La population d’Amtiman, chef-lieu de la province du Salamat, a subi les frasques de la saison des pluies avec les inondations qui ont emporté le pont Goz-Mabilé situé à 5 kilomètres à l’entrée de la ville. Depuis lors, c’est un pont fait à la main qui facilite l’entrée et la sortie des engins devant se rendre à Amtiman ou à Mongo.

Parcourir une distance de 266 kilomètres entre Amtiman et Mongo (Guéra) est un vrai parcours du combattant pour les conducteurs des engins. L’état de la route en est la cause principale. Maximum 7 heures de conduite. A cela s’ajoute un autre calvaire à l’entrée d’Amtiman, l’impraticabilité du pont de Goz-Mabilé, effondré lors de la dernière saison pluvieuse.

Pour faciliter l’entrée des engins dans la ville, les opérateurs économiques de la province du Salamat et la représentation de la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture et d’artisanat (CCIAMA) ont fait construire un pont de fortune, à la main. Cette infrastructure risque de s’écrouler à son tour si l’on enregistre les premières gouttes de pluie, vu les poids des gros porteurs qui l’empruntent. La traversée de ce pont est le moment le plus stressant des conducteurs qui empruntent cette voie. Ils ne manquent pas de prier, d’implorer le Bon Dieu. Car, pas plus tard que la semaine passée, un véhicule de transport des marchandises s’est renversé sur le pont, rendant la circulation très difficile.

Cette situation répercute énormément sur les activités économiques surtout la flambée des prix qui perdure dans les marchés dans la ville ainsi que ses environs. À moins de deux (2) mois de la saison des pluies où les gouttes d’eau tomberont, rien n’est fait pour la construction de Goz-Mabilé. Pourtant le dévelopement passe par les infrastructures routières.

Faut il le rappeler, à maintes reprises, le gouvernement a promis et posé des pierres de construction d’un pont sur le fleuve Bahr-Azoum et la voie qui relie la province du Salamat aux autres villes du Tchad. Cependant, sur le terrain rien de concret, maintenant la province dans l’enclavement pendant la saison des pluies. Si rien n’est entrepris dans les soixantaines de jours qui restent, la population du Salamat vivra une saison désastreuse et sans précédent. À l’heure où nous mettons en ligne cet article, plusieurs difficultés sont déjà à relever : la difficulté d’évacuer les malades vers les centres de santé et vers les grands hôpitaux (Abéché, Mongo, N’Djamena…), la difficulté de transporter les marchandises ; l’augmentation des prix inquiète les commerçants et les habitants.

La province du Salamat est considérée comme le grenier du Tchad. Elle mérite d’avoir des infrastructures routières pour pouvoir ravitailler d’autres provinces.

Djimotoum Bongtoloum, correspondant à Amtiman