Libye : « La guerre qui se mène est une guerre sous procuration », le Maréchal du Tchad

Libye : « La guerre qui se mène est une guerre sous procuration », le Maréchal du Tchad

A l’occasion des 60 ans de l’indépendance du Tchad, le président Idriss Déby Itno a accordé un entretien exclusif à RFI via l’émission « Le débat africain ». Occasion pour lui de revenir sur la crise libyenne contre laquelle il appelle à des solutions africaines.

Depuis 2011, après la mort de Mouhammar Khadafi, icône de la révolution libyenne, la Libye n’arrive plus à retrouver sa stabilité.  Des combats récurrents entre le gouvernement de Fayez Al-Sarraj reconnu par la communauté internationale et le camp du maréchal Khalifa Haftar maintiennent le pays dans le chaos malgré divers accords. Dans cette guerre, plusieurs autres mains extérieures, en Afrique et ailleurs,  y sont associées. C’est le cas du Tchad qui partage de larges frontières terrestres avec la Libye. Cette question de l’ingérence du Tchad très souvent évoquée a été une fois de plus effleurée lors de cet entretien accordé par le président Idriss Déby Itno à la RFI et France 24. Et le président tchadien n’est pas passé par le dos de la cuillère pour justifier son choix.

« Moi, j’ai choisi la paix pour la Libye, pour mes frères libyens. Je n’ai pas choisi un camp contre un autre camp », lâche-t-il avant de justifier. «Qui héberge aujourd’hui, les terroristes ? Quel est le camp qui recrute et héberge des mercenaires ? Quel est le camp qui vient déstabiliser tous les pays du Sahel ? A partir de là évidemment, il est clair pour nous d’avoir intérêt de nous défendre dans le choix que nous faisons ». Même s’il ne l’a pas nommément mentionné, le choix du président Idriss Déby Itno porte sur le camp du Maréchal Haftar qui, à ses yeux aide à contenir les invasions terroristes et le développement du mercenariat, deux maux qui gangrènent la bande sahélienne actuellement.

Si le président assume ses choix et les justifient au nom de la paix en Libye et dans le Sahel, il n’occulte pas le rôle combien important des puissances occidentales dans la dégradation de la situation sécuritaire sur le terrain.   « La Turquie n’est pas le seul pays à se mettre dans la danse de la Libye. Il y a beaucoup d’agendas et tous ces agendas ne sont pas des agendas qui militent en faveur de la stabilité, d’un retour à la paix, d’une réconciliation des Libyens au grand dame des pays du Sahel qui sont les premières victimes». A cause d’importantes richesses que la Libye regorge, dit-il, Khadafi a été liquidé.  Mais, s’interroge le président Deby, « aujourd’hui, à qui profite ce pétrole là ? Aux libyens ? »

Au point où la Libye est arrivée, il est difficile de mettre fin à la guerre. Car analyse le président Idriss Déby Itno, « la guerre de la Lybie est maintenant une guerre internationalisée. La guerre qui se mène est une guerre sous procuration ». En référence à l’implication de plusieurs puissances étrangères qui viennent chercher chacune, des intérêts économiques.

Pour revenir à la normale en Libye, Idriss Déby Itno maintient sa position et milite pour un règlement de conflit par les Africains. « La communauté internationale cherche à écarter dans le règlement du conflit libyen, l’Union africaine et les pays africains ». Pour lui, le message est clair, pas de paix en Libye tant que l’Union africaine et les autres pays africains n’auront pas la pleine mainmise sur la situation libyenne.

Un commentaire

  1. Ali Abdelkrim sem
    10 août 2020 at 16 h 16 min Répondre

    l’Afrique va résoudre le problème de la Libye en dépendance des pays africains.

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