mardi 6 décembre 2022

Récurrence des accidents de la voie publique : à qui la faute ?

La collision entre deux bus sur l’axe Oumhadjer-Mangalmé dans la nuit du 27-28 février relance le débat sur l’état de nos routes mais également le comportement des chauffeurs.

Les accidents sont-ils causés par le mauvais état de la route ? Les panneaux de signalisation sont-ils respectés ? Le comportement des chauffeurs et l’excès de vitesse ne sont pas pour quelque chose ? Les véhicules de transport sont-ils en bon état ?  Autant de questions que se posent les Tchadiens depuis le drame survenu sur la route Oum-Hadjer-Mangalmé faisant 39 morts.

Il est vrai qu’aujourd’hui l’état de nos routes peut être considéré comme l’un des facteurs à l’origine des accidents. Certains axes qui desservent l’intérieur du pays sont fortement dégradés. D’autres non bitumés. Aujourd’hui pour parcourir N’Djamena/Guelendeng, long de 150 kilomètres, il vous faut 5 heures d’horloge. Sur cette route fortement dégradée, les chauffeurs de véhicules de transport se frayent chacun son chemin. Des gros porteurs sont ceux dont l’état des routes leur font connaître souvent d’accidents. Récemment, un gros porteur est tombé sur le pont de Manda à cause d’un creux à l’entrée du pont.

Même si l’état des routes est l’une des causes des accidents de la voie publique, la conduite des chauffeurs représente, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 80% des causes. Au Tchad, le non-respect du code de la route n’est un secret pour personne. Il suffit de voyager à travers le pays pour se rendre à l’évidence. Assez de griefs sont à reprocher aux chauffeurs.

D’abord, ils conduisent le plus souvent sans respecter le code de la route (non-respect des panneaux de signalisation). Ensuite, ils aiment rouler à tombeau ouvert (excès de vitesse) sur des routes étroites, dégradées. Puis ils adoptent des comportements à risque (téléphoner pendant des heures au volant, bavarder avec son convoyeur). Enfin, certains chauffeurs, pour vaincre la fatigue, prennent des produits dopants. Dans la plupart des cas d’accident, les passagers accusent les chauffeurs d’en être à l’origine. Le cas de la collision des bus de l’agence Abou hamama sur l’axe Oum-Hadjer-Mangalmé en février 2022, l’un des chauffeurs dormait.

Il n’y a pas que les chauffeurs à qui il faut imputer la cause des accidents. Des policiers et des détenteurs des agences de transport ne sont pas en reste.

Les agents de la Police routière ont pour mission de veiller au respect du code de la route et de vérifier l’état des engins mis en circulation. Malheureusement, sur les routes nationales, on ne les trouve qu’à l’entrée des villes. En plus, ils ne contrôlent rien, si ce n’est que des papiers des véhicules (pas ceux des agences de voyage attitrées).

Les détenteurs des agences transport, pour faire fortune, font rouler des bus sans faire des révisions. On se souvient encore du bus de la STTL qui a pris feu en pleine circulation au mois de janvier 2022.

Ce que doivent faire l’Etat et les acteurs du secteur des transports

Pour éviter que de tels drames ne se reproduisent, l’Etat et les acteurs du secteur des transports doivent prendre leurs responsabilités et des mesures qui s’imposent pour que la rue ne tue plus les passagers.

L’Etat doit :

  • installer des appareils de surveillance dans des véhicules des agences de transport;
  • disposer des panneaux de signalisation tout au long des routes nationales ;
  • disposer des agents de la Police routière sur certains axes pour veiller au respect des panneaux de signalisation ;
  • doter les agents de la Police routière de certains appareils électroniques pour contrôler les chauffeurs (faire des tests pour savoir si le conducteur s’est dopé ou non);
  • mettre la rigueur dans la délivrance des permis de conduire ;
  • mettre en place un numéro vert pour permettre aux passagers de signaler tout excès de vitesse aux agents de la Police routière.

Les agences de voyages

  • faire la révision technique des véhicules avant tout départ ;
  • mettre deux chauffeurs sur de longues distances;
  • faire respecter le nombre de place dans le véhicule;

Les chauffeurs

  • respecter le code de la route et de la conduite;
  • avoir conscience qu’on a la charge de dizaines de vie;
  • avoir une conduite responsable.

La rue ne tue pas mais c’est nous qui tuons, dit une maxime.

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