Mercredi 19 mai 2021

Tchad : ce qui s’est passé après le coup d’Etat du 13 avril 1975

Après avoir renversé le président Ngarta Tombalbaye, les militaires ont désormais la charge du pouvoir exécutif. Ils doivent s’occuper des affaires courantes de la République. Ainsi, une série de décisions seront prises. Mais, qu’est-ce qui s’est passé, en termes, de gestion du pouvoir ? Retour sur ces événements.

Le 13 avril 1975, en plus de connaitre son premier coup d’Etat, le Tchad perdra aussi le père de son indépendance. Ngarta Tombalbaye trouva la mort pendant ce coup. Les militaires ayant perpétré le putsch sont aux manettes.

Après une série de communiqués diffusés à la radio nationale, parmi lesquels, l’on annonce la libération des officiers et hauts gradés (Malloum, Mamari, Djogo) de l’armée qui étaient en prison, les militaires informent de la création du GROFAT (Groupe des forces armées tchadiennes).

Les militaires suspendent la Constitution et suppriment le Mouvement national pour la révolution culturelle et sociale (MNRCS). Le Conseil exécutif et le Gouvernement sont dissouts. Ils rassurent, toutefois, que les engagements internationaux du Tchad seront maintenus et que les représentants diplomatiques devraient rester à leurs postes. Les ambassadeurs du Tchad à l’étranger doivent aussi garder leur position.

Le GROFAT a décidé, le 15 avril 1975 de la création du Conseil supérieur militaire (CSM) composé de neuf membres dont un président et un vice-président. Les neuf membres du CSM sont le général de brigade Félix Malloum Ngakoutou Bey-Ndi (président), le colonel Mamari Djimet Ngakinar (vice-président), le général de brigade Noël Odingar Milarew (membre), le général de brigade Negué Djogo (membre), le chef d’escadron Wadal Abdelkadre Kamougué (membre), le capitaine Roasngar Mbaïndoloumal (membre), le capitaine Zakaria Wawa Dahab (membre), le lieutenant Mahmoud Abderamane Haggar (membre) et le lieutenant Gouara Lassou (membre).

Les militaires prennent ensuite des résolutions pour créer des commissions. Cela est entériné par leur premier décret (n°1-CSM) du 17 avril 1975 portant désignation des membres des commissions techniques. La première Commission d’enquête et de contrôle de la situation financière et matérielle est présidée par le capitaine Tatola Ngartokété. La Commission des statuts de la fonction publique présidée par le lieutenant Demtita Ngarbaroum alors que celle d’études économiques et sociales a pour président le lieutenant Déring. Le général de Brigade Nguénabaye Ngaharo préside lui la Commission militaire.

Les quatre commissions ont pour missions d’enquêter, de contrôler et de fournir un rapport dans leur domaine respectif afin de permettre au Conseil supérieur militaire de prendre des mesures qui s’imposent.

Pour la capitale N’Djaména, un Conseil municipal provisoire de la commune a été mis en place et présidé par Mahamat Djibert comme maire. Les militaires demandent aux membres des organismes dissouts à savoir l’Assemblée nationale, le gouvernement, la Cour suprême, le Conseil économique et social, la délégation et le secrétariat permanent du MNRCS, de regagner leur service d’origine.

En ce qui concerne le corps du président Ngarta, il a été envoyé, en toute discrétion, à Faya pour être enterré. Des employés de l’aéroport de Faya ont été réquisitionnés pour inhumer le corps de « l’inconnu ».  C’est en 1993 que la Conférence nationale souveraine décide de la restitution de ses restes à la famille suivie des obsèques officielles (nous y reviendrons).

Ainsi, a débuté l’exercice du pouvoir pour les militaires qui, au lieu d’être dans les casernes, sont désormais dans la politique. Ils doivent se faire accepter, d’une part, par la population qui a vécu pendant quinze années sous le régime Tombalbaye, et d’autre part, par la communauté internationale, faire face aux rébellions du Frolinat, gérer la prise d’otage des européens, entre autres défis.

Manque d’expérience politique ou recherche de la paix à tout prix, les militaires partageront le pouvoir, à partir de 1978, avec un Premier ministre avec lequel, la cohabitation sera difficile et déclenchera, en fin de compte, une guerre civile en 1979.

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