Alors que la digue en rénovation dans le 9e arrondissement de N’Djaména n’est pas encore réceptionnée, des habitants expriment leurs inquiétudes quant à sa qualité.

Des fissures par endroit, laissant des habitants dans le doute et la peur en cette saison pluvieuse. Bien qu’élevée, la digue dont la réception ne devrait tarder, ne rassure pas pour autant les habitants du 9e arrondissement. « On se demande si les autorités croient en ce qu’elles disent », s’interroge Dounia, au sujet de cet ouvrage qui aurait, selon le ministre de l’Aménagement du territoire, une durée de vie de 50 ans.

Riverain de la digue, Jean, constate un ouvrage qui montre ses failles lorsqu’il y a des grosses pluies. « Lorsqu’il a plu le 28 juin, on a vu dans certaines parties la terre composant la digue couler », regrette-t-il.

Longue de près de 30 kilomètres, la digue devrait être rénovée au bout de trois mois ; les travaux étant lancé le 29 mai 2023. Un an après, les travaux de finalisation se poursuivent.

Minnamou Djobsou Ezéchiel, chargé de communication de l’association Jeunesse active du 9e arrondissement, très présente sur le terrain pendant les inondations de 2022, est critique de la manière dont les travaux s’effectuent. « Dès le début, nous avions décrié la manière avec laquelle les travaux étaient conduits. Nous avons alerté sur la qualité des matériaux et les normes qui n’étaient pas respectées notamment au niveau de la fondation. Nous avons pris attache avec des ingénieurs qui ont montré que cette infrastructure ne sera pas durable. Ils ont lancé les travaux en saison pluvieuse. Il a été démontré qu’on ne peut pas lancer des travaux de compactage du sable pendant cette période. C’est un travail bâclé qui se fait. Il faut le reprendre », propose-t-il.

Soulignant que cette digue est construite en matériaux non durables, Minnamou Djobsou Ezéchiel, interpelle une fois de plus le gouvernement. « Les autorités feraient mieux de dépenser pour des infrastructures durables que de revenir chaque 5 ou 10 ans sur des mêmes infrastructures », lance-t-il, rappelant que les travaux de rénovation de la digue ont coûté officiellement 22 milliards.

De son côté, le Comité de suivi et de protection des infrastructures du 9e arrondissement (COSPI), se montre moins alarmiste. Comme les travaux n’ont pas encore pris fin, son vice-président, Assia Boum Blagué, se garde d’une quelconque appréciation. « Au niveau de la digue en construction, beaucoup reste à faire. Toutefois, les travaux ne sont pas encore finis donc nous ne pouvons pas encore donner notre appréciation. Des efforts sont en train d’être faits. Il faut que les autorités prennent toutes leurs responsabilités pour finaliser ce chantier ».