A la découverte de : Kartsym, la nouvelle figure de l’humour tchadien

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Kartsym

Votre rubrique « A la découverte de… » vous présente l’humoriste Kartsym, à l’état civil Mbaïpou Dillapao Symphor.

A 31 ans, Kartsym est la figue montante de l’humour tchadien. Il se targue d’être l’un des premiers à contribuer à la promotion et la valorisation de l’humour tchadien de manière professionnelle au niveau national et international.

Kartsym commence le théâtre à Moundou, la capitale économique du Tchad au centre culturel Mawndowé Naindouba en 2008 avec la Troupe les « Initiés » dirigée par Complice Koingar.

Il s’intéressera rapidement au style d’humour quand il obtient son baccalauréat en 2010 et met le cap sur N’Djamena pour ses études supérieures.

Mais déjà en 2009, Kartsym a enregistré sa toute première comédie audio avec Dj Casimir, comédien et rappeur à l’époque. Mais l’enregistrement n’ira pas au-delà de la ville de Moundou.

En 2012, Mireille Kindi, une jeune dame que Kartsym a connu à Moundou le rencontre à N’Djamena et décide de le mettre en contact avec Gabin connu sous le nom de Jus D’Orange, arrangeur au studio Electron à l’époque pour le faire enregistrer 2 tracks de comédie intitulés « Multilinguisme » et « Nouvelle Constitution ».

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Le titre Multilinguisme qui passe en dérision les complexes des majorités ethniques du Tchad va connaitre un certain succès et mais créer une polémique autour de l’identité de l’artiste.

En 2013 alors que Kartsym est en 2ème année de l’université de Ndjamena, l’Union nationale des étudiants organise une compétition artistique lors de laquelle il décroche le prix du meilleur comédien de l’Université de Ndjamena avec Hadre Dounia, un des comédiens emblématiques du Tchad à la Présidence du Jury. La même année, les sollicitations s’enchaînaient.

Kartsym sera alors invité en mai à faire une prestation au Banquet de la 35ème session ordinaire du CAMES (Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur) à l’Hôtel Kempinsky de Ndjamena à l’époque

En décembre 2014 au stade Idriss Mamat Ouya à la fête de la démocratie, Kartsym sera sollicité pour sa première plus grande scène publique avec la présence de plus de 2000 personnes.

La prestation de Kartsym fait sensation et Vox Africa le récupère pour un numéro de l’émission Afro Buzz.

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Les sollicitations de Kartsym continuent jusqu’en 2016 où il est contacté pour participer à la 2ème saison du «  PARLEMENT DU RIRE », le célèbre programme d’humour du bouquet CANAL+.

Il va continuer à jouer dans les saisons 3 et 7 du PARLEMENT DU RIRE.

La participation de Kartsym au PARLEMENT DU RIRE sera la première participation du Tchad. L’artiste assure qu’à ce jour, il reste le seul tchadien avec le plus grand nombre de participation à cette émission.

En octobre 2018, Kartsym sera sollicité pour participer au festival TUSEO au Congo Brazza ainsi qu’au FIRHO au Burkina.

Janvier 2019, Kartsym sera invité au Niger pour participer aux festivals « BONJOUR NIAMEY et RIRE A NIAMEY où il va rentrer dans son pays avec le premier trophée d’honneur de sa carrière à l’international.

Novembre 2019 et mars 2020, Kartsym a participé consécutivement aux  festivals « NGUIA TI KODRO » et « BANGUI RIRE » en Centrafrique où il va former une trentaine de jeunes avec l’Association « ASSOUNGBA SYSTEME » et l’Ong « ESPACE LINGA TERE ».

En 2015, Kartsym, est contacté par Aché Coelo, consultante à l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance) à l’époque pour monter et coordonner le festival MOUTTA BE DIHIK.

C’est alors que Kartsym va aller découvrir le « N’Djamena Comédie Club » créé par Valery Ndongo et l’Institut français quelques années plutôt.

La rencontre avec le N’Djamena Comédie Club va lui permettre de faire la connaissance de Samandare Banda, Colonel Dinar, Ramada, Alhadj Tawa »     et bien d’autres.

Il décide alors de former le MBD (MOUTTA BE DIHIK) de Aché Coelo avec les membres du N’Djamena Comédie  Club.

Ce fût un succès avec Fakhri Khalid, Comédien soudanais qui était l’invité du festival à l’époque.

Très contente du succès, Aché Coelo va confier la 2ème édition à Kartsym avec Gohou Michel comme invité.

Le succès de la 2ème édition va propulser le MBD qui va faire parler de lui au niveau national et international

La collaboration de Kartsym et Aché Coelo va prendre du coup à ce moment. Elle va composer la 3ème édition avec Kartsym.

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L’influence de Kartsym dans l’humour tchadien va plus loin.

En 2017, il se lance dans une quête de statut de l’humour au Tchad quand il va produire en février son premier ONE-MAN-SHOW à l’Institut Français du Tchad. Le spectacle sera reproduit en DVD et vendu en 2000 exemplaire en juin de la même année. C’était le tout premier contenu formel de stand up tchadien vendu sur le marché.

En 2018, Kartsym va initier et entretenir avec le Restaurant Selesao le « KARKAJI KOMEDY SHOW », une plateforme d’humour avec beaucoup d’artistes humoristes du Tchad.

Toujours en 2018, il organise « la FOIRE INTERNATIONALE DU RIRE », un festival qui va devenir en 2019 le plus grand festival d’humour institutionnel au Tchad.

En 2 éditions, la foire internationale a accueilli, MAMANE LE PRESIDENT DU GONDWANA, BOUKARY et les ZINZINS de la Côte d’Ivoire, MANITOU et YANN KOKO du Gabon, ROSE DIGITAL du Congo, et une dizaine des humoristes du Tchad. La foire internationale du rire va former en 2019, 15 jeunes de différentes corporation artistiques en « ART ET GESTION DE CARRIERE ».

Aujourd’hui le plus grand rêve de Kartsym est d’inscrire son festival dans le patrimoine culturel tchadien.

Désormais KARTSYM se lance aussi dans le cinéma et espère conquérir les grands plateaux. Il fonde en 2020 sa société TOUMAI FOX MOVIES, une entreprise de production audiovisuelle. Il annonce la sortie de sa première web série pour décembre 2022. Intitulée « NDJAMENA » qui est une série de 40 épisodes et qui allie humour, aventure et action avec une compétence complètement nouvelle.

Interrogé au sujet de sa motivation, il indique que c’est « La passion, le goût de la liberté et du voyage intellectuel par l’art et surtout sa sociabilité ».

Licencié en journalisme et communication, il souligna toutefois qu’il n’a pas classé sa formation. « Je l’utilise à des fins de l’humour. Aujourd’hui je suis entrepreneur culturel. Promoteur de festival et producteur parce que j’ai une entreprise de production », se défend-il.

Kartsym dit vivre de son art.

Au registre des difficultés, il avance les difficultés « administratives et surtout d’autonomisation suffisante ».

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