Tchad: la décentralisation est en marche

N’DJAMENA, 3 septembre (Xinhua) — Une année après la mise en place des conseils municipaux et leurs organes exécutifs dans une quarantaine de communes, le gouvernement tchadien a entrepris une vaste campagne d’informations sur la décentralisation.

“Nous croyons important devoir informer l’opinion sur la vie de ces nouvelles entités qui ont fait leur apparition dans l’organisation administrative de notre pays”, déclare M. Yokabdjim Mandigui, ministre tchadien de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et des Libertés locales. Il a ainsi a choisi la presse écrite pour véhiculer les messages sur la décentralisation.

“Ce choix n’est pas fortuit car, c’est le moyen le plus sûr d’atteindre l’élite, les ONG, la société civile et les partenaires au développement. Il est évident que cette campagne organisée avec l’appui financier du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement, Ndlr), offrira aussi à chaque Tchadien et à chaque Tchadienne l’opportunité de comprendre l’enjeu réel de la décentralisation”, explique-t-il.

Chaque semaine, le ministère de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et des Libertés locales fait paraître un article sur la décentralisation dans une quinzaine de journaux de la place. “Nous osons croire qu’à l’issue de cette série de publication, quelques dimensions de la politique de la décentralisation seront mieux cernées par une bonne frange des acteurs concernés”, soutient M. Yokabjim Mandigui.

En plus de cette campagne médiatique, une formation sur les enjeux de la décentralisation est dispensée cette semaine à l’endroit d’une trentaine de journalistes de tous les médias du pays, après les cadres du ministère et les élus de la capitale en 2012. L’objectif est d’arriver, d’ici la fin de l’année en cours, à outiller 200 acteurs clés pour relever les défis liés à la décentralisation.

Le processus de décentralisation en cours au Tchad découle d’une importante résolution de la Conférence nationale souveraine, organisée en 1993, qui a opté pour la création d’un Etat unitaire fortement décentralisé. Confirmant cette option, la Constitution de la République du 31 mars 1996, révisée par une loi constitutionnelle le 15 juillet 2005, consacre la décentralisation et prévoit la création de quatre niveaux de collectivités territoriales décentralisées qui sont les régions, les départements, les communes et les communautés rurales. Depuis lors, le processus de décentralisation poursuit sa marche.

“La politique de décentralisation au Tchad fait partie intégrante du projet de société impulsé par Déby Itno, président de la République, chef de l’Etat dans son programme politique. Ce projet de société qui a pour objectif de traduire dans les faits les aspirations profondes des citoyens au bien-être et à une vie meilleure demeure la priorité des priorités du gouvernement”, affirme le ministre de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et des Libertés locales.

A travers la décentralisation, le gouvernement tchadien entend promouvoir le développement local par une meilleure redistribution des rôles, des fonctions et des moyens entre l’Etat et les autres acteurs, dans l’optique d’améliorer les performances économiques, de lutter contre la pauvreté et de donner en même temps un nouveau souffle au développement du pays.

“La détermination du gouvernement à concrétiser la décentralisation a été, à un moment, diversement appréciée. Aujourd’hui, elle devient une réalité vivante. Les premières élections locales du 22 janvier 2012 en sont la preuve”, déclare M. Testuo Kondo, directeur pays du PNUD au Tchad.

Selon lui, ces élections constituent un point de départ important pour l’exercice d’une nouvelle administration tournée résolument vers le développement économique et social.

A l’issue de ces élections organisées dans une quarantaine de communes du pays (dont N’Djaména, la capitale et ses dix communes d’arrondissement), le parti au pouvoir a raflé la quasi-totalité des sièges, ne laissant que la gestion de deux villes à l’opposition (Moundou, la capitale économique, et Bébédjia, une des villes pétrolifères du sud du pays).

“Avec le choix porté sur les élus locaux par les citoyens dans les 42 communes, un pas qualitatif vient d’être franchi dans la mise en oeuvre du processus de décentralisation”, indique M. Yokabdjim Mandigui qui promet que le processus va poursuivre son cours jusqu’à la décentralisation intégrale du pays. En effet, des élections départementales et sénatoriales sont prévues pour fin 2014.

Dans toutes les villes du pays, les élus locaux, faute de moyens matériels et financiers, font face à de nombreux défis: développement économique, santé, éducation, protection du cadre de vie, etc. Dans la capitale, la commune principale et les dix communes d’arrondissement sont divisées, depuis plusieurs mois, sur la répartition des recettes.

“Nous sommes conscients des difficultés qui surgissent, à tous les niveaux, tout au long de ce premier mandat. Ces difficultés sont inhérentes à tout apprentissage”, reconnaît le ministre de l’Aménagement du territoire, de la Décentralisation et des Libertés locales. Avant de conclure que le gouvernement veillera à canaliser ces difficultés pour rendre opérationnelles toutes les collectivités territoriales décentralisées et assurer leur bonne marche.

Un commentaire

  1. kagonbe madi
    28 juillet 2015 at 17 h 09 min Répondre

    inene4@gmail.comion du merite qu’un serieux travail soit fait dans le choix des conseils municipaux.aujourd’hui on se retrouve avec des Maires de la ville analphabète et qui sont incapables d’initier des projets pour resoudre les maux qui minent leurs populations,la position politicienne ne doit pas à elle seule un critere pour etre maire.

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