En restructurant les unités administratives le 4 juillet, le gouvernement a augmenté le nombre des départements et opéré quelques changements. Pr Ahmat Mahamat Hassan, analyste politique, y voit un réaménagement à visée politique qu’un simple encadrement technique.

En 6 ans, le Tchad est passé de 95 à 120 départements. Des nouveaux départements ont donc vu le jour comme le Mandoul Central, dans la province du Mandoul ; Tiné, dans le Wadi-Fira. La Moula, un département anciennement du ressort de la province du Mandoul, est désormais rattaché à la province du Moyen-Chari.

A quelques mois de l’organisation des élections législatives, sénatoriales et locales, prévues avant la fin de l’année 2024, l’analyste politique, Ahmat Mahamat Hassan, estime que ce réaménagement est avant tout un choix politique. “Les raisons sont d’abord politiques avant d’être d’encadrement et d’aménagement du territoire. C’est une question de représentation politique, de la gestion des groupes et l’affirmation des identités des groupes ethniques, claniques qui composent le Tchad dans sa diversité’’, explique-t-il.

Depuis l’indépendance le 11 août 1960, Ahmat Mahamat Hassan souligne que l’administration du territoire a toujours été politiquement influencé. Il relève l’éclatement des provinces comme le Ouaddaï, le Kanem ou l’association des groupes ethniques dans une même circonscription pour souvent fragiliser ou mettre en minorité ceux qui sont hostiles au pouvoir.

De neuf préfectures, détaille l’analyste politique, l’on est arrivé à 11, 14 pour aujourd’hui compter 23 provinces. “Il n’y a jamais eu de découpage administratif sans un fond réel d’option politique’’, insiste-t-il.