Intégralité du discours de voeux du président Deby

Tchadiennes ;
Tchadiens ;
Mes Chers Compatriotes.

Il y a quelques minutes, les rideaux ont été définitivement tirés sur l’année 2012. Et partout des cris de joie continuent à être poussés: Bonne Année ! Bonne Année !

Ainsi, une Nouvelle Année 2013 commence.
Une année certes de toutes les incertitudes, mais aussi une année porteuse d’espérance pour nous tous, au regard des attentes légitimes qu’une situation nouvelle fait entretenir en tout être humain.

Je suis particulièrement heureux de m’adresser à vous tous, filles et fils du Tchad, de l’intérieur comme de la diaspora.
Que vous résidez dans l’une de nos 23 régions administratives ; que vous soyez à l’extérieur, dans un pays européen, américain ou asiatique ; c’est à chacun de vous que je m’adresse, en ces heures de début de l’année 2013.

Mes Chers Compatriotes ;

Après avoir été la risée des autres nations, nous sommes désormais un peuple béni de Dieu. L’année 2012 qui vient de s’achever, aura été certainement l’une de nos toutes premières années de concorde nationale, de paix et de stabilité totale et entière.

En votre nom à vous tous, je remercie le Ciel pour tous ces bienfaits qui nous font admirer par les autres peuples, comme le dispose, si justement, le refrain de notre hymne national.
Nous devons cette paix et cette stabilité à la clairvoyance de nos leaders, qu’ils soient acteurs politiques de la majorité ou de l’opposition ; qu’ils soient acteurs de la société civile ; qu’ils soient dignitaires religieux ou autorités traditionnelles. Bref, toute notre classe politique et sociale mérite d’être félicitée, et en même temps, d’être encouragée à maintenir le cap de la concertation, du dialogue et de l’entente en vue d’une vie publique apaisée.

J’invite tous les partis politiques, les syndicats, les associations de la société civile, à une plus grande ouverture et à la concertation. Les acquis comme l’Accord du 13 Août 2007 ou la trêve syndicale en cours, sont autant de conquêtes qui déstabilisent les prophètes de malheur et tous ceux qui pèchent en eaux troubles. Mais ces acquis sont des conquêtes essentielles de notre marche vers le progrès et je tiens à les préserver.

C’est ainsi que, fidèle à ma foi dans le dialogue, j’ai demandé aux partenaires syndicaux de reprendre leurs discussions avec le Gouvernement. Nous en étions arrivés là parce qu’il prévalait un dialogue de sourds entre les parties impliquées. J’attends les résultats de ces discussions qui doivent nous permettre de garantir la paix sociale. Mais d’ores et déjà, et vous me connaissez sur ce point, s’il y a quelque chose à se partager, ce n’est pas moi qui m’y opposerais. Je veux seulement que nous gérions notre partenariat dans la sincérité et le respect de l’intérêt du plus grand nombre de nos compatriotes.

Par rapport à ces compatriotes, ma pensée va, en ce moment, à tous ceux de l’extérieur, en particulier ceux qui continuent à aimer leur pays et qui agissent souvent dans des cadres organisés.

Mes Chers frères et Sœurs ;
En tant que diaspora tchadienne à l’étranger, votre part dans le Tchad de la Renaissance n’est pas négligeable.
Je me félicite de ce que, beaucoup d’entre vous s’engagent dans des actions d’autopromotion en faveur de notre pays. Le Gouvernement travaille lui-même en vue d’une meilleure exploitation de votre apport. Je vous exhorte à faire confiance à votre pays, qui est revenu de loin certes, mais qui est aujourd’hui décidé à prendre son destin en main.

Le Tchad de la Renaissance a besoin de tous ses enfants, et surtout des compétences constituées à l’étranger et qui ont été jusque-là tenues à l’écart de nos efforts de relance de la reconstruction du pays.
Venez au pays ; il y a de la place pour vous ; venez au pays car il y a de quoi mettre en valeur vos compétences.
Dans l’exécution de ce vaste chantier de la Renaissance, j’ai une pensée particulière pour tous ceux qui se sont fait violence pour que nous puissions en arriver-là.

Grâce à leur compréhension et leur disponibilité, patiemment, nous avons mis le pays sur le chemin d’un véritable décollage économique. Nous avons amorcé la transformation de notre pays après nous être battu pour la stabilité de nos institutions.
L’émergence que nous ambitionnons pour le pays, a besoin d’une claire définition de nos axes d’intervention. C’est ainsi que j’ai insisté pour que l’accès au cercle restreint des pays pétroliers ne nous fasse pas perdre la tête au détriment des atouts de notre développement.

Si le pétrole nous apporte des revenus additionnels, ceux-ci doivent nous aider à renforcer la base agricole et pastorale de notre développement. Si le pétrole nous apporte un peu plus d’argent, nous ne devons pas relâcher la discipline d’une consommation bâtie sur notre propre capacité à produire.
C’est ici que nous ne nous comprenons pas souvent avec mes frères et sœurs des syndicats et de certaines organisations des citoyens.

Je continue à croire que nous devons mettre à profit ces ressources additionnelles pour amplifier l’action des pouvoirs publics en faveur du plus grand nombre de nos concitoyens dont plus de 80 % vivent en milieu rural.

Chacun de nous sait que la satisfaction des besoins fondamentaux de nos compatriotes en milieu rural constitue notre souci permanent : la construction des routes, des centres de santé, des salles de classe ; la garantie de l’approvisionnement en médicaments et la gratuité de certains soins médicaux ; le lancement de la mécanisation agricole dans le cadre de la sécurité alimentaire ; l’intégration des éleveurs nomades dans les actions de développement en vue de la valorisation de la transhumance ;voilà autant d’interventions que notre ancrage politique dans la social-démocratie nous commande depuis notre accession à la magistrature suprême.

Tchadiennes ;
Tchadiens ;
Mes Chers Compatriotes ;

Au moment où notre pays goutte aux retombées de la stabilité et se consacre désormais à son développement, notre voisinage immédiat africain est entré dans une zone de turbulence. Cela nous rappelle une époque que nous avons expérimentée il y a plus d’une vingtaine d’années.

Les faiblesses qui nous ont fait caricaturer d’Etat néant sont observées. La certaine leçon que notre histoire tumultueuse nous a apprise: que la guerre n’a réglé aucun conflit de société. Oui, les armes n’ont résolu aucun problème politique. C’est ce qui nous a conduits dès le déclenchement de la crise libyenne en Février 2011 à en appeler à une solution négociée, si tant est que c’était le départ de feu Colonel MOUAMMAR KADAFI qui était le challenge. L’histoire nous donne raison. Et comme nous l’avons soutenu hier, nous répétons aujourd’hui que seul le dialogue franc et une médiation cohérente permettront de rétablir l’autorité de l’Etat provoquée par des gouvernances fragiles à BAMAKO et à BANGUI. En assumant la présidence de la CEEAC, le Tchad a pris les dispositions que cette responsabilité lui dictait.

Les belligérants doivent se retrouver autour d’une table de négociations et s’entendre sur la meilleure formule de règlement de leur conflit. En participant à la Force de la CEEAC, le Tchad se soumet aux décisions que prendra cette instance sous-régionale.
Comme je l’ai indiqué pour l’ordre interne, la Renaissance du Tchad implique aussi de notre diplomatie une présence effective partout où elle est nécessaire. Notre diplomatie occupera au sein de la communauté internationale la place qui est la sienne, à commencer par les moyens de travail dont nos ambassades et consulats doivent disposer pour accomplir leur mission. Notre diplomatie déclinera à toutes les conférences internationales notre vison du monde. Nous voulons un monde juste, équitable et animé par la vertu du dialogue et la résolution pacifique des conflits.

Le Tchad demeure un Etat souverain, ouvert sur le monde. Nous sommes conscients de notre position géographique qui en fait le nœud entre le monde arabe et l’Afrique Subsaharienne. Nous demeurons le passage obligé de l’Europe vers les autres continents. C’est pourquoi, je vous exhorte, chers compatriotes, à profiter de la paix et de la stabilité retrouvée depuis bientôt quatre ans pour faire de notre pays le carrefour du monde.
Je vous renouvelle mes meilleurs vœux de santé, de bonheur et de prospérité.

Vive le Tchad éternel.
Bonne et heureuse année 2013.

Un commentaire

  1. Moussa Batraki
    2 janvier 2013 at 13 h 50 min Répondre

    C’est un très beau discours, pas une miette de commentaire. Chapeau!

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