lundi 26 septembre 2022

Grande Interview : “J’étais nommé ministre de la Sécurité publique le 2 juin 1982 et Hissène Habré est venu nous chasser le 7 juin 1982”, Garondé Djarma 

Intégré à la Fonction publique le 1er septembre 1954 en qualité d’infirmier, Garondé Djarma, a servi dans 13 préfectures sur 14 du pays (ancien découpage territorial), Tchadinfos est allé à la rencontre de “l’enfant terrible du Guéra” pour échanger de son expérience.

 Qui est Garondé Djarma ? En quelle année est-il né ?

Garondé Djarma est né le 2 janvier 1938, à Banala dans le département d’Abtouyour. Fils d’un ancien tirailleur de l’armée française de la 2ème division blindée. J’ai fréquenté l’école d’Ati à partir de 1947. Après mon certificat d’étude, j’ai fais le concours d’entrée à l’école des élèves infirmiers. A l’époque, on l’appelle école de fonctionnaire élève. Je suis intégré à la Fonction publique le 1er septembre 1954.

 Comme infirmier, j’ai servi 13 sur les 14 préfectures du pays (ancien découpage territorial), sauf le Lac que je n’ai pas servi.

 Dans l’administration, j’étais sous-préfet d’Aboudeia dans le Salamat, sous François Tombalbaye. Sous Goukouni Weddeye, j’étais ministre de la Sécurité publique, dans un gouvernement que je peux qualifier de mort-né , puisque le gouvernement a vu le jour le 2 juin 1982 et Hissène Habré est venu nous chasser le 7 juin 1982.

Je suis un ancien du Front de libération nationale du Tchad (Frolinat), qui est créé le 22 juin 1966. Je suis parmi les gens qu’on a désigné dans le premier réseau du Frolinat, le 15 novembre 1966. Je suis chargé de jeter des tracts et faire de n’importe quoi contre le régime.

Pouvez-vous nous parler de l’époque post-indépendance ?

Quand l’indépendance nominale est arrivée, j’étais infirmier de 3ème échelon, je gagnais plus de deux cent vingt mille par mois, j’étais à Goz-Beïda (province de Sila). Un beau jour on nous a convoqué à la préfecture. C’était un blanc qui a convoqué tous les fonctionnaires, il dit voilà demain c’est l’indépendance du Tchad. On vous invite de venir demain à 8h pour monter le drapeau.

 Sur le chemin de retour j’ai interrogé un gars de Doba, l’indépendance c’est quoi ? Puisque je totalise déjà six ans dans la Fonction publique mais je ne sais pas qu’est-ce que l’indépendance. Il dit là où est resté le Blanc, c’est un noir qui viendra le remplacer. Mais il va le remplacer comment ? Il dit par exemple demain il va partir et M. Seïd Bauche va le remplacer.  Demain matin on fait descendre le drapeau français et on le remplace par le drapeau tchadien. Le soir on nous a invité pour un apéritif chez le chef de district, voilà l’indépendance.

Qu’est-ce que l’indépendance a apporté pour le Tchad ?

Le malheur ! L’indépendance a été une source du malheur pour le Tchad. L’indépendance n’a rien apporté. D’ailleurs les gens qui sont venus remplacer les Blancs n’ont pas de niveau. Les gens ont de certificat d’études, BEPCT des trucs comme ça et c’est tout. L’indépendance est venue il n’y avait pas des cadres supérieurs. C’est une indépendance nominale, la France était bousculée par la révolution algérienne le 1er novembre 1954 et au Cameroun en 1956. La France ne savait sur quel pied danser, elle a créé de toute pièce cette indépendance là dont on ne connaît pas son intérêt.

Que pensez-vous de la justice Tchadienne ?

Le sommet ne vaut rien, la justice est obligée de marcher au même pas. Vaut mieux être jugé par un alfaki (marabout), que d’être jugé par un juge tchadien. Le problème se situe au haut niveau. Tombalbaye a dirigé presque 16 ans, on n’a jamais entendu un ministre a volé ou faire un détournement. Pourtant ils ne sont pas des sorciers les gens avec le niveau très bas. Peut-être Antoine Bangui et quelques-uns sinon les autres ont notre niveau seulement. Il y a des gens qui ne sont même allés à l’école ils sont devenus ministre au temps de Tombalbaye, mais par leur honnêteté ils ont fait marcher les choses.

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