M. Abderamane Mouctar, ministre de la Fonction publique : «C’est le mode de recrutement qui a changé. Pas d’intégration mais, il y a remplacement numérique ».

Pour juguler la crise économique qui secoue le Tchad depuis 2015, le gouvernement a élaboré un budget pour 2016 sans nouvelles intégrations à la Fonction publique. La nouvelle inquiète les jeunes diplômés dont les regards sont tournés vers le plus gros employeur, l’Etat. Votre site reprend pour vous une interview accordée par le ministre de la Fonction publique à nos confrères du journal Le Progrés.

 

Monsieur le ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, suivant la déclaration du nouvel an du chef de l’Etat que 2016 sera encore difficile, comment allez-vous vous prendre pour éviter les grèves de l’année dernière?

L’année 2015 a été difficile, mais, au niveau du gouvernement, notre crédo étant, avant tout, de garantir la paix sociale, condition sine qua none de tout développement, nous avons toujours privilégié le dialogue avec nos partenaires sociaux. Chaque fois qu’il y a nécessité de se retrouver, le compromis a toujours prévalu en lieu et place des différends. Même si l’année 2016 s’avère fastidieux, nous pensons maintenir le cap. Le gouvernement est toujours déterminé à aller de l’avant dans sa politique du dialogue social.

 

Le nœud du problème des grèves a toujours été le retard dans le paiement des salaires. N’y aura-t-il plus de retard comme l’a annoncé le président de la République?

Effectivement, cela sera un mauvais souvenir. Car, le retard de cinq, six ou dix jours qu’il y a eu dans le paiement des salaires en 2015 était dû juste à un problème inhérent à toute structure de l’Etat. La crise qui sévit actuellement n’est pas l’apanage du seul gouvernement du Tchad, c’est un phénomène mondial. Mais, comme l’a si bien dit le chef de l’Etat, dorénavant, le ministère des Finances et du Budget œuvre avec plus de sagacité pour qu’on ne soit plus confrontés à ce genre de situations. Il faut, cependant, préciser que, jusque-là, il n’y a pas encore eu d’arriéré de salaires en tant que tel.

 

La Loi des finances 2016 ne prévoit aucune nouvelle intégration dans la Fonction publique. Que comptez-vous faire pour cette année?

Effectivement, ce sont les lois des finances qui prévoient des quotas de recrutement à la Fonction publique. Mais, avec les situations que nous connaissons, il va falloir prendre des mesures de ce genre à suspendre de nouvelles intégrations. Nous allons, toutefois, procéder au remplacement numérique, qui est une autre forme de recrutement n’ayant pas d’incidence financière nouvelle. Cette forme de recrutement consiste à remplacer les agents admis à la retraite et décédés par les jeunes diplômés en instance d’intégration. La politique d’emploi en faveur de la jeunesse a toujours été la priorité du gouvernement. Bien que nous prônions l’entreprenariat des jeunes par l’entremise des organismes paraétatiques comme le FONAJ, l’ONAPE et autres, l’Etat ne ménagera aucun effort de poursuivre sa politique en faveur de la jeunesse, par le biais du ministère de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi. Notre évaluation en cours de la situation des agents admis à la retraite et décédés nous donnera un nombre des agents à recruter dans le cadre du remplacement numérique, qui pourra éventuellement être supérieur même au quota de recrutement prévu par la loi des Finances de l’année dernière. Il faudra, également, prendre en considération la contractualisation prévue dans le cadre de la loi des Finances 2016, concernant le recrutement des diplômés de l’Education nationale et ceux de la Santé publique. Il serait judicieux de faire preuve de retenue sans pour autant créer la psychose dans les esprits des citoyens.

 

Le nombre des personnes à recruter ou remplacer numériquement en 2016 peut-il être maîtrisé?

Bien sûr! Les arrêtés signés par rapport aux départs à la retraite et déclarations de décès nous donnent, avec précision, les statistiques afférentes à ce remplacement numérique.

 

Les jeunes formés par les écoles nationales par rapport à des besoins précis, qui sont en instance d’intégration, seront-ils aussi recrutés par remplacement numérique?

Evidemment! Quand on recrute c’est par rapport aux dossiers en instance d’intégration à la Fonction publique, dont nous détenons les statistiques par filière et par promotion. La nouvelle forme de recrutement mettant en exergue le remplacement numérique respecte la formule d’un départ pour une entrée. Si vous prenez les statistiques des cinq dernières années, il y a eu plus de 34 808 personnes recrutées dans la Fonction publique.

 

Votre collègue des Finances et du Budget a annoncé, après l’adoption de la loi des finances 2016, le recrutement d’enseignants scientifiques et de spécialistes de la santé. Comment allez-vous mené ce recrutement à quelque cinq mois de la fin de l’année scolaire?

Nous pensons qu’il n’y aura pas de problèmes à déployer, aussitôt, à leurs lieux d’affectation, les agents recrutés, pour servir. Par ailleurs, le recrutement ne concerne pas seulement une année scolaire.

 

Combien de temps durera le recrutement par remplacement numérique?

Annuellement, il y a toujours des départs à la retraite, avec des remplacements systématiques. Nous avons également notre politique d’emploi de faire absorber nos jeunes diplômés par le secteur privé.

 

A quand la reprise de l’intégration dans la Fonction publique?

La reprise de l’intégration dans la Fonction Publique c’est quoi? Si la personne est recrutée par remplacement numérique, c’est aussi une forme d’intégration. C’est le mode de recrutement qui a, légèrement, changé.

 

Monsieur le ministre, pouvez-vous rassurer les lauréats des différentes écoles nationales que l’intégration dans la Fonction publique n’est pas gelée mais c’est la façon de recruter qui a changé ?

Nous disons que qui dit remplacement numérique dit recrutement dans la Fonction publique. Dès que le besoin se manifeste, ils sont formés pour cela et nous les recruterons immédiatement. Nous l’avons toujours fait et rien ne va changer.

 

Donc vous voulez maintenir le nombre des agents de l’Etat pour un temps donné. Il y aura un départ pour une entrée mais pas de nouvelles intégrations dans la Fonction publique?

Oui! Si on fait un départ et une entrée, actuellement, il y aura beaucoup de gens qui seront recrutés. Néanmoins, sachez que le recrutement à la Fonction publique est une politique du gouvernement qui découle, avant tout, de l’exécution d’une loi des Finances. Ainsi donc, chaque fois que la loi des finances le prévoit, le ministère de la Fonction publique se mettra toujours au-devant de sa mission en matière d’emploi des jeunes. Notre souci c’est de tout faire pour réduire le taux de chômage.

Un commentaire

  1. MARTYR hagar
    10 janvier 2016 at 10 h 47 min Répondre

    la nouvelle formule dont fait allusion Mr le ministre est une formule simple et irréfléchie de son stratégie pour fermer les yeux de la jeunesse ;
    1-le Ministre de la fonction publique ne sait pas qu’un Etat n’est fort s’il n’a pas des mains d’oeuvre fortes .
    2-Si le gouvernement connait qu’il y a toujours les départ à la retrait et la déclaration de decé , qu’est qui l’amène à parler du remplacement numérique ? Pourquoi ne pas prévoir dans la loi de finance ces cota pour éviter la polémique et de créer de psychose que , de dire non il y aura le recrutement par le remplacement numérique ?
    3-Mr le Ministre de finance et du budget oubli que le besoin de l’Etat n’est pas seulement dans l’enseignement scientifique et dans santé mais dans tout le domaine en générale ?
    4- L’ETAT TCHADIEN oubli que le chômage ouvre la voie au développement de la délinquance et facilite le détournement considérable de la jeunesse vers un réseau qui selon eux facilitatrice pour gagner leur vie ?
    5-L’ETAT TCHADIEN oubli que pour un jeune qui a investit tant d’année pour sa formation , quel-qu’en soit le domaine peut facilement accepter , de continuer à souffrir après sa formation , alors qu’il doit en tant normale prendre en charge ses parents qui l’on soutenue et doit fondé une famille ou encore s’occuper d’elle (sa famille ) et vivre aussi comme les autres qui bénéficie déjà de fruit de leur souffrance endurer à l’école (les fonctionnaires d’Etat) ?
    6- EN FIN L’ETAT TCHADIEN oubli qu’il doit bien gérer la jeunesse de peur que la situation d’insécurité qui sévit dans la sous-région profite de sa négligence et enrôler la jeunesse tchadienne ?

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