Tchad: « il n’y a pas des armes, mais la déchirure sociale persiste et celle-ci profite à certaines personnes», Dr Mahamat Foudda Djourab

L’Association des enfants de Toumaï pour le développement du Tchad ( ASET-DT) et le centre Al-Mouna ont organisé une conférence débat ce 29 août au sein dudit centre. C’est autour du thème ” Quel bilan pour qu’elles perspectives ?” en lien avec les 60 ans d’indépendance du Tchad.

Cinq panélistes à savoir Dr Arnaud Dingamadji, historien, Maître Clarisse Nomaye, juriste, Dr Mahamat Foudda Djourab, Socio-anthropologue, Brahim Mourthala, juriste, et Abakar Mahamat Djoufoune, président de l’ASET-DT ont tenu en haleine un public en majorité jeune, sur un sujet d’actualité.

D’entrée de jeu, Dr Arnaud DINGAMMADJI, fait succinctement un état des lieux du pays sur le plan politique, économique et social, avant et juste après l’indépendance. Pour l’historien, le Tchad a entamé son processus démocratique depuis 1946. Mais, poursuit-il, c’est en 1962 que tous les partis sont dissouts, faisant ainsi place au parti unique, puis, s’ensuivent des régimes dictatoriaux jusqu’en 1990. Il note également les interventions extérieures qui, selon lui, remettent en cause l’indépendance du pays.

Parlant de l’économie, Dr Arnaud constate que ce domaine est embryonnaire. Toutefois, la culture du coton était fortement pratiquée. Il informe que «  les recherches sur le pétrole ont commencé depuis 1952. Mais, c’est en 2003 seulement que l’exploitation a commencé. Une main extérieure est là cause de ce retard ».
S’agissant du social, Dr Arnaud DINGAMMADJI remarque qu’il est fortement dégradé par les troubles que le pays connait. « Déjà en 1959, après le renversement de Gabriel Lisette, il y’avait des velléités de la division du pays mais la France a dit non. En 1979, après la guerre civile, le sentiment ethnique et communautaire est plus fort que le sentiment national. Le tchadien est désormais considéré comme un homme violent. Mais, malgré ces péripéties, nous avons sauvé l’intégrité du pays », rappelle l’histoirien.

Pour Dr Mahamat FOUDDA DJOURAB, «  tout le parcours du Tchad est un processus normal de la construction, la déconstruction et la reconstruction d’un pays. Il n’est pas ahurissant de voir les gens ramasser les armes, cela fait partie de la dynamique sociale d’une entité ». Aujourd’hui, déplore, le Socio-anthropologue, «  il n’y a pas des armes mais la déchirure sociale persiste et celle-ci profite à certaines personnes. il faut appartenir à un parti pour profiter de certains privilèges. Cela n’est pas de nature à encourager l’unité nationale. N’ayons pas honte de dire ce que Dieu n’a pas créé ».

Pour sa part, Brahim Mourthalla s’interroge sur «  l’indépendance même du pays ». Pour lui, cette notion renvoie à la responsabilité et à l’autonomie du pays. Conditions que le doctorant en droit public pense que le Tchad ne remplit pas. Toutefois, souligne le juriste, le Tchad doit faire face à trois défis à savoir la création d’un véritable État de droit, d’une nation et relancer la machine socio-économique du pays.

Les panélistes et le public proposent entre autres à l’Etat de faire de l’école et de la santé ses piliers. Aussi, ils récommandent de construire une réelle conscience nationale, un système économique et judiciaire favorable aux investisseurs, favoriser l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes et faire régner la justice sociale.

NDALET POHOL-GAMO

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