L’autre facette infernale de N’Djaména

La capitale tchadienne change peu à peu de visage. Mais il y a cet autre visage, celui de ceux qui transpirent sang et eau pour leur pain quotidien.

Hapsa est concasseuse de gravats ou morceaux de béton. Elle raconte son dur et pénible quotidien à sillonner les chantiers dans toute la capitale. Moi, mon mari et mes trois (3) enfants habitons Digo, une bourgade à la périphérie Est de N’Djamena. Mon mari est jardinier. Quant à moi et mes enfants nous ramassons et brisons du béton pour le revendre. Souvent, nous mangeons tard le soir et c’est du riz blanc tout simplement. On est tellement pauvres (…)’’. Elle soupire et ajoute : car il n’y a même pas de parcelle pour pouvoir cultiver un jardin’’. Elle ironise en disant qu’elle n’a que la vigntaine mais qu’elle a l’apparence d’une vieillarde de soixante années’’.

Même cause. Même effet. Dono travaille dans le secteur informel, plus exactement dans la gestion et le recyclage des déchets et ordures ménagères. Chaque matin, réglé comme une horloge, il ratisse la ville avec son pousse-pousse faisant du porte-à-porte afin de ramasser les saletés.“Ce job n’est pas une vie. Je ne sais ni écrire ni lire, ne serait-ce qu’un sms  sur mon téléphone’’, rigole le bonhomme. Avant de poursuivre : “On ne m’a pas envoyé à l’école. Mais je fais cette besogne avilissante pour que mes enfants n’aient à courber l’échine devant personne’’.“Les conditions sont exécrables. Des fois, il arrive qu’on se coupe avec des morceaux de verre ou qu’on se blesse avec des aiguilles usagées. Mais ce n’est pas tant la blessure qui me fait le plus mal, c’est le fait de ne pas pouvoir travailler durant des jours en attendant que la plaie cicatrise. Car si je ne travaille pas, ma famille ne mange pas et le loyer ne sera pas versé à temps’’, confie Dono, en se grattant le crâne.

BACTAR Frank I.

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