• Une satiété précoce ;

• Une asthénie physique et intellectuelle ;

• Des troubles vasomoteurs cutanés ;

• Des palpitations ;

• douleurs importantes qui peuvent irradier dans le dos ou la racine des cuisse,

• dyspepsie (douleurs et malaise dans la région supérieure de l’abdomen),

• brûlures d’estomac, crampes, ballonnements, et perte de poids inexpliquée

• migraine, insomnie, fatigue, crises d’angoisses et des états d’anxiété,

• des douleurs de type spasmodiques, c’est à dire ressemblant à des resserrements du côlon dont le siège se situe sur le trajet du côlon,

• trouble du transit intestinal s’accompagnant de constipation, de diarrhée ou par alternance des deux.

• cystites interstitielles et douleurs pendant les rapports sexuels

• fibromyalgie

Deux sortes de colopathies fonctionnelles

Avec constipation

Les gastro-entérologues distinguent plusieurs sortes de constipation chez les malades colopathes :

• La constipation d’évacuation (dyschésie) s’observe surtout chez le patient âgé. Elle est due à la perte du réflexe exonérateur : le rectum est plein de matières fécales mais le patient ne ressent pas le besoin d’aller à la selle. Le toucher rectal trouve une ampoule rectale pleine de matières fécales. Un fécalome est souvent découvert dont l’extraction s’impose ;

• La constipation atonique est due à une diminution de la motricité et de la tonicité du côlon. Elle se voit surtout chez le sujet âgé. Les images au lavement baryté sont typiques ;

• La constipation spasmodique s’observe chez des sujets très anxieux, hyperémotifs. D’autres troubles fonctionnels sont associés : céphalées, palpitations, dyspepsie etc…

Cette colopathie spasmodique (côlon irritable) est douloureuse surtout au niveau du côlon gauche qui est palpable et sensible (cordon colique). Paradoxalement, le patient consulte souvent pour une diarrhée. En réalité, il s’agit d’une fausse diarrhée due à l’abondance du mucus dans les selles. Le lavement baryté est de réalisation difficile chez ces patients.

L’évolution est particulière avec des poussées de constipation et de douleurs coliques contemporaines de stress socio-professionnels ou familiaux. Le principal risque est l’abus des laxatifs irritants.

• La maladie des laxatifs résulte de l’emploi de laxatifs irritants au long cours. Elle associe des troubles psychologiques, des désordres digestifs et des troubles métaboliques. Les laxatifs en cause sont très nombreux (bourdaine, séné, phénolphtaléine, etc…).

Le terrain psychologique des patients est assez stéréotypé. Il s’agit souvent d’une femme souffrant de constipation fonctionnelle, angoissée par son transit intestinal et dépendante de la prise de laxatifs qu’il est parfois difficile de retrouver à l’interrogatoire, la malade ne les mentionnant pas ou niant même leur absorption.

Les troubles digestifs sont d’importance variable : constipation devenant douloureuse, ballonnement abdominal, augmentation consécutive des doses de laxatifs. Les selles deviennent ensuite poisseuses, liquides réalisant une fausse diarrhée. Puis se trouve réalisée une inflammation du côlon et de l’intestin grêle (iléocolite) avec fausse diarrhée provoquant des troubles métaboliques importants. Le lavement baryté montre en général des images typiques. La rectosigmoïdoscopie est parfois utile.

Les troubles métaboliques sont l’hypokaliémie (baisse du potassium sanguin) responsable d’asthénie musculaire, de crampes, de majoration de la constipation, de signes cardiaques électriques (ECG) et parfois de troubles rénaux. Une alcalose métabolique avec hypocalcémie et hypochlorémie est habituelle (tétanie). Le traitement repose sur l’arrêt de la prise des laxatifs et la rééquilibration hydro-électrolytique. Le traitement de la constipation est bien entendu entrepris en même temps.

Un soutien psychologique est souvent nécessaire.

  • Les colopathies avec fausse diarrhée : les selles sont molles ou liquides, émises une ou plusieurs fois par jour avec souvent et parfois une envie urgente d’exonération. En réalité, elles sont dues à une hypersécrétion muqueuse réactionnelle qui entraîne une fragmentation et une ré-dissolution des selles primitivement dures. La notion d’une longue période de constipation précédant la diarrhée, la découverte de fragments durs dans les selles, l’examen des selles permettent le diagnostic. Ces fausses diarrhées sont des constipations mal tolérées par le côlon.
Avec diarrhée

Elles réalisent une accélération du transit colique avec diminution de la réabsorption de l’eau et une hypersécrétion réactionnelle. On aboutit ainsi à l’émission trop fréquente de selles trop abondantes pâteuses ou liquides. Seul l’examen coprologique (examen des selles) permet d’affirmer la diarrhée.

On distingue :

  • Les diarrhées motrices pures, souvent intermittentes, déclenchées par le froid, les boissons glacées, mais aussi les émotions (avant de passer un examen par exemple). La diarrhée est violente mais dure moins de 24 heures. Parfois, la diarrhée est plus continue mais très bien supportée, évoluant par périodes plus ou moins longues, aggravée par les conflits et le surmenage.
  • Les diarrhées de fermentation avec selles molles, grumeleuses, acides, d’odeur aigrelette, source de brûlures anales.
  • Les diarrhées de putréfaction avec selles homogènes, nauséabondes et alcalines. Il existe une grande quantité d’ammoniac dans les selles. Les putréfactions peuvent s’observer dans les colites segmentaires et les tumeurs.

Traitement de la colopathie fonctionnelle

Le traitement des colopathies est difficile. Il repose sur :

  • Une bonne hygiène de vie ;
  • La psychothérapie ;
  • L’association de médicaments antispasmodiques musculotropes et d’ anxiolytiques est possible ;
  • En cas de constipation ou de fausse diarrhée : laxatifs non irritants en alternant huile de paraffine mucilages et laxatifs osmotiques ;
  • En cas de diarrhée motrice : traitement de la dystonie neurovégétative
  • En cas de diarrhée de fermentation : diminution des féculents et de l’amidon, enzymes digestives…
  • En cas de diarrhée de putréfaction : suppression des abats, du gibier, de la charcuterie, des viandes et des poissons fumés…
  • En cas de douleurs et de ballonnements : pansements coliques à base d’argile, charbon activé …
  • Les lactobacilles peuvent être utiles.
  • Cures thermales 
Traitement naturel

Des techniques alternatives comme l’hypnose ont également pu montrer de l’efficacité dans la diminution de la douleur. D’autres en revanche, comme l’acupuncture ou la phythotérapie (plantes), n’ont montré aucune efficacité.

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