mardi 24 mai 2022

Le Tchad, ‘’champion’’ africain du dialogue (1ère partie)

Depuis son accession à l’indépendance le 11 août 1960, le Tchad connait d’innombrables crises socio-politiques. Les nombreux dialogues n’ont pas pour autant permis d’aplanir les divergences.

Plus d’une trentaine de grandes rencontres. En Afrique, le Tchad battrait tous les records. Le pays est le « champion » en termes de dialogues, résume l’historien, Dr Dingammadji Arnaud. « 60 années d’une vaine quête de paix et de réconciliation nationale », observe-t-il. Il ajoute que le pays a pourtant accédé à l’indépendance dans un contexte de paix et de stabilité.

Ce n’est que quelques années plus tard que les difficultés ont commencé à Fort-Lamy et se sont répandues comme une trainée de poudre à l’intérieur du pays. Sur le plan politique, il y a eu deux regroupements. « Les partis d’opposition se sont regroupés très rapidement dans un parti appelé Parti national africain (PNA) qui fait face au parti au pouvoir, le Parti progressiste tchadien (PPT). Il y a la cristallisation des clivages nord-sud à travers cette bipolarisation politique », explique l’historien.

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Ngarta Tombalbaye décide alors de lancer le congrès d’Abéché en avril 1961. « Il avait pour objectif de parvenir à l’union entre le PPT-RDA et le PNA pour former un parti unique appelé Union pour le progrès du Tchad (UPT). L’UPT  a été créé à Abéché. Et l’initiative ou la tentative de créer les conditions d’une entente nationale a été poursuivie au 1er congrès de Fort-Archambault en janvier 1963 dit « congrès de l’unité ». Donc toute l’élite politique s’est retrouvée là-bas», détaille-t-il.

Au lieu d’unir les Tchadiens, surtout son élite politique, la politique prônée par Tombalbaye dégénère et finit par les diviser. Cela se traduit par une succession de révoltes et rebellions. En réponse, il y a eu une forte répression car ils étaient qualifiés de hors-la-loi.

Lire aussi : « Le problème de la non réussite des conférences et des dialogues, c’est qu’il y a toujours des agendas cachés », historien Mahamat Saleh Yacoub

Il initie une nouvelle rencontre. « Ngarta a convoqué le 2e congrès de Fort-Archambault dit « congrès de la réconciliation nationale » en mars et avril 1971. Au sortir de cette rencontre, on a libéré les prisonniers, formé le gouvernement d’union nationale, etc. Mais très rapidement, cela a échoué. Cet échec a entrainé la radicalisation du pouvoir de Tombalbaye ». Et plus tard, sa chute par un coup d’État le 13 avril 1975.

Après sa mort,  il y a eu la mise en place du Conseil supérieur militaire (CSM). Une politique de réconciliation est orientée vers les politico-militaires ( le FROLINAT et ses nombreuses factions).

Lire aussi : Les cinq conditions d’un vrai dialogue

Avec la signature des accords de Khartoum en septembre 1977, la voie est ouverte à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Malloum Felix dirigeait le pays ; et Hissène Habré, Premier ministre ( 1978). « Tout le monde pensait que les fils du Tchad allaient se réunir et qu’il allait y avoir un nouveau départ. 6 mois plus tard, les Tchadiens ont déchanté parce que la guerre civile était déclenchée. Elle a plongé le pays dans un chaos généralisé », rappelle Dr Dingammadji Arnaud.

La suite à suivre…

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