Tchad : un jeune urbaniste propose des solutions pour pallier à l’inondation

Tchad : un jeune urbaniste propose des solutions pour pallier à l’inondation

URBANISATION- Face au déluge que connaissent certains quartiers de la capitale Tchadienne suite aux pluies diluviennes, Tchadinfos s’est entretenu avec Noubayamal Djiadita Eloge, un jeune urbaniste. Il propose quelques solutions au gouvernement pour pallier à l’inondation.

Né le 14 février 1993 à N’Djamena, Noubayamal Djiadita Éloge est titulaire d’un master à l’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme de Lomé. Major de sa promotion, le jeune urbaniste travaille comme chargé de projets dans une structure d’architecture et d’urbanisme à Ouagadougou, dans la capitale burkinabè.

Face à cette situation d’urgence, vous proposez l’évacuation des eaux de pluie par la mise en place des stations de motopompes. Cette solution est-elle réalisable ?

Elle est possible. On peut installer des motopompes à des coins stratégiques et évacuer les eaux du quartier vers les fleuves, comme les fleuves n’ont pas encore atteint la phase de crue. On peut également les évacuer vers les exutoires hors de la ville de N’Djamena.

A mon avis, c’est l’occasion de solliciter les responsabilités sociales des grandes entreprises de BTP et celles des établissements de commerce d’aider matériellement les communes à réaliser cette action urgente et efficace pour sauver les vies et la ville de N’Djamena des eaux. Il s’agit simplement de mettre à la disposition des municipalités des engins et motopompes leur permettant d’évacuer les eaux.

Pensez vous que le curage des caniveaux et canaux d’acheminement des eaux est vraiment nécessaire ?

Les caniveaux et les canaux sont conçus et dimensionnés suite aux études hydrauliques et hydrogéologiques. Et lorsque ces ouvrages existants sont bouchés par la terre, les déchets solides et autres débris, l’eau ne peut plus couler normalement. Donc c’est vraiment nécessaire de les curer et de les rendre fonctionnels.

On constate que certains quartiers sont logés plutôt dans les bas-fonds et étangs. Le réaménagement de ces espaces est réalisable ?

Tout site est urbanisable pourvu que cela soit fait par des professionnels et aussi qu’on mette les moyens à leurs dispositions. Il y aura dans un premier temps une analyse de l’état des lieux, des diagnostics et partant de là, les solutions concrètes seront dégagées. Par exemple, si on veut faire une réhabilitation de ces quartiers, les études préalables et les analyses urbaines, nous permettront de définir le type d’opération à réaliser : restructuration urbaine ou rénovation urbaine etc…

Toutefois, il se pourrait que ces quartiers soient situés dans les zones qualifiées de non-aedificandi. Dans ces zones, il y est formellement interdit d’y habiter. Donc exceptionnellement, les autorités pourront décider de recaser les ménages victimes des inondations, dans une zone où les constructions sont autorisées. Et les zones non aedificandi seront réaffectées pour d’autres usages comme un pôle agricole, etc..

Je vous confie en toute humilité que j’ai fait un travail de master 2 sur ces types de quartiers. Par la grâce de Dieu, cela m’a valu même le prix du Meilleur Travail Personnel de Fin d’Etude (Major de la promotion). J’ai travaillé sur le 9eme arrondissement de N’Djamena en master 2 et sur le 7eme arrondissement pour ma licence.

Vous avez proposé l’élévation des bordures des fleuves , pensez vous que c’est vraiment nécessaire ? On assiste plutôt à une inondation due à la forte pluviométrie et non au débordement du fleuve.

Oui je trouve que c’est nécessaire d’élever les bordures des fleuves mais pas pour l’immédiat. Je l’ai proposé à moyen terme car tôt ou tard nous arriverons à cette catastrophe si on ne prend pas déjà des précautions. L’élévation de ces bordures consiste à réaliser des digues pour la protection de la ville et la mise en valeur de sa façade fluviale. Ces aménagements serviront d’un côté à sécuriser les abords des fleuves et d’autre côté à créer des espaces de détentes, de promenades et de récréations déjà que la ville en manque.

C’est quoi le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme ? Quels sont ses prévalus ?

Un Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme est un document de planification qui fixe à moyen et long terme les orientations de l’aménagement de l’espace urbain. Il précise en particulier les choix d’usage du sol, la nature et le tracé des grands équipements d’infrastructures, la localisation des espaces destinés à l’urbanisation et de ceux à préserver (espace agricole, espace boisé etc…). Il définit également une première phase de réalisation, permettant de fixer les intentions à moyen terme dans une perspective des orientations à long terme.

Parlant de ses prévalus le SDAU oriente et planifie toutes les opérations d’urbanisme. Étant un document cadre, son contenu prend en compte les services de base donc celui d’assainissement urbain. Ce document permet de: définir les choix et les options d’aménagement; préciser des zones nouvelles d’urbanisation; fixer la destination des sols en localisant les différentes zones; déterminer les principes d’assainissement et précise sa mise en œuvre et les actions prioritaires à mener.

5 Commentaires

  1. Thinan Mirangaye
    23 août 2020 at 15 h 51 min Répondre

    Comme Mr Adam a dit, nous sommes dans une situation délicate à l’instant T donc merci à Éloge pour la proposition à court terme mais les réflexions doivent continuer pour une meilleure et durable solution. Je suis entrain de réfléchir comment mobiliser le financement pour les études en premier temps comme Éloge l’a évoqué.

  2. Mariambilal
    23 août 2020 at 22 h 49 min Répondre

    Bravo Noubayamal Djiadita Bomadjita Éloge,tes propositions sont idoine et adéquates espérant la réalisation a l’immediat a court terme ;et longue terme dans les années à venir pour éviter d’éventuels catastrophes

  3. NOUDJIGOTO NAMBE Ecclésiaste
    24 août 2020 at 13 h 03 min Répondre

    Les motopompes sont bonnes mais ce serait trop défense. Pour une bonne solution moi je propose les canalisations dans toute la ville de N’Djamena.

  4. Marie-Jeanne NOUDJILELEM
    25 août 2020 at 17 h 31 min Répondre

    Il est bien vrai qu’en coupant la racine on coupe l’arbre avec de fortes chances qu’il ne repousse. Pour autant, lorsque l’arbre gêne à l’instant T, il est judicieux de couper une branche pour faciliter par exemple la vue. De même, face à cette récurrence (l’inondation) devenue urgence, ne pas s’autoriser une proposition de remède à court terme revient à aller à labatoire en personne, bien mieux au cimetière même. Il convient donc de partir sur la base de ces propositions à court terme et suivre le terme en y annexant continuellement les moyen et long. Bravo Eloge.

    • Allaramadji Nenodji Axelle
      21 octobre 2020 at 9 h 49 min Répondre

      Bravo 🎊 j’espère que le Gouvernement ne mettra pas ces projets dans les placards comme d’habitude.
      Force à toi et dans tous tes projets pour le Tchad.

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