Le Tchad signe un contrat pétrolier “juteux”

Le Tchad signe un contrat pétrolier “juteux”

HYDROCARBURES – Une société des Iles Vierges Britanniques investira plus de 83 millions de dollars pour exploiter les blocs des Erdis, restés longtemps sans preneur. Le contrat signé en septembre dernier entre le gouvernement et la société EWAAH Investors Limited dévoilera si les chaines montagneuses des deux Ennedi disposent du pétrole.

Les députés tchadiens ont adopté hier mardi 26 novembre 2019, au palais de la Démocratie à Gassi, un projet de loi portant approbation du contrat de partage de production entre le Tchad et la société EWAAH Investors Limited, signé le 6 septembre 2019, à N’Djamena. Cette société de renommée internationale investira plus de 83 millions de dollars américains à ses risques et périls pour exploiter cette zone, supposée regorger d’énormes ressources pétrolières.

Les négociations entreprises avec la société EWAAH ont abouti à l’octroi, à celle-ci de sept blocs, notamment Erdi I, Erdi II, Erdi III, Erdi IV, Erdi V, Erdi VI, Erdi VII dans les deux Ennedi. Ces blocs vierges, du point de vue recherche géologique, si à la fin de la période de recherche, il n’y a pas eu de découverte, l’Etat disposera après tout, des données géologiques importantes de sous-sol. Le contrat de partage de production conclu permettra un réel transfert du savoir-faire au profit des agents de l’Etat et de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT).

Au cours des débats, les députés, tout en approuvant le contrat scellé entre le gouvernement et la société EWAAH Investors Limited, demandent à l’Etat d’être prudent. Car, beaucoup relèvent que les Iles Vierges Britanniques font partie des paradis fiscaux pour les multinationales.

Toutefois, le ministre du Pétrole, des Mines et de l’Energie, Mahamat Hamid Koua rassure qu’avant de signer ce contrat, le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires pour s’assurer de la fiabilité de la société avant de s’engager. « Nous avons eu toutes les preuves de l’existence juridique de la société » soutient le ministre Mahamat Hamid Koua.

En effet, dans son rapport, la commission Economie et Plan de l’Assemblée nationale justifie que EWAAH Investors Limited est une société de droit des Iles Vierges Britanniques qui a des capacités techniques et financières nécessaires aux opérations pétrolières.

Les caractéristiques du contrat indiquent que l’Etat est titulaire des titres miniers et propriétaire des hydrocarbures du périmètre. EWAAH LTD réalise pour le compte de l’Etat et à ses risques et périls les investissements pour le compte de l’Etat. EWAAh LTD reçoit en contrepartie des opérations pétrolières, une part de la production pour la récupération de son investissement et pour sa rémunération. L’Etat est entièrement associé aux opérations pétrolières et aux prises de décisions dans le cadre d’un comité de gestion. Les décisions stratégiques et opérationnelles doivent être prises avec l’accord préalable de l’Etat.

Il est aussi prévu que la société paiera au profit de l’Etat, en une seule tranche, un bonus de signature d’un montant 3 500 000 dollars américains, dans un délai de 60 jours, à compter de la transmission au contractant de l’ordonnance ou de la loi d’approbation du contrat de partage de production. La société est tenue de verser à l’Etat une redevance sur la production nette des hydrocarbures dite redevance sur la production à un taux de 16,5 dans le cas du pétrole brut et 5% dans le cas du gaz naturel. Ce taux ne figure dans aucun contrat jusqu’ici conclu en République du Tchad. Si, à la fin du contrat, la société n’a pas pu récupérer tous ses coûts, ceux-ci ne seront pas supportés par l’Etat et ne pourront plus être récupérés.

2 Commentaires

  1. Hyacynthe Laotaye
    28 novembre 2019 at 5 h 55 min Répondre

    Bonne nouvelle

  2. Richard
    28 novembre 2019 at 8 h 22 min Répondre

    C’est bien beau. Mais l’Etat doit insister aussi sur d’autres aspect comme la formation, la main d’oeuvre locale pour absorber les diplomés sans emploi. Ensuite il faut regulariser la politique salariale pour les compagnies extractives qui opérent dans notre pays. Mieux je tiens à informer l’opinion national que les tchadiens qui travaillent dans les entreprises sous-traitantes sont très mal traités dans leur propre pays; le département de travail et de l’emploi doit pencher sur la question. Mais ils ne peuvent pas faire autrement car le boulot n’existe pas. Mais est-ce une raison qu’un étranger te traite comme esclave dans ton propre pays? Sommes-nous repartis dans la colonisation ou la traite négrière? L’Etat se doit d’agir pour qu’il ait non seulement du bon traitement mais aussi du respect. Sans quoi, meme le pays tout entier y compris le gouvernement est négligé par les étrangers que nous appelons gracieusement “partenaires”. Le partenariat exige aussi du respect de l’autre.

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