jeudi 9 février 2023

Revue de presse : Doha s’éternise

Le scandale des détournements à la Société des hydrocarbures du Tchad secoue le pays. Mais les journaux tchadiens, des périodiques dans leur grande majorité, qui ont paru avant le déclenchement de ce scandale ont surtout consacré leurs colonnes au pré-dialogue de Doha entre le gouvernement et les groupes armés, ouvert depuis trois mois et demi.

Prévu initialement pour deux semaines, le pré-dialogue entre le gouvernement tchadien et les politico-militaires s’étire sans cesse à Doha au Qatar.

« Ça coince à Doha », écrit Le Pays. Ce canard informe que la synthèse des revendications des rebelles et des propositions du gouvernement, proposée par le médiateur qatari et qui devrait servir de base de discussion, a été rejetée par les deux parties, « les plus sévères la trouvant carrément ‟hors sujet”. « Le contenu et les termes utilisés sont trop flous et pourraient porter des germes de conflits », rapporte le journal de Madjiasra Nako.

Flou, c’est aussi le terme repris par L’Observateur. « C’est le flou total à Doha ! », placarde-t-il à sa Une. Il craint que ce pré-dialogue ne finisse en queue de poisson. Car, « Les deux camps s’accusent mutuellement de faire traîner les choses, sinon saboter les négociations ».

L’hebdomadaire Déclic explique la lenteur dans les négociations par le fait que « Les rebelles substituent le pré-dialogue au dialogue ». En effet, indique-t-il, les groupes politico-militaires s’accrochent toujours à des décisions devant relever plutôt du Dialogue national inclusif (DNI) à venir, à N’Djamena. Il cite notamment l’exigence de la non éligibilité des dirigeants actuels aux élections post-transition, la révision du Comité d’organisation du DNI et de ses règles, l’intégration de leurs dirigeants et de la société civile et de l’opposition démocratique dans le Conseil militaire de transition (CMT), la libération, sans condition, des prisonniers politiques. Déclic qui souligne que seul la nécessité d’un cessez-le-feu est partagée par les deux parties, déplore qu’à cette allure, c’est le dialogue national inclusif qui doit toujours attendre, « l’avenir du Tchad avec ».

C’est dans ces conditions que les groupes armés ont porté des griefs contre le gouvernement. Le Progrès du lundi 20 juin, rapporte que les politico-militaires ont accusé la délégation gouvernementale d’ « agissements » visant à perturber les négociations par des actions de « harcèlements et d’intimidations, des provocations et tentatives d’agressions en vue de créer des incidents physiques ». Des comportements qui ont fini, selon les rebelles, par instaurer un climat « délétère impropre » à la poursuite des négociations dans la sérénité et à « troubler la quiétude des médiateurs ».

Une sortie qui n’a pas laissé de marbre le gouvernement. En réaction, rapporte le Progrès du mardi 21 juin, le ministre des Affaires étrangères, Chérif Mahamat Zène, qui préside le Comité spécial de négociation avec les politico-militaires, a qualifié « des sorties inopportunes ». Le ministre qui parle de « désinformation et de manipulation insidieuse de l’opinion » trouve qu’il est « inadmissible » d’accuser la délégation gouvernementale, qui, assure-t-il, a « cette volonté constante de rechercher une paix globale et définitive à travers le dialogue national inclusif, plusieurs fois reporté à cause du pré-dialogue de Doha ».

Ces micmacs amènent L’Opinion à parler de « Cachoteries à Doha ». Pour l’éditorialiste de ce journal, dans cette « cacophonie », le Tchadien a de la peine à comprendre de qui des deux est dans la vérité. Il estime qu’à travers ces deux réactions, il y a « manifestement une mauvaise volonté de part et d’autre pour faire avancer les négociations ».

N’Djamena Hebdo en vient à conclure carrément que « Le salut ne viendra pas de Doha ». En effet, il invite ceux qui croyaient que leur salut viendra de Doha à se rappeler de Kano (ndlr : ville du nord du Nigeria où deux accords ont été signés entre les différentes tendances tchadiennes en 1979) et autres. Pour N’Djamena Hebdo, Doha était programmé pour échouer à cause des nombreux retards à l’allumage, de la mise à l’écart de l’ancien président Goukouni Weddeye « qui voulait des pourparlers sincères », de la « cacophonie » au sein des groupes rebelles mais surtout, du fait que « la junte au pouvoir n’a qu’une seule visée : perpétuer le règne chaotique des Déby pour plusieurs autres décennies ».

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